Après des années d’attente, le cinéma algérien s’apprête à offrir à son public un moment d’émotion et de mémoire : la projection tant attendue du long métrage consacré au héros national Larbi Ben M’hidi.
Ce film, réalisé par Bachir Derrais, sera dévoilé en avant-première ce lundi 4 mars à l’Opéra d’Alger, une date hautement symbolique puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire de la mort de celui qui incarna la dignité, la bravoure et l’intelligence stratégique de la Révolution algérienne.
Un hommage cinématographique porté par une passion de quatre ans
Fruit de quatre années de persévérance, de défis surmontés et d’un travail méticuleux, le projet de Bachir Derrais se distingue par sa rigueur historique et sa profondeur artistique. Le réalisateur a su conjuguer le réalisme documentaire à la force dramatique du cinéma, restituant avec justesse la tension, la ferveur et l’esprit collectif qui animaient les combattants du FLN.
Le scénario, signé Mourad Bourboune, s’appuie sur des témoignages directs de compagnons de lutte de Ben M’hidi, donnant au film une authenticité rare. Le tournage, qui s’est étendu sur plusieurs wilayas algériennes ainsi qu’en Tunisie, témoigne d’une volonté de recréer fidèlement les lieux et les atmosphères de cette époque décisive. Chaque plan respire la passion du détail et l’amour du pays.
Larbi Ben M’hidi : entre mémoire et émotion
Né en 1923 à Aïn M’lila, Mohamed Larbi Ben M’hidi fut l’un des plus éminents dirigeants et fondateurs du Front de Libération Nationale. Capturé en 1957 à Alger, il fut exécuté sommairement par l’armée coloniale française. Son courage face à la barbarie, son intelligence politique et sa vision d’une Algérie libre et digne ont fait de lui l’un des symboles immortels de la révolution.
À travers la caméra de Bachir Derrais, Ben M’hidi n’est plus seulement une figure historique : il redevient un homme de chair, d’idées, de convictions et d’émotions. Le film offre un regard profondément humain sur ses derniers jours, ses camarades, ses dilemmes, et son ultime fidélité à la cause du peuple algérien.
Aujourd’hui, son nom orne écoles, boulevards et institutions, mais c’est sur grand écran que sa mémoire reprend vie — avec la puissance du cinéma national, au service de la mémoire collective.
Un tournant pour le cinéma algérien
Au-delà du récit, « Larbi Ben M’hidi » marque aussi une étape importante dans l’évolution du cinéma algérien contemporain. Bachir Derrais prouve qu’un film patriotique peut être à la fois fidèle à l’histoire et captivant artistiquement. Son sens de la mise en scène, la qualité de la photographie, et la direction d’acteurs contribuent à redonner confiance dans une production nationale ambitieuse et engagée.
Cette avant-première à l’Opéra d’Alger n’est pas seulement un hommage à un martyr, mais aussi à toute une génération de cinéastes, techniciens et artistes qui œuvrent pour faire du cinéma algérien une force culturelle vivante.
Larbi Ben M’hidi, par la caméra inspirée de Bachir Derrais, devient plus qu’un film : un acte de mémoire, un cri d’amour pour l’Algérie, et une œuvre appelée à marquer durablement l’histoire du septième art national.