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Cette année, le Ramadhan a revêtu une teinte particulière, marquée non seulement par la spiritualité et le recueillement, mais aussi par une absence notable de dérèglements dans la sphère commerciale qui ont souvent accompagné cette période par le passé.
Contrairement aux années précédentes, où les hausses des prix et les spéculations commerciales étaient monnaie courante, cette année a été marquée par une stabilité surprenante grâce aux batteries de mesures préventives, proactives et anticipatives mises en place par les pouvoirs publics afin d’éviter toute perturbation en termes d’approvisionnent du marché. Plus d’uns ont pu observer une atmosphère de sérénité dans les marchés, où les prix des denrées alimentaires de large consommation ont connu une relative accalmie. Ils sont même restés stables depuis le début du Ramadhan, voire même avant, permettant ainsi aux familles de passer ce mois de jeûne sans les préoccupations habituelles liées aux dépenses excessives.
Lors de plusieurs Conseils des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné des instructions pour assurer la disponibilité des produits de large consommation durant le mois sacré, tout en tenant compte de la stabilité des prix. Les ministères du Commerce, de l’Agriculture et de l’Industrie ont conjugué leurs efforts et coordonné leurs actions pour assurer un bon fonctionnement, de bout en bout, de la chaîne d’approvisionnement commençant parla production, à la distribution jusqu’à la commercialisation. Cette année, une nouvelle approche a été adoptée limitant au maximum le nombre d’intermédiaires qui, souvent, étaient à l’origine des spéculations. De coutume, ce phénomène monte d’un cran durant cette période de l’année.
Abondance de la production
Lors de sa dernière sortie médiatique, le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, a déclaré que «cette année, nous avons su et pu maîtriser le marché et réguler les prix, grâce à l’adoption d’une nouvelle approche de gestion des pratiques commerciales consistant en l’élimination des intermédiaires qui interviennent dans la chaîne de distribution, entre les producteurs, les importateurs et les consommateurs».
Aussi, l’effort du monde agricole est à saluer pour l’abondance de la production, notamment des fruits et légumes. A cela s’ajoute l’implication des opérateurs économiques et des commerçants dans des opérations de solidarités envers les consommateurs, à travers leur initiative de réduire leurs marges bénéficiaires.
Pour le président de l’association nationale des commerçants et artisans (Anca), Tahar Boulenouar, la mercuriale durant ce mois de Ramadhan a été plus clémente comparativement aux années précédentes. «Cette stabilité des prix n’est qu’une conséquence des mesures prises par les pouvoirs publics en matière de régulation du marché», a-t-il dit, soulignant que les commerçants de détail comme de gros n’ont pas eu de difficultés en matière d’approvisionnement.
«Aucun produit n’a fait l’objet de tension. Bien au contraire. Il y a une forte abondance de produits de large consommation», citant entre autres l’huile, la semoule et le lait qui, d’habitude, sont sujets à des perturbations et de pénurie. Il n’a pas manqué de saluer les instructions données aux différents offices, tels l’OAIC, l’ONIL et celui des fruits et légumes d’augmenter leur production, permettant la disponibilité des produits sans interruption. Aussi, la décision prise par le ministère du Commerce pour suspendre, temporairement, les congés hebdomadaires pour les marchés de gros durant ce mois a permis aux détaillants de s’approvisionner 7j/7.
«Toute cette batterie de mesures a donc permis une meilleure régulation du marché et, par conséquent, une stabilité des prix», a fait observer Boulenouar. Sentence : «Le Ramadhan s’est déroulé dans de bonnes conditions». Il a souligné également les efforts des agents de contrôle qui, d’après lui, étaient à pied d’œuvre sur le terrain «pour contrecarrer toute manœuvre spéculative». Pour Boulenouar, le défi est relevé.
Changement notable
Même de cloche auprès de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce). Son président, Mustapha Zebdi, a mis en exergue la disponibilité des denrées alimentaires. «Nous avons constaté un changement notable. La situation est toute autre à celle de l’année dernière qui était marquée par de fortes tensions sur certains produits, comme l’huile et le sucre. La régulation du marché résulte de la forte coordination entre les ministères concernés», a-t-il indiqué, sans omettre de saluer l’initiative des opérateurs économiques qui ont participé aux actions de solidarité. Il a fait remarquer que l’abondance des produits sur le marché a permis de freiner la frénésie des achats.
«Il y a une confiance qui a été rétablie entre le consommateur et le marché. En assurant la disponibilité des produits, nous avons constaté que le comportement des consommateurs a changé» , a-t-il constaté. Zebdi a signalé que ce Ramadhan se distingue, aussi, par l’absence de spéculation. «La nouvelle loi sur la lutte contre la spéculation a porté ses fruits», a-t-il commenté. Pour ce qui est des prix, il a fait observer qu’hormis ceux des viandes rouges et blanches locales, les autres produits étaient à la portée de tous. «Fort heureusement qu’il y a eu les autorisations d’importation de viande, sinon les prix auraient été plus élevés», a-t-il avancé.
A rappeler que plusieurs opérations d’importation de viande ont été réalisées. Plus de 6.500 tonnes de viande rouge ont été importées, dont 4.000 tonnes sous vide importées du Brésil, et 2.500 tonnes de viande bovine en carcasse importées de l’Europe. A cela s’ajoute la quantité de 3.200 tonnes de viande blanche importées du Brésil.
Wassila Ould Hamouda