Après avoir raflé de grandes parts du programme national d’énergie solaire, les Chinois lancent désormais la course vers la production de l’hydrogène vert en Algérie. Il s’agit du groupe China Power Engineering Consulting Group International Engineering (CPECC), leader dans le domaine des énergies nouvelles, dont une délégation conduite par le directeur général, Chen Xiang Dong, a été, hier, à la rencontre de Omar Rekkache, directeur général de l’agence algérienne pour la promotion de l’investissement.
Selon le communiqué sanctionnant cette rencontre, l’Aapi affirme que le groupe chinois a affiché «sa volonté d’investir en Algérie dans la production de l’hydrogène vert, ainsi que dans les champs de dessalement de l’eau de mer». En fait, actuellement quatre projets pilotes ont été lancés dans le cadre du partenariat avec des acteurs européens et Sonatrach, et l’arrivée sur le marché local du groupe chinois ouvrira le bal pour la réalisation de véritables projets de production de cette nouvelle et future ressource de l’énergie et mettre la première pierre d’un ambitieux programme national visant un volume de 40 TWh d’hydrogène vert à partir de 2040. Par ailleurs, les Chinois ne sont pas les seuls à être attirés par les opportunités d’investissement dans ce nouveau marché. Italiens, allemands, français, danois, américains et d’autres ont affiché leur intérêt pour l’investissement en Algérie, en raison de la compétitivité des prix de la production sur le marché algérien d’une part et la disponibilité d’un marché à proximité en plus de l’existence d’une infrastructure de transport. En effet, à travers ce programme ambitieux et volontaire, l’Algérie vise à diversifier son offre sur le marché international, européen en particulier. Dans ce sens, la mise en œuvre du programme national d’hydrogène vert permettra à l’Algérie de renforcer davantage sa position sur son marché historique de l’énergie qui prépare sa migration vers les énergies nouvelles et renouvelables avec une part de marché qui avoisine les 10%.
Dans ce sillage, et pour la sécurisation de leur approvisionnement en cette ressource énergétique, des pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche, se sont lancés dans une véritable opération de modernisation de l’infrastructure de transport afin de l’adapter à l’hydrogène vert en provenance d’Algérie. Selon la presse italienne, «l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche ont signé une déclaration d’intention pour développer un corridor d’importation d’hydrogène vert, un projet ambitieux visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique et à soutenir la transition vers des énergies propres», rapporte le site spécialisé Énergie New.
Un projet qui contribuera «significativement» à la sécurité énergétique de l’Europe, à la recherche à la fois de l’accélération de sa transition énergétique et sa libération de sa dépendance au gaz russe, selon le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck. Selon la même source, «un groupe de sociétés, dont l’opérateur de réseau gazier italien Snam, s’est associé pour construire le pipeline SoutH2 d’ici au début de la prochaine décennie, avec un engagement financier de plus de 4 milliards d’euros». Dans le même sens, une réunion des ministres des cinq pays concernés par ce projet, à savoir l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, aura lieu prochainement pour donner de nouveau souffle à ce projet profitable à la fois pour l’Algérie et les pays européens.