C’est l’un des trois réalisateurs algériens qui présentera, en dehors de la compétition, un film au Fespaco qui va débuter le 16 octobre prochain.
Le nom de cet amoureux du septième art a été révélé lors d’un festival du film amazigh – au fait, que devient cette manifestation ?Cet enfant d’émigré dont la famille est originaire de Khenchela, a passé toute sa vie à Besançon, en France. Il y est arrivé en 1959 avec ses parents pour vivre d’abord dans un bidonville. La famille de 13 enfants a passé de longues années dans des préfabriqués, sans eau ni sanitaire. L’homme dont la trajectoire ressemble un peu à celle de l’écrivain Azouz Beggag, qu’il a relaté dans « le Gone du Chaaba » adapté au cinéma, fut un pionnier.
Pour la première fois, un réalisateur a eu recours à l’usage du dialecte chaoui dans les dialogues d’une histoire parcourue par une indicible tristesse. Ayant entamé sa carrière en 1990 en tournant surtout des vidéos et des courts métrages, Hakkar a depuis fait preuve d’une intarissable inspiration. «Quelques jours de répit » où il s’interroge sur l’exil et « La Preuve », qui traite du thème de la stérilité, ont enrichi sa filmographie. C’est en 2001 que cet enfant des Aurès revient au pays natal lors du décès de son père. Il reviendra pour tourner, en 2006 « la Maison jaune » (Axxam awragh), qui a obtenu de nombreuses distinctions. Il avait alors retrouvé ses racines familiales lors des obsèques de son paternel. Depuis, il n’est plus jamais resté insensible à l’appel du pays natal. Le film sorti en 2008traduit avant tout cette redécouverte des siens et de l’importance de l’identité pour un individu ou une collectivité.
Le long métrage de 83 minutes est construit autour du deuil suite à la mort d’un jeune militaire qui brise l’isolement d’une famille qui va s’insérer, presque malgré elle, dans le courant du progrès. C’est une réflexion sur le bonheur, les mutations de la société traditionnelle. Le long métrage est rythmé par les chants d’Aya Hamdi, la jeune sœur du militaire que pleure sa famille, notamment le père Mouloud qu’incarne le réalisateur lui-même. Depuis, la fille, qui avait crevé l’écran, n’a plus fait de réapparition.
A Ouaga, le film qu’il présentera n’est pas, à vrai dire, nouveau. « Le choix d’Ali » sorti en 2019 aborde le thème des pesanteurs de la religion sur la vie intime et les déchirements des personnes partagées entre l’origine et la culture du pays d’accueil.
H. Rachid
horizons.dz 12.09.2021