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Cheikh hsissen, maître du chaâbi : De Draâ El Mizan à la casbah d’Alger

by CHRYSALIDE
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En un laps de temps, il s’imposa dans la sphère musicale du chaâbi et il a vite arraché une place de choix parmi les meilleurs ténors.

 

Cheikh Hsissen fait partie des maîtres de la chanson populaire algéroise, chaâbie, et qui ont presque tous, comme point commun la casbah d’Alger, qui est, faut-il le rappeler, un véritable vivier de ce genre musical exigeant et authentique. Bien que moins connu qu’El Anka, El Ankis, Ezzahi, Guerouabi, par les nouvelles générations de mélomanes et des mordus du chaâbi, Cheikh Hsissen est, pourtant, un ténor. Incontestablement. Tout comme le Cardinal Cheikh El Hadj Mhamed El Anka et aussi Boudjemaâ El Ankis, Cheikh Hsissen a chanté aussi bien en langue arabe qu’en langue amazighe (kabyle). Cheikh Hsissen était à la fois auteur et compositeur, également. À l’instar d’une partie des chanteurs du genre chaâbi de l’ancienne époque, il a opté pour un nom d’artiste car à l’époque, comme tout le monde le sait, chanter était encore tabou et loin d’être une chose facilement admise dans la société.
L’artiste ne devait donc pas engager toute sa famille dans son choix sur la voix de la chanson. Ce qui fit Cheikh Hsissen dont le véritable nom est: Ahcène Larbi. Originaire de la commune de Aïn Zaoui, près de Drââ El Mizan, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville de Tizi Ouzou, Cheikh Hsissen, fait partie de la catégorie d’artistes ayant vu le jour et ayant vécu dans la casbah d’Alger. C’est dans ce quartier populaire algérois, ayant vu naître et grandir El Anka, El Ankis, Mrizek, Rouiched et tant d’autres hommes de culture que naquit Cheikh Hsissen un certain 8 décembre 1929.
Hsissen y a vécu une enfance très difficile, à cause de la pauvreté et de l’injustice du colonialisme français.
Les conditions de vie difficiles qu’il a eu à affronter dans son enfance ont, toutefois, forgé en lui une forte personnalité. Il a, d’ailleurs, été contraint d’abandonner ses études car sa famille n’ayant pas les moyens de le scolariser ni de subvenir à ses besoins. Il fallait qu’il travaille alors qu’il était encore mineur. Mais il parvint malgré tout à atteindre le CEP (Certificat d’études primaires), ce qui n’était pas rien à l’époque. Il était donc adolescent et il travaillait comme un adulte durant toute la journée. C’est pendant cette période que son talent d’artiste s’éveilla. Il commença alors à titiller quelques instruments de musique dont l’inévitable mandole quand il s’agit de chaâbi. Il en devint virtuose très rapidement tant il était doué et passionné de musique.
Quand le maître Cheikh Missoum le vit pour la première fois jouer magistralement de l’instrument mandole, il a été tout simplement émerveillé. Cheikh Hsissen, qui n’avait que 15 ans, capta son attention. Cheikh Hsissen fut donc admis, naturellement, dans la troupe de Cheikh Missoum.
Une immense aubaine, car il pouvait aiguiser énormément ses capacités artistiques en compagnie de la crème des artistes de ce style, à l’époque. Cheikh Hsissen apprit donc vite et bien les rudiments de la musique chaâbie. En plus de ses capacités à manier à la perfection le mandole, Cheikh Hsissen étaitn égalemen,t doté de la voix qu’il fallait, mais aussi d’une très bonne mémoire indispensable dans la chanson chaâbie, faut-il le rappeler.
Le cap est vite franchi par Cheikh Hsissen qui passa du stade de musicien dans la troupe de Cheikh Missoum à celui d’interprète de talent ayant écumé les fêtes de la Casbah durant plusieurs années.
En un laps de temps, il s’imposa dans la sphère musicale du chaâbi et a vite arraché une place de choix parmi les meilleurs ténors de l’époque. En plus d’être un interprète hors-pair, Cheikh Hsissen composait et écrivait des chansons aussi bien en kabyle qu’en arabe. Il est l’auteur des célèbres titres en langue amazighe «Attir el qefs» et «Refdegh tavalizt», reprises plus tard par de nombreux chanteurs de la nouvelle génération. En arabe aussi, il a composé, entre autres, «Ettir ghabli», «Nhar el djemaâ», des chefs-d’œuvre immortels. Cheikh Hsissen a aussi animé plusieurs spectacles en France dans les années 50.
Son succès auprès des émigrés fut immense. Il fit partie de la troupe du Front de Libération nationale (FLN) dès 1958.
Malheureusement, Cheikh Hsissen ne tarda pas à être happé par une méchante maladie durant la même année au même moment où il faisait des tournées pour sensibiliser sur la Révolution nationale. C’est durant la même année qu’il quitta ce monde. Il a été enterré à Tunis après sa mort à l’âge de 29 ans. C’était en septembre 1959. Sa dépouille a été rapatriée le 29 septembre 2012 pour être inhumée au cimetière d’El Kettar, à Alger.
Aujourd’hui, on ne peut pas parler de la chanson chaâbie sans citer le nom de Cheikh Hsissen, qui l’a marquée avec des lettres d’or.

Par Aomar MOHELLEBI  lexpressiondz.com

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