La startup Betbaa active dans un domaine quasiment vierge. L’habillement. Mais pas n’importe lequel! Du bio. Son ambition n’est pas seulement de créer une marque algérienne dans la haute couture mais aussi de préserver la santé de leurs clientes et clients, l’environnement et ce, en optant pour des tissus organiques recyclés de qualité qui dureraient dans le temps et n’encombreraient pas les décharges publiques…
Son penchant pour la mode, c’est de sa mère qu’elle l’a hérité. Cette dernière étant styliste et modéliste professionnelle, elle entretenait autour d’elle une ambiance fashion à laquelle sa fille, Fatma Zohra Kezouit, fondatrice de la startup «Betbaa», n’était pas insensible. Toute petite, cette dernière passait plus de temps à suivre les défilés de mode à la télévision qu’à jouer. Au lieu d’ouvrages d’enfants et de contes de fées, elle avait comme livre de chevet des magazines de mode et de haute couture. A la différence des enfants de son âge qui dessinaient des maisons et des petites fleurs, elle préférait ébaucher des croquis de petites robes aux couleurs vives. «De plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionnée de mode. J’adorais voir ma mère créer des modèles, confectionner des robes. La couture également me fascinait. Transformer un simple tissu en une robe tenait, pour moi, de la magie. Cette derrière opère toujours d’ailleurs puisque j’en ai fais mon métier», rapporte-t-elle. Pour réaliser son rêve d’enfant, elle n’a pas lésiné sur les formations. Son ambition, en fait, n’était pas seulement de créer des modèles mais aussi de les commercialiser. Créer en somme une maison de couture sous forme d’une entreprise high tech. Ainsi, en plus d’une formation de stylisme à distance à l’université d’Oxford, elle s’est inscrite à la faculté d’Alger pour suivre un cursus en science économiques, commerciales et de Gestion. «L’idée de l’entrepreneuriat a toujours été présente dans mon esprit et ce, depuis toute petite. J’ai planifié mon cursus scolaire et universitaire dans ce sens. Je ne voulais pas être une simple couturière pour le compte de quelques clientes. Mon ambition était toute autre. Je voulais me démarquer en design et mode mais aussi sur le plan commercial», confie-t-elle.
Des articles bio
En plus de cela, étant une fervente protectrice de l’environnement, elle a tenu à introduire dans son projet entrepreneurial et de haute couture la notion bio. Consciente que l’industrie vestimentaire est l’ennemi numéro deux de l’environnement, elle s’est employée à trouver une formule pour réaliser son rêve sans entrainer des préjudices écologiques. «Je fais de mon mieux pour être une personne éco-responsable qui respecte l’environnement. C’est ce qui m’a poussé à créer une marque de vêtement made in bladi, avec une touche algérienne, qui soit éco-responsable», souligne-t-elle.
Une fois ses diplômes en poche, elle commence par tâter le terrain professionnel pour gagner en expérience. Apres cinq ans d’expérience dans une firme multinationale où elle a assumé des postes de responsabilités ainsi que dans une compagnie en ligne et un passage chez un incubateur Algérien pour parfaire ses connaissances dans l’entrepreneuriat, elle se jette dans l’eau. «Quand je me suis sentie prête, arrivée à un stade où j’étais suffisamment outillée pour créer mon entreprise et gérer une équipe, je me suis lancée», confie-t-elle. En février 2020, la startup Betbaa voit le jour. Une marque Algérienne qui se veut un canal pour transmettre des valeurs, basée sur les règles de la slow fashion tout en respectant l’environnement. Elle a comme slogan : «Toujours prêt à porter !». Une façon de dire que les articles signés par cette marque s’inscrivent dans la durabilité. «Les vêtements qu’on crée peuvent être portés durant plusieurs saisons, plusieurs années et ne suivent pas, forcément, les tendances qui disparaissent vite au bout d’une ou de deux saisons. Nos créations se distinguent par leur qualité mais aussi par leur durée de vie», explique-t-elle. Comme matière première, elle opte pour des tissus recyclés et en coton organique. La startup utilise aussi du papier recyclé pour la confection des cartes de visites et des tags de vêtements. «Tous nos produits sont issus essentiellement de recyclage. Fournir des vêtements de qualité, modernes avec une touche locale à la femme algérienne, c’est mon objectif premier. Mais on compte élargir notre gamme pour toucher également une clientèle masculine en optant prochainement pour des articles unisexes», conclut-elle.
Farida Belkhiri
horizons.dz 06.10.2021