Les flambées des prix avaient causé des nuits blanches aux citoyens. Le chef de l’État les a écoutés. Les Algériens jubilent
Ouf de soulagement! Les Algériens jubilent, le président de la République vient de geler les taxes contenues dans la loi de finances 2022.
La nouvelle a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme à travers le pays. Une ferveur populaire qui vient célébrer la fin de ce que beaucoup qualifient d’injustice.
Quelques minutes après que le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres eut été rendu public, la nouvelle avait déjà fait le tour du pays. C’était même un grand «buzz» sur les réseaux sociaux.
«Abdelmadjid Tebboune vient de préserver l’Algérie d’une grave crise», soutient Azzedine, jeune militant dans un parti politique.
Pour lui, si ces taxes avaient été maintenues, l’intensité du séisme aurait été comparable à celui de l’annonce du 5e mandat de l’ex-président, Abdelaziz Bouteflika. «La colère grondait chez les citoyens, déjà bien éprouvés par ces 2 ans de Covid-19», soutient-il. «Il suffit de faire un tour dans un café ou sur les réseaux sociaux pour comprendre que l’on ne parlait que de ces taxes», ajoute -t-il. Car, selon ses dires, elles auraient fini par achever le pouvoir d’achat des Algériens érodé par la flambée des prix. Un avis partagé par la majorité de ses compatriotes qui les voyaient comme une «insulte», voire un manque de considération de la part du gouvernement. «On avait l’impression qu’il se moquait de nous. D’un côté le Président qui insiste sur la sauvegarde du pouvoir d’achat, et réduit l’IRG pour les travailleurs, de l’autre un Exécutif qui vient se servir de la poche de ses citoyens», a rappelé Karima, employée dans une société privée. Pour elle, ces taxes de toutes les controverses auraient saboté les «réformes» de Abdelmadjid Tebboune. «C’est comme du sabotage. On aurait pu ni ressentir ni profiter du petit pécule en plus induit par la diminution de l’Impôt sur le revenu global», réplique celle qui remercie le chef de
l’État pour ce qu’elle qualifie de sage décision.
Adlène, un jeune startupeur, qui se dit pourtant opposant à Tebboune, reconnaît que le président a fait preuve d’une grande lucidité et d’une sagesse en se débarrassant de ces encombrantes impositions. « Au-delà du pouvoir d’achat, il y avait comme un sentiment de «hogra» chez ce jeune Algérien que l’on venait de priver de s’offrir un nouveau téléphone, une montre connectée ou tout autre petit gadget qu’il voit sur la Toile», assure- t-il. «Les en priver, c’est comme les priver de liberté, d’un moyen de s’évader, de se développer, de se sentir comme un citoyen du monde», poursuit-il, non sans rappeler que les TIC en général et les smartphones ont une importance très particulière dans la vie des Algériens, de tous âges confondus.
De plus, ce spécialiste estime que ce «blocage» aurait accentué la fracture numérique dans le pays. «Le smartphone a réduit les inégalités d’accès à Internet dans le pays. Il a aussi boosté la révolution digitale dans le pays. Bloquer les achats sur les sites de ventes internationaux aurait été un grand retour en arrière», assure- t-il très en colère. Surtout que, comme le dénoncent les internautes sur la Toile, ce nouvel impôt ne répond à aucune logique. Certes, il faut bien faire le ménage dans les achats en ligne, mais pas au détriment du petit étudiant ou jeune salarié qui fait des économies pendant toute l’année pour se payer un téléphone portable au meilleur prix. «Il y a des personnes qui ont fait du business mais leur nombre est minime. Les douanes n’ont qu’à mettre en place un système d’information, afin de repérer les noms qui se répètent pour les bloquer», peste Kamel, adepte d’AliExpress, Rakuten, Amazon et autres sites de vente en ligne. «Il est normal que l’on paye une petite taxe, comme la TVA, mais pas trois fois la valeur du produit», s’insurge- t-il. «Personne n’est gagnant. Le Trésor ne touchera pas d’argent puisque les gens ne feront plus ce genre d’achats, les citoyens n’auront plus l’embarras du choix, la poste et les transporteurs seront privés d’une grande source d’argent», met-il en exergue, non sans saluer la décision du Président qui, dit-il, lui a presque autant fait plaisir que le jour où il a obtenu son baccalauréat.
Un sentiment quelque peu exagéré mais que partage bon nombre de ses compatriotes. «C’est un cadeau de la Saint-Valentin…», résument certains d’entre eux…
Walid AÏT SAÏD
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