Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell, a rassuré sur la fiabilité de l’Algérie en matière de fourniture de gaz vers l’Europe, la mise en arrêt du gazoduc GME n’affectant en rien l’offre algérienne, rapporte l’APS.
Le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité répondait à la question malveillante de l’eurodéputé Dominique Bilde, qui a repris l’allégation brandie par le Makhzen marocain au cours des derniers mois, selon laquelle l’Algérie utilisait le gaz à «des fins politiques» après sa décision en octobre de rompre son contrat d’approvisionnement avec l’Espagne via le GME.
«L’Espagne et le Portugal ont récemment fourni des informations rassurantes concernant la sécurité actuelle de l’approvisionnement en gaz et ils ont confirmé l’augmentation prochaine de la capacité du gazoduc Medgaz», la seconde canalisation reliant l’Algérie à l’Espagne à travers la Méditerranée, a-t-il écrit dans sa réponse.
Relevant l’existence «d’entretiens réguliers» entre l’UE et l’Algérie au sujet des exportations de gaz vers l’Europe, Josep Borell a rappelé que les autorités algériennes ont rassuré à plusieurs reprises sur la poursuite de l’approvisionnement via le gazoduc sous-marin Medgaz et, si nécessaire, par la fourniture de gaz naturel liquéfié.
Dans sa réponse, Borell a noté l’engagement de l’Algérie à poursuivre l’approvisionnement de ses clients européens malgré la fermeture du GME.
«Selon, les informations disponibles, les travaux visant à augmenter la capacité du gazoduc Medgaz de huit à dix milliards de mètres cubes par an sont sur le point d’être terminés», a-t-il ajouté.
Mourad Preure : «Le Gazoduc transsaharien aura pour terminal Hassi R’mel» pour servir l’Europe
L’Algérie, le Niger et le Nigeria ont affiché leur volonté de mener à bien le projet «stratégique» commun du Gazoduc transsaharien, devant notamment relier le marché européen aux champs gaziers du Nigeria via l’Algérie et le Niger. La réunion tripartite tenue à cet effet vient appuyer les démarches engagées auparavant pour la réalisation du gazoduc transsaharien, notamment l’étude technique de faisabilité finalisée et soumise, selon le PDG du groupe Sonatrach, Toufik Hakkar, aux entreprises des trois pays africains.
Hakkar avait déclaré récemment que l’étude technique du projet est «ficelée et le tracé du gazoduc défini».
Pour les observateurs, la réalisation de ce projet est à la portée des pays concernés, d’autant plus qu’il bénéficie des opportunités offertes par l’Algérie en termes d’infrastructures à travers le réseau de transports, les stations de gaz naturel liquéfié (GNL) et les infrastructures de pétrochimie ainsi que la position géographique proche des marchés de gaz.
A ce sujet, l’expert pétrolier Mourad Preure est quasiment formel : «Le gazoduc aura pour terminal en toute logique Hassi R’mel d’où partent autant les gazoducs transcontinentaux algériens vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie, mais aussi les unités de liquéfaction d’Arzew et Skikda.».
«Toutes ces facilités sont là et ne nécessitent dans le meilleur des cas que des investissements additionnels relativement faciles à amortir», a-t-il expliqué, tout en assurant que l’Algérie est dans «une perspective forte, aux implications multidimensionnelles avantageuses» pour les pays de la région, mais aussi «moins coûteuse en investissement et en temps».
Selon les estimations financières établies lors de son lancement en 2009, le coût d’investissement de ce projet était estimé à 10 milliards de dollars.
D’une longueur de 4 128 km dont 1 037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2 310 km en Algérie, ce gazoduc va relier les champs gaziers du Nigeria (à partir de Wari sur le fleuve du Niger) à la frontière algérienne, pour se raccorder au réseau algérien et d’écouler la production gazière nigériane notamment sur les marchés européens.
Il permettra aussi l’alimentation sur son passage des régions du nord, du nord-est et du centre du Nigeria ainsi que des pays du Sahel comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali.
Quant à ses retombées, elles ont été qualifiées d’«énormes» par l’ambassadeur du Nigeria à Alger Mohammed Mabdul.
«C’est un projet très important qui générerait beaucoup d’argent à la fois pour le Nigeria et les autres pays qui y participent», a souligné le diplomate dans un entretien accordé à un quotidien nigérian, assurant que le Nigeria pourrait fournir à travers ce gazoduc 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Source : https://www.algeriepatriotique.com/
