Le rapport tronqué portant l’empreinte du Makhzen au sujet de la situation de l’enfance en Algérie, n’est pas passé inaperçu dans les rouages de la société civile et au sein du microcosme institutionnel algérien. C’est Meriem Chorfi, déléguée nationale de l’enfance, qui a annoncé la couleur, en considérant que «ce rapport est une tentative de saper ce qui a été réalisé récemment dans ce domaine en Algérie». Intervenant sur les ondes de la radio algérienne, Mme Chorfi a également estimé, «que l’ensemble des organisations internationales spécialisées, attestent des efforts indéniables de l’Algérie en matière de protection et de promotion des droits des enfants, à travers les nombreux mécanismes et l’arsenal des lois mis en place, en faveur d’une émancipation et une situation idéales de l’enfance».
La présidente de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance Onppe n’a pas manqué de rappeler la position de leader de l’Algérie dans le domaine de la protection de l’enfance.
Chorfi fera appel aux chiffres et statistiques dans différents domaines pour étayer son argumentaire. Elle citera, à cet effet, le principe de «la scolarisation obligatoire et sa gratuité», faisant état de «12 millions d’enfant scolarisés, à ce jour et que leur scolarisation au premier et deuxième palier reste une obligation majeure pour les pouvoirs publics». Elle confiera également, à ce sujet, que «l’accès à l’éducation et à l’enseignement, ainsi que la protection et la promotion de 16 millions d’enfants en Algérie, font partie des grandes préoccupations des hautes autorités nationales du pays». Sur un autre registre, elle fera référence aux rapports périodiques et témoignages des organisations et institutions mondiales au sujet des efforts considérables consentis par l’Etat algérien et les mécanismes mis en place en faveur de l’enfance.
Charfi rappellera à ceux qui semblent avoir sciemment occulté ces aspects positifs, «les principes de l’intérêt suprême de l’enfance consacrés par la Constitution de 2020», ainsi que «les directives du président de la République quant à actualiser et conformer les lois sur l’enfance avec les nouveaux textes suprêmes». La déléguée nationale à l’enfance ajoutera que «le taux de travail des enfants en Algérie ne dépasse guère les 0.05%», dira-t-elle estimant que «pareils rapports ne peuvent occulter les efforts et les résultats de l’Algérie dans ce domaine, et n’affectent en rien notre volonté pour mieux faire dans l’avenir». C’est dire le degré de détermination et de résolution de l’ensemble des acteurs impliqués dans ce domaine, quant à relever davantage de défis et de challenges dans l’avenir. Il y a lieu de rappeler aussi, que l’Eat algérien a déployé un arsenal impressionnant de mécanismes et d’institutions dédiées à l’enfance.
On notera la mise en place de cellules spécialisées dans la protection et la promotion de l’enfance au sein des corps constitués tels que la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale. Deux organes dotés de feuilles de route et de programmes distincts, qui, périodiquement communiquent sur les avancées et les résultats obtenus sur ce terrain. Au côté des instruments institutionnels, il existe un tissu impressionnant d’associations et de structures de la société civile, qui travaillent étroitement avec nombre d’institutions nationales, dont les secteurs de la jeunesse et des sports, la solidarité nationale, la présidence de la République, etc….
Les bilans réalisés par le mouvement associatif est également encourageant dans ce contexte, comme attesté par le représentant de l’Unicef en Algérie en 2019. «Je voudrai saluer le travail de promotion de l’enfance que vous menez à travers le renforcement des réseaux institutionnels, associatifs et avec médias. En vous associant aussi des artistes et des sportifs qui brillent par leur engagement…», témoignait-t-il à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la Déclaration internationale des droits de l’enfant. Il va sans dire que malgré les difficultés, à l’instar de tous les pays de la planète, le tissu associatif algérien spécialisé dans la protection et la promotion de l’enfance reste impressionnant, accomplissant des tâches impressionnantes et obtenant des résultats au-delà des espérances. Comment oser alors prétendre le contraire dans ce rapport 2022? Il y a sûrement anguille sous roche et les prochains jours seront certainement révélateurs, à plus d’un titre sur les réelles motivations du sieur Boukhary. N’en déplaise au représentant du Makhzen, tous les indicateurs, et il s’agit bien de l’ensemble des indicateurs, sont au vert pour ce qui est de la promotion et de la situation réelle de l’enfance en Algérie. À bon entendeur…
Mohamed Ouanezar
lexoression.dz 28.03.2022