15 ans ont passé depuis les Assises nationales de la stratégie nationale qui se sont tenues les 26,27 et 28 février 2007. Des secteurs clés ont été sélectionnés lors de son esquisse. L´industrie de la pétrochimie, de la mécanique, de l´électronique, de l´agriculture et du tourisme devaient en constituer la colonne vertébrale. Le train est, hélas, resté à quai. Il était écrit comme une malédiction que le pays allait continuer à s’accrocher bec et ongles à son secteur pétrogazier, vivre au gré des sautes d’humeur du prix du baril d’or noir. Une situation qui le met dans un état de stress permanent dès le moindre plongeon des cours du pétrole qui lui assurent l’essentiel de ses revenus. Moins d’une année après son élection à la magistrature suprême, Abdelmadjid Tebboune a décidé de donner de prendre le taureau par les cornes, de donner un coup de pied dans la «ruche». La dépendance quasi totale de l’économie nationale à la rente pétrolière «est fatale pour l’intelligence et l’esprit d’initiative», avait déclaré le 18 août 2020 le nouveau locataire d’El Mouradia, lors de l’ouverture de la conférence nationale sur le Plan de relance pour une nouvelle économie, qu’il avait initiée soulignant l’impératif d’augmenter les exportations hors hydrocarbures à 5 milliards de dollars à la fin 2021. Un discours qui allait sonner le début d’une nouvelle ère: l’industrialisation du pays avec son corollaire, la création de richesses. La diminution significative de la facture des importations, l’augmentation sensible des exportations pétrogazières, qui demeurent l’épine dorsale de l’économie nationale, en assurant l’essentiel des revenus du pays feront partie de cet «arsenal» qui doit permettre au pays de mettre le pied à l’étrier, afin de réussir sa diversification économique. Une manière de tourner le dos à un passé récent qui a mené le pays au bord du précipice. En tirer les leçons. C’est le message envoyé, hier, sur les ondes de la Chaîne 3 par le président du Conseil national pour la promotion des petites et moyennes entreprises.
«Il faut apprendre de nos erreurs, c’est la règle de base dans le management», a indiqué Adel Bensaci, tout en saluant l’objectif, de faire passer la part de l’industrie de 6 à 15% du PIB, par le président de la République, lors des assises sur la relance industrielle tenues en décembre dernier. Il est possible d’atteindre le taux de 10% au PIB avec «des efforts raisonnables», néanmoins si nous voulons opérer une révolution industrielle, il faut atteindre un taux de 15%, avait déclaré le 4 décembre 2021 le chef de l’État à l’occasion de l’ouverture de la conférence nationale sur la relance industrielle. Il faut souligner que l’Algérie qui ambitionne d’opérer sa «révolution industrielle» a fait de 2022 une année économique. Plusieurs étapes doivent être franchies pour y parvenir, à commencer par l’amélioration du climat des affaires, lever toutes les contraintes bureaucratiques, disposer de textes juridiques sérieusement dépoussiérés. Un point sur lequel insiste L’invité de la rédaction de la Chaîne 3. «Nous avons besoin d’une simplification des textes de loi.
Il faut libérer les initiatives. Le Code de l’investissement, qui est très attendu, prend énormément de temps. Ce Code ne doit pas représenter un fardeau à l’investissement, mais remplir son rôle de cadrage réglementaire», espère Adel Bensaci. «Une révision profonde a été menée pour la loi relative à l’investissement pour qu’elle soit au diapason de la politique de l’État, tendant à diversifier l’économie hors hydrocarbures», avait indiqué le 16 décembre 2021 le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, dans l’enceinte du Palais Zighoud Youcef. Que devient-elle plus de 3 mois après?
Mohamed Touati
lexpression.dz 28.03.2022