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Le Panafricanisme ou la 3ème voie pour un monde multipolaire

by Miloud
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Par Miloud Boumaza

Sous nos yeux, un éveil des peuples africains est en train d’émerger au milieu du chaos orchestré par les puissances occidentales pour maintenir leur contrôle sur les matières premières dont regorge le continent. Ceux-ci prennent conscience d’une réalité que l’on s’est longtemps efforcé d’occulter : l’Afrique est autosuffisante dans tous les secteurs stratégiques (énergie, agriculture, terres rares,etc), et par conséquent c’est le monde qui a besoin de nous et non l’inverse. Nous sommes donc en position de force pour imposer une 3ème voie, celle de l’autodétermination des peuples, de l’équilibre des rapports entre nations pour un monde plus juste.

Un préalable cependant est nécessaire pour inverser ce rapport de force imposant la domination des impérialistes sur tout un continent : ériger et promouvoir le panafricanisme comme modèle alternatif imprégné de valeurs africaines au sein des nations africaines et afficher une unité sans faille face aux défis, aux pressions, chantages,  menaces, et agressions que nous subissons.

Ainsi nos dirigeants (jusqu’ici en ordre dispersé) ne pourront et ne devront plus être trompés par cette illusion de toute-puissance des occidentaux, car le monde (notre continent même) est bien trop vaste et trop peuplé pour être contrôlé et dirigé par une poignée d’autoproclamés maîtres du monde ; un monde qui aspire à un partage équitable de la prospérité, accaparée jusqu’ici par un groupe restreint au détriment de toute une humanité, et qui ne veut pas lâcher prise.

Bien entendu, il s’agira également de neutraliser les 5ème colonnes inféodées au maître impérialiste, lutter contre la corruption, le népotisme, la gabegie, la mauvaise gouvernance et bien d’autres fléaux entravant le décollage économique du continent.
Or l’Afrique a largement les moyens de ses ambitions : des ressources naturelles en abondance, une main-d’œuvre qualifiée, une jeunesse dynamique et inventive, des compétences reconnues mondialement  (il y a des Africains qui exercent à la NASA, Silicone Valley, MIT, etc), un vaste territoire où tout est à faire, tout à construire. Il y a là un potentiel de croissance pour de longues années, qui en fera LE futur pôle économique mondial.
C’est dire l’importance de notre continent et l’intérêt vital qu’il suscite face à un ancien monde en débâcle et qui se débat dans son déclin. A côté, le conflit en Ukraine avec l’ours russe, les frictions avec le dragon chinois autour de l’île de Taïwan, semblent presque des épiphénomènes, car c’est bien l’Afrique, sa position, qui détermineront l’avenir du monde.
Les pays de l’Union Africaine doivent donc définir les contours et les mécanismes d’une collaboration étendue dans tous les domaines non seulement pour fédérer leurs forces et constituer un contrepoids à même d’exiger des rapports équilibrés dans les relations internationales, mais également pour favoriser et augmenter les échanges interafricains. Or ceux-ci représentent avec le déficit d’infrastructures l’une des faiblesses majeures de l’Union.
C’est pourquoi nous suggérons de créer un groupe continental dans la construction et les travaux publics (autoroutes, chemins de fer, ports, aéroports, etc), filiale des champions nationaux avec les moyens et compétences africains pour prendre en charge les projets prioritaires et stratégiques, tels les tratranssahariennes, le gazoduc TSGP, barrages, centrales électriques, etc.
L’Algérie, actrice de première heure du panafricanisme, est toute désignée pour impulser cette dynamique. Issue d’une révolution populaire, la jeune république a poursuivi la lutte contre le colonialisme en aidant, par tous les moyens dont elle disposait, les mouvements nationalistes africains (Mozambique, Angola, Afrique du Sud, etc).
Autres faits méconnus, car son action s’est toujours déroulée dans la discrétion : elle avait annulé la dette d’une dizaine de pays de la région…sans contrepartie ; ce qui avait suscité des interrogations et des critiques de certains partis d’opposition déclarant que ce n’est pas de cette manière que l’on gère les affaires. De la même manière la Mauritanie avait pu compter sur l’aide de l’Algérie pour sortir du CFA et constituer sa monnaie nationale.
C’est sans doute en raison de cette discrétion, loin de la “diplomatie des hauts-parleurs” que les populations africaines, de même que certains dirigeants ont eu tendance à mesestimer le rôle de l’Algérie, ou à s’en détourner, ce qui a été perçu par quelques compatriotes comme de l’ingratitude voire de la trahison.
Du reste, il ne fait aucun doute que l’action de l’Algérie n’est pas étrangère à la situation au Mali. Des divers états qui bordent les frontières du pays de Modibo Keïta, c’est en effet, la seule nation qui n’abrite pas de base militaire française. Aussi est-elle la seule voie d’accès pour les instructeurs et matériels russes… et algériens. Car s’il est vrai que le Mali est le coeur du Sahel, l’Algérie en est le poumon.
Par ailleurs, après avoir fermé son ciel à l’armée française, l’Algérie l’a également interdit au Maroc car nul n’ignore que ce pays sous-traite certaines activités de l’empire dans le continent. C’est, ce nous semble, l’une des raisons (pas la seule certes) de leur brouille diplomatique, car l’on ne pouvait prendre le risque que les avions du royaume “transporte autre chose que de simples voyageurs”.
L’Union Africaine devra d’ailleurs régler la question du Sahara Occidental, car le continent, qui autrefois avait subi le joug et les affres du colonialisme, ne doit plus souffrir qu’un de ses membres puisse encore endurer au 21ème siècle les mêmes spoliations et humiliations.
Et pour celles et ceux qui seraient encore hésitant en ce qui concerne la prétendue souveraineté du royaume cherifien sur le Sahara Occidental, le roi du Maroc, Mohamed ben Abdallah (Mohamed 3), avait déjà tranché la question dans sa lettre datée du 28 mai 1767 au roi d’Espagne Charles 3 en réponse à ce dernier quant à la sécurité des pêcheurs Espagnols au large des côtes du Sahara Occidental :
“… ces arabes (les Sahraouis) n’ont pas de lieu sûr ; ils changent de lieu quand ils veulent. Jamais, ils n’ont été assujettis, ni subordonnés à aucun gouvernement. C’est la raison pour laquelle ce n’est pas normal que je donne mon consentement, étant donné qu’il peut être préjudiciable aux habitants des îles Canaries… La côte, depuis Santa Cruz (Cap Ghir) vers le sud n’étant pas de ma juridiction, je ne peux pas la franchir, ni être responsable de ce qui peut y arriver…”
Cela a le mérite d’être clair. Le roi du Maroc affirmait donc sans ambiguïté que les territoires correspondants au Sahara Occidental actuel n’appartiennent pas au Maroc. C’est pourquoi le royaume Espagnol a pu conquérir cette “terra nullius” prétextant la sécurité de ses citoyens sans se heurter à la France qui avait des visées sur le Maroc.
Ce document est consultable librement, en annexe 33B, page 266 des mémoires et plaidoiries de la Cour Internationale de Justice relatifs au problème du Sahara Occidental (voir également annexe 33A la lettre du même roi au même destinataire) :
Les manoeuvres marocaines pour impliquer l’Algérie dans ce conflit bilatéral et la désigner comme partie prenante ne sauraient résister à la réalité, car les faits sont têtus : l’Algérie avait adressé une fin de non recevoir à la proposition du Maroc de se partager le Sahara Occidental, arguant que ce territoire n’appartenait ni à l’un ni à l’autre mais avait son propriétaire, le peuple Sahraoui.
Cette position désintéressée semble bien incompréhensible à des états expansionnistes et impérialistes comme le Maroc, la France ou l’entité. Qu’avait par exemple à gagner l’Algérie dans son soutien indéfectible à l’Afrique du Sud durant l’apartheid ou encore aujourd’hui à la Palestine, alors qu’elle pourrait s’épargner bien des difficultés, des menaces et des agressions en normalisant ses relations avec tous ces états néocoloniaux ?
Or malheureusement, ou plus exactement fort heureusement (c’est selon), la lutte pour l’émancipation et l’autodétermination des peuples est inscrite dans l’ADN de la république démocratique et populaire algérienne, ce qui fait de l’Algérie est un des leaders naturels du panafricanisme. C’est dans ce sens qu’elle se doit, en tant que puissance régionale, et après l’éclatant succès du sommet arabe, d’organiser voire instituer un forum Algérie Afrique, car qui mieux qu’un pays africain peut saisir et definir les besoins et attentes du continent, et prôner des solutions africaines aux problèmes africains.

 

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