1- Algérie : Un grand contrat d’armements russes de 11 milliards de dollars
par Faouzi Oki
L’opération militaire algéro-russe « Bouclier du désert » se déroule actuellement à Bechar près de la frontière marocaine avec quelque 200 soldats des forces antiterroristes des deux pays. Ces manœuvres terrestres conjointes constituent notamment une première historique sur le sol algérien.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a confirmé il y a quelques jours aux médias que des exercices militaires algéro-russes, sous l’appellation « Bouclier du désert 2022 », se tiennent du 16 au 28 novembre à la base de Hammaguir, dans la région de Bechar, au sud-ouest de l’Algérie, avec la participation des forces antiterroristes russes et algériennes. La diplomate russe a indiqué dans ce sens que ces exercices qui porteront sur la lutte antiterroriste sont planifiés et menés dans le cadre du programme approuvé de la coopération militaire avec l’Algérie. Tout en insistant à dire, en concluant sa déclaration, que « ces exercices militaires, tout comme ceux auxquels participe la Russie, ne sont dirigés contre aucune tierce partie ».
L’Algérie avait obtenu 100 BMP-3, en plus de la mise à niveau des BMP-1 et BMP-2 à des normes plus récentes, notamment en les équipant de systèmes de missiles antichars Kornet, un concurrent direct du missile américain Javelin. Selon le communiqué, les exercices impliqueront des éléments des brigades « motostrelki », l’infanterie mécanisée du Caucase russe. Le motostrelki est une partie importante des forces armées russes qui utilise des véhicules BMP, que l’Algérie a également achetés. Le pays aurait récemment acquis une centaine de BMP-3, le dernier modèle et aurait modernisé ses BMP-1 et BMP-2.
Notons que « la première réunion de planification pour ces manœuvres s’est tenue dans la ville de Vladikavkaz et a porté sur la coordination des exercices et de la logistique, y compris le séjour », selon un communiqué du District militaire sud de l’armée russe. La même source a précisé que les exercices prévus « consistent en des mouvements tactiques pour la recherche et la destruction de groupes terroristes ». 80 militaires russes du District sud prendront part à ces exercices aux côtés des unités de l’armée algérienne dans des milieux désertiques.
L’Algérie avait participé à un exercice similaire en Ossétie du Nord, en octobre 2021, durant lequel 200 militaires des deux armées ont testé des équipements et des techniques de lutte antiterroriste dans un environnement rural et montagneux. Et d’autres exercices militaires sont également prévus, selon le programme 2022 du District militaire sud de l’armée russe en Égypte, au Kazakhstan et au Pakistan. Il s’agit de manœuvres régulières qui mettent en pratique des tactiques de lutte antiterroriste dans différents milieux, mais qui seront sous la loupe à cause de la guerre en Ukraine.
L’opération « Bouclier du désert » révèle l’accélération dans la coopération militaire entre l’Algérie et la Russie. Dans l’autre sens, l’Algérie avait pris part, il y a quelques semaines, aux exercices militaires VOSTOK 2022, dans l’est de la Russie. La coopération algéro-russe est encore plus forte sur le plan industriel et commercial. L’Algérie envisage de multiplier son budget de défense en 2023 devenant ainsi un important importateur d’armes russes au monde.
Su-57 and Su-75 Side-by-Side. Image Credit: Rostec.L’Algérie et la Russie s’apprêtent à signer un grand contrat militaire d’un montant de 11 milliards de dollars, un contrat où pourrait figurer l’acquisition par l’Algérie du nouveau chasseur Soukhoï Su-75 « Checkmate » de 5e génération, a-t-on appris de source plausible.
Source : Réseau international
2- Les États-Unis ont peur d’une coopération militaire Algérie/Russie ?
Elisabeth Moore Aubin, ambassadrice des États-Unis en Algérie a répondu ce lundi aux questions concernant les risques de sanctions américaines contre l’Algérie, si elle achète des armements russes, le Sahara occidental, la coopération économique entre les deux pays.
« Je crois que ce genre d’engagement est vital pour promouvoir la libre circulation de l’information », dit-elle. C’est ainsi qu’elle répond sans tabou à toutes les questions ou presque.
Mme Aubin refuse catégoriquement d’évoquer le projet d’adhésion de l’Algérie au groupe des Brics ou les relations algéro-chinoises.
Sur le reste, la diplomate s’est longuement étalée, particulièrement sur le partenariat économique entre l’Algérie et les États-Unis. « En tant qu’ambassadrice, ma plus grande priorité est de continuer à développer notre fort partenariat économique », précise-t-elle d’ailleurs.
« Les États-Unis seront un partenaire de premier ordre pour l’Algérie », assure-t-elle, ajoutant que les entreprises américaines pourront contribuer à la diversification de l’économie algérienne.
Elisabeth Moore Aubin, ambassadrice des États-Unis en Algérie, a répondu lundi aux questions concernant les risques de sanctions américaines, le Sahara occidental, la coopération économique entre les deux pays.
Source : tsa-Algerie.com
3- Soudan : l’armée veut prendre exemple sur l’Algérie pour gérer la transition
Le chef d’état-major de l’armée soudanaise, Mohamed Othman al-Hussein, s’est rendu à Alger à la tête d’une haute délégation militaire, le 22 novembre. Il y a rencontré son homologue Saïd Chengriha et les discussions ont porté surtout sur des questions sécuritaires.
L’expérience politique récente en Algérie et au Soudan possède quelques points communs : Au Soudan, Omar el-Béchir a été obligé de quitter le pouvoir neuf jours après Abdelaziz Bouteflika.
La période de transition s’est bien passée en Algérie et le pays a réussi à organiser des élections, alors que celles prévues ce 21 novembre au Soudan n’ont pas eu lieu. Le coup d’État de l’armée a changé la donne. La période de transition est prolongée de 14 mois, mais le nouvel accord entre militaires et civils tarde à se concrétiser. L’armée soudanaise se trouve dans l’impasse et l’unité du pays est désormais menacée. Elle est à la recherche d’une issue et devra faire face aux défis internes et externes.
Les deux armées sont également confrontées au problème d’insécurité à leur frontière avec la Libye, ce qui les oblige à se coordonner sur ce dossier. D’où la nécessité de conjuguer leurs efforts, pour « relever les défis sécuritaires et renforcer les relations de coopération entre les deux pays ».
La multiplication des contacts entre les deux armées va en s’accélérant. Le rapprochement s’opère aussi sur le plan politique et économique.

