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Par Djilali B.
La perception de l’Algérie par les Etats-Unis commence à devenir claire. Un facteur déterminant pour les choix d’investissements des opérateurs américains notamment dans le domaine de l’énergie.
Le constat a été fait par les Américains tant au niveau du positionnement stratégique du pays, la révision de son arsenal juridique et son retour sur la scène internationale.
Cela s’exprime aujourd’hui par l’intérêt des investisseurs américains, en plus du traditionnel secteur énergétique où seules des compagnies américaines de petite envergure étaient présentes, l’agriculture semble également intéresser les Américains.
Les télécoms et technologies ainsi que les infrastructures aussi.
Signe que le processus d’ouverture est en cours et que l’intérêt des Américains constitue en soi un signal pour les compagnies des autres pays.
Pour le secteur énergétique, deux paramètres, outre les aspects juridiques évoqués plus haut, ont contribué à capter l’attention des majors américains, notamment Chevron et Exxon Mobil qui avaient déjà signé avec l’Algérie des protocoles d’accord… en 2019, année qui a politiquement chamboulé l’Algérie, notamment la chute du régime Bouteflika, qui a retardé l’avancée des pourparlers entre ces deux compagnies et Sonatrach et les responsables algériens ; la crise du secteur aux Etats-Unis, notamment le segment du gaz non conventionnel qui a fait chuter la cote de Chevron notamment, la crise russo-ukrainienne qui a boosté les exportations algériennes vers l’Europe.
Un bond qui a réveillé le secteur et hissé l’Algérie au 3e rang des exportateurs vers l’Europe après la Russie et la Norvège.
Il y a enfin le potentiel algérien en gaz non conventionnel qui est dans le viseur du plan de redéploiement de Chevron qui a réservé une enveloppe de 17 milliards de dollars pour ses investissements en 2023 orientés essentiellement vers les marchés du Moyen-Orient, la Méditerranée et l’Afrique du Nord.
En effet, les estimations des réserves algériennes de gaz non conventionnel se situent à la 3e place après l’Argentine et la Chine. Et comme ses exportations sont appelées à augmenter, l’Algérie sera menée à exploiter ce potentiel.
Chevron avec lequel les négociations se poursuivent est un major bien indiqué pour déployer les nouvelles technologies qu’il a éprouvées sur le terrain aux Etats-Unis.
«Le pays a un potentiel important pour l’exploration pétrolière et gazière conventionnelle et non conventionnelle», a indiqué un responsable de Chevron au Wall Street Journal après des séjours et des pourparlers à Alger.
Alger apprécie, sans doute, l’évolution de l’appréciation américaine dont les responsables politiques ont toujours eu des appréhensions et des difficultés à percer les démarches ou les stratégies algériennes qualifiées souvent de «floues, opaques», illisibles en somme. Surtout que l’Algérie est considérée comme un allié historique de la Russie qui est son premier fournisseur en armement.
La diversification naissante des fournisseurs de l’ANP et l’ouverture depuis peu – faut-il parler de retour – sur la scène internationale avec une présence sur tous les fronts avec la même position constante ont été rajoutés à l’actif de l’Algérie dont la fiche américaine n’a pas changé durant des décennies.
Les perspectives des échanges commerciaux entre les deux pays et les opportunités d’investissement en Algérie évoquées par l’ambassadeur US à Alger étaient autant de signaux envoyés à Washington.
Des signaux perçus par les compagnies et des opérateurs économiques intéressés par le marché algérien.
Des observateurs et des analystes avaient prédit ce repositionnement américain dicté par leur intérêt pour l’Afrique et la Méditerranée, fallait-il aussi pour ce faire un réajustement de certains paradigmes liés à sa politique étrangère par trop agressive. Dont acte.