Assurer une production nationale à même de couvrir les besoins locaux dans divers domaines économiques est un challenge à la portée des opérateurs économiques. Lesquels sont nombreux à afficher leur volonté de réussir le pari et de concrétiser l’autonomie progressive du pays.
Pour le président de la Fédération des grandes cultures et cultures industrielles, affiliée à la Confédération des industriels et des producteurs algériens (Cipa),Mohamed Haroune, le pays est capable d’accéder à une autarcie «conditionnée» dans le domaine des céréales.
«Atteindre une autosuffisance en termes de grandes cultures. C’est possible de le faire. Mais il faudrait d’abord revoir tous les chiffres en procédant à un recensement général pour cerner exactement la superficie destinée aux grandes cultures, le nombre des agriculteurs, ainsi que celui des exploitations agricoles», indique-t-il. Le responsable évoque un certain nombre de conditions, telles que les nouvelles techniques, le machinisme agricole et le matériel végétal, outre l’impératif de changer de pratiques en optant pour des pratiques plus durables.
Concernant la mécanisation, le professionnel souligne que le matériel doit être adéquat en fonction des zones agricoles (Nord et Sud). Le cas échéant, le rendement, pour la céréaliculture, pourrait être porté à 30 q/ha. Un rendement souligné par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à maintes occasions. En ce sens, il met l’accent sur l’importance de l’élément eau pour la réussite de cette filière en construisant des retenues d’eau dans les périmètres agricoles. Par ailleurs, il préconise de revoir le cahier des charges relatif à l’octroi des concessions à l’effet de permettre aux agriculteurs d’investir de manière correcte. «L’aridité du climat a fait fuir certains investisseurs. Et pour parer à ce problème, il faut penser dès maintenant à créer un micro climat en plantant des arbres», recommande-t-il.
Pour ce qui est des engrais, Haroune suggère la réalisation d’une étude précise pour une utilisation rationnelle et plus efficace de ces matières indispensables pour l’amélioration du rendement. Grosso-modo, il recommande d’aller vers des pratiques agricoles durables en agissant sur la matière organique à l’effet d’atteindre un taux de 3%, outre la rotation des cultures.
La filière lait prend forme
La filière lait, elle, nécessite plus d’effort à consentir, mais un brin d’espoir de la booster est bel et bien là. Et c’est Mourad Bouzakrini, vice-président de la Fédération des producteurs et transformateurs de lait (Cipa), qui le confirme.
«Le ministère de l’Agriculture réunira très prochainement les éleveurs opérant dans le domaine de la production du lait. Il est prévu de relancer la filière en débattant des préoccupations des éleveurs et des perspectives de la filière. Le projet des génisses permettra de révolutionner le secteur et je peux dire même que d’ici quatre ans, nous pourrons réduire, de 60%, la quantité de la poudre de lait importée», assure l’éleveur.
Selon lui, l’Etat ne lésine pas sur les efforts en assurant l’accompagnement nécessaire des investisseurs dans ce domaine. Il cite la mise en place des mesures incitatives au profit des collecteurs et transformateurs de lait cru.
Aussi, l’amélioration de la production dans la filière en question passera par la structuration des éleveurs en coopératives.
Des avancées dans le bâtiment
Pour sa part, le président de l’organisation du patronat algérien (OPA), Abderrahmane Sidi Saïd, se dit optimiste sur les capacités nationales dans le secteur du bâtiment, qui, de son avis, se fraye graduellement un chemin vers l’autosuffisance. «On dit que lorsque le bâtiment va tout va, et l’Algérie a connu, les deux décades précédentes, le lancement de grands chantiers dans le secteur de l’habitat et des travaux publics. Ce qui a impulsé le BTPH», déclare-t-il. Aujourdui, plusieurs sous-secteurs se portent bien dans la mesure, explique-t-il, où l’on enregistre «une production nationale satisfaisante». Il cite, à ce titre, le ciment, le rond à béton, la céramique.
A l’en croire, il affirme que le marché national en termes de matériaux de construction est en mesure d’assurer un produit avec un coût moindre que celui importé, tout en garantissant une qualité irréprochable. Une avancée concrétisée grâce, explique-t-il, au savoir-faire acquis des expériences d’importation ainsi qu’à l’introduction des nouvelles technologies hautement sophistiquées.
Dans la même veine, notre interlocuteur appelle à l’encouragement des entreprises de réalisation nationales, tant elles s’affirment par la qualité de leur travail. Sidi Saïd met en avant les compétences du cadre humain dans le domaine du bâtiment à même de gagner la bataille de l’augmentation de la production nationale.
A. Mehdid
horizons.dz