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Après les experts et les politiques italiens qui ont appelé à l’accélération de la réalisation du projet Galsi, c’est au tour du PDG de la société italienne de gestion des gazoducs Snam, Stefano Venier, de formuler une demande officielle à l’Union européenne pour débloquer une enveloppe financière pour ce projet stratégique pour le vieux continent.
Selon le PDG de la Snam, la société a présenté, le 19 janvier dernier, une demande de financement de projets d’intérêt commun (PIC) à l’UE pour ce gazoduc.
«Ce qui nous a convaincus de soumettre le PIC, c’est le fait que nous avions un intérêt considérable de la part des entreprises du sud de l’Allemagne, des entreprises autrichiennes prêtes à investir en Afrique du Nord pour faire passer l’hydrogène par ce pipeline», a déclaré le patron de la Snam.
En effet, le projet a été déterré dans un contexte marqué par la crise énergétique européenne et qui serait d’un apport important pour soulager la demande du vieux continent sur les produits énergétiques, notamment l’Italie et l’Allemagne, à la recherche d’alternatives au gaz russe.
Pour rappel, dans son programme RePower, l’Union européenne a donné le feu vert à ses membres pour la réalisation de projets d’intérêt commun présentant une alternative au gaz russe, ce qui laisse dire que le projet bénéficie déjà d’une attention particulière sur le vieux continent.
Après l’échec de la politique énergétique espagnole pour l’Europe, l’Italie a pris le relais et fournit d’importants efforts pour se transformer en hub énergétique européen, raison pour laquelle la commission énergétique européenne lui a donné son accord pour mener des investissements stratégiques dans le domaine.
Autrement dit, le financement du projet Galsi bénéficie déjà d’un appui important au sein de l’UE, notamment celui l’Italie et de l’Allemagne.
Le Galsi pour livrer du gaz et de l’hydrogène à l’Europe
En fait, pour réaliser son objectif, l’Italie s’appuie essentiellement sur le partenariat stratégique qu’elle a scellé avec l’Algérie, portant sur l’augmentation des approvisionnements en gaz naturel et GNL.
Outre l’investissement dans la production gazière en Algérie, les deux parties ont également trouvé un accord pour le renforcement de l’infrastructure du transport avec la relance du projet Galsi et qui sera conçu à la fois pour le transport de l’hydrogène et du gaz vers l’Italie et l’Allemagne.
En chiffres, le gazoduc Galsi est d’une longueur de 284 km, reliant l’Algérie à l’Italie et fera dans l’avenir l’objet d’une extension jusqu’en Allemagne pour un coût global de sa réalisation et de son extension estimé à 2,5 milliards de dollars, d’après la presse italienne.
Dans ce sens, les précédentes réunions qui ont eu lieu à Alger entre les responsables du ministère de l’Énergie et les responsables allemands, notamment ceux de VNG, ont été sanctionnées par une décision commune portant sur l’extension du Galsi pour atteindre l’Europe centrale afin de fournir du gaz et de l’hydrogène à l’Allemagne.
En parlant de l’hydrogène, des études européennes affirment que le développement de la filière hydrogène en Algérie lui permettra d’accaparer d’importants parts du marché européen d’ici à 2030 avec un taux de 25%.
«Plan Mattei», une stratégie qui repose sur l’Algérie
La question énergétique occupe une place des plus importantes dans le «plan Mattei» initié par la première ministre italienne Giorgia Meloni, depuis son arrivée à la tête du gouvernement italien.
De ce fait, sa stratégie repose essentiellement sur l’intensification de la coopération énergétique avec l’Algérie pour faire de l’Italie un hub énergétique par excellence. Gaz naturel, gaz liquéfié, hydrogène vert, bleu et gris, électricité, l’Algérie dispose de toutes les cartes pour faire de l’Italie un acteur énergétique sur le marché européen.
Augmentation des exportations du gaz vers l’Italie, des accords avec l’Allemagne pour le développement et l’approvisionnement en hydrogène via le Galsi, depuis le début de la crise ukrainienne, les regards des pays européens et Italiens, en particulier, ont été tournés vers l’Algérie qui se place en acteur principal sur l’échiquier énergétique européen.