Sarra Chaoui
Raviver la mémoire des martyrs de la Révolution nationale est nécessaire afin de léguer leurs valeurs à la future génération. C’est ce qu’a soutenu, mercredi, le moudjahid AïssaKasmi au forum d’El Moudjahid à l’occasion de la célébration du mois des martyrs par l’association Machaâl Echahid. Larbi Ben Mhidi, Ali Melah, Si El Haouès, Benboulaïd ou encore Reda Houhou ont tous en commun d’avoir sacrifié leur vie au mois de mars pour que vive l’Algérie indépendante.
«Le mois de mars est celui du printemps, mais il est aussi celui des martyrs que l’on célèbre juste après la Journée nationale du martyr commémorée le 18 février», a-t-il expliqué à ce sujet. Pour le moudjahid, il est impossible de citer ni de lister tous les martyrs ayant payé du prix de leur vie la liberté de l’Algérie. «Nous ne devons pas faire de distinction entre tous ceux qui ont bataillé pour l’indépendance du pays», a-t-il souligné. Il appelle à un éveil des consciences afin que les jeunes prennent conscience de la responsabilité qu’il leur incombe aujourd’hui. «Il est nécessaire que les nouvelles générations continuent le combat de l’édification de l’Algérie et qu’elles soient animées du même esprit patriotique, du sens du devoir, d’amour de la patrie et de Dieu, qui animait leurs aïeux», a estimé le moudjahid.
Prenant exemple sur le courage de Fatima Débouche, morte brûlée alors qu’elle était enceinte de 8 mois, il a tenu à rendre hommage à toutes ces femmes, ces enfants, ces familles, mortes pour que vive la cause suprême en laquelle ils avaient foi, à savoir une Algérie libre, indépendante et souveraine.
Rappelant la maturité dont faisaient preuve les martyrs, il a rappelé que les colons pensaient à tort qu’en arrêtant, torturant et tuant ceux qu’ils considéraient comme les leaders de la Révolution, il annihilerait la Révolution. «Mais ils ignoraient que c’était la Révolution de tout un peuple et non de quelques personnes», a relevé Kasmi. Affirmant que «la colonisation est lâche et bête», l’intervenant a rappelé les exactions commises par les nombreux tortionnaires et assassins colons. «L’OAS avait aussi pour mission de tuer tous les intellectuels afin de ne pas permettre l’écriture de l’histoire de la colonisation et de l’indépendance de l’Algérie», a ajouté l’écrivain.
Mettant en garde contre l’amnésie qui nous guette à tous les tournants, il s’est demandé «si le travail que nous réalisons actuellement est suffisant» afin de transmettre cet héritage et ce legs aux générations futures.
Ce pourquoi a-t-il appelé à profiter de la mémoire des moudjahidine encore vivants afin de relater les valeurs et vertus de la Révolution et des hommes qui l’ont faite. Kasmi a, enfin, prôné l’usage d’un langage adapté aux jeunes afin de permettre un dialogue intergénérationnel efficace.
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