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Dans un contexte météorologique marqué très sévèrement par la sécheresse qui se prolonge indéfiniment au grand désespoir des agriculteurs, le comité de suivi et d’évaluation de la campagne agricole 2022-2023 se réunissait dimanche au niveau de la direction des ressources en eaux de la wilaya. Coprésidé par les directeurs des deux secteurs (hydraulique et DAS), le comité a rassemblé une vingtaine d’agriculteurs. Etaient également présents le responsable de l’Onid, qui tenait dans ses mains les vannes des réseaux d’irrigation, et le président de la Chambre d’agriculture.
Le thème abordé en cette occasion a eu trait, bien sûr, à l’irrigation et à la façon dont celle-ci devait être conduite rationnellement de manière à sauver les cultures sans mettre à mal le système ni le programme de dotations mis en place dans un contexte de crise sévère qui a vu l’eau des barrages atteindre leur niveau le plus bas de leur histoire.
Prenant la parole, le responsable des ressources en eau a fait prévaloir la fermeté: tous ceux qui ont semé après le recensement de la dernière réunion ne peuvent espérer bénéficier de la dotation allouée à l’irrigation. Celle-ci, estimée à 4 millions de m3 d’eau, dont 1,700 000 million m3 pour les cultures céréalières. Et alors que les périmètres irrigués des plaines des Aribs (Aïn Bessem), réservés jusqu’ici aux maraîchages, ont été convertis à la production des céréales, le barrage de Oued Lakhal ne disposant plus de dotations pour l’irrigation, à cause de sa faible capacité, de la baisse drastique de son niveau et de son taux d’envasement, les périmètres irrigués d’El Esnam et de M’Chedellah n’ont pu réserver que 850 ha à la culture de pomme de terre.
La superficie réservée à cette culture à l’ouest de la wilaya, hors périmètres irrigués, est de 400 ha, selon le président de la Chambre d’agriculture.
La grande question à cette réunion est, en cette période de sécheresse, la suivante: laquelle des cultures faudrait-il sacrifier? Si lors des débats, il a été admis qu’en certains endroits, au sud-est et au sud de la wilaya, les céréales sont définitivement perdues même à l’aide de système d’irrigation, il reste, pour certains céréaliers, que la priorité devrait être accordée à cette culture. D’autres s’insurgeaient et faisaient valoir le gros investissement que représente l’arboriculture, dont la superficie est de 350 ha. Et soudain, une autre question surgit: et si le niveau des barrages venait à baisser plus tôt, rendant le programme arrêté inapplicable? Mais si les pluies arrivaient plus vite et en telle quantité que la donne s’en trouverait changée d’un coup, rétorquait le responsable de l’hydraulique qui demeurait décidément optimiste. Tous ne sont pas du même avis.
Car, d’autres, revenant à la charge, voulaient encore que l’on sacrifiât la tomate cultivée sur 70 ha. Mais la directrice du secteur agricole est restée inébranlable sur ce point. Pour elle, la question a été tranchée lors de la précédente réunion qui s’est tenue le 15 mars. Il s’agissait, pour elle, de répartir la dotation de manière équitable afin de ne léser aucun agriculteur. Pour les nouveaux souscripteurs, elle accorde un délai d’une semaine. Quant à ceux qui ont pris le risque de semer après le recensement fait lors de la première réunion du comité, abondant dans le sens du directeur des ressources en eaux, elle les renvoyait à leur responsabilité. Devant l’inquiétude du responsable de l’Onid qui a mis en avant l’état et les capacités de ces pompes et des réseaux existants, et qui ne voyait pas comment il pouvait faire pour satisfaire tout le monde sans malmener son matériel, la directrice ne transigea pas davantage, et, finalement, une discussion prenant fin avec certains agriculteurs.
La réunion a pris fin avec le sentiment que rien n’est irrémédiablement perdu, et que tant qu’il restait cette ardeur au combat, cette hargne qui caractérisait les bons agriculteurs face aux dures conditions de leur vie, l’espoir restait permis.