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Le patron de Fiat a lancé, hier à Turin, un appel aux équipementiers de la région piémontaise pour s’implanter en Algérie où le constructeur italien a entamé, en novembre 2022, la construction d’une usine automobile.
PAR BRAHIM AZIEZ
« Venez avec nous en Algérie », lançait Olivier François, PDG de Fiat et Global CMO de Stellantis, à l’endroit des équipementiers italiens qui prenaient part au forum économique sur les perspectives de développement de l’industrie automobile en Algérie.
Repris par la Repubblica, il ajoutait, lors de son intervention, que « Fiat sera la première marque à reprendre la production en Algérie ». Passant en revue le potentiel de l’Algérie, qu’il s’agisse de marché automobile ou d’opportunité de réussite, le premier responsable de Fiat indiquera que le projet d’usine Fiat en Algérie s’est concrétisé grâce à un partenariat étroit avec les autorités algériennes, lesquelles ont fortement souhaité une marque aux racines italiennes et à la pertinence mondiale.
« D’ici la fin de l’année, la production reprendra à l’usine de Tafraoui qui atteindra une capacité de production de 90 000 unités en 3 ans », leur affirmera-t-il en précisant que « le premier modèle à sortir d’usine sera la 500, la voiture qui représente certainement Fiat mieux que toute autre voiture au monde ».
C’est l’icône de l’Italie, à ses yeux. Mais il était essentiel, selon lui, de faire connaître,
durant cette phase, les opportunités commerciales liées à ce projet pour l’Italie. Et pour les promouvoir, Fiat veut précisément témoigner et impliquer l’excellence des composants italiens dès le début ».
Valentino Valentini : «Nous voulons élargir le champ de notre collaboration avec l’Algérie»
De son côté, le vice-ministre des affaires et du made in Italy, Valentino Valentini, expliquera aux présents que « dans les relations avec l’Algérie, en tant que gouvernement, nous voulons élargir le champ de notre collaboration traditionnelle et durable grâce à un partenariat solide, qui nous permet d’exploiter pleinement le potentiel de croissance et de construire des ponts entre les rives de la Méditerranée ».
Il estimera qu’ainsi « cela stabilisera une région stratégique pour l’Italie et l’Europe ». Le vice-ministre des affaires et du made in Italy ajoutera que le gouvernement auquel il appartient, avec le plan Mattei, vise également à faire de l’Italie une porte d’entrée privilégiée et un hub de distribution d’énergie, dans un moment difficile au niveau mondial en raison de la crise provoquée par le conflit ukrainien, et rendue plus complexe par la transition en cours sur le plan environnemental et technologique.
« Un objectif qui peut être atteint grâce à notre relation stratégique avec l’Algérie », avouera-t-il. Un aveu partagé par le ministre algérien de l’industrie et de la production pharmaceutique, Ali Aoun, qui enchaînera en relevant que « le projet d’investissement de Fiat est une opportunité de renforcer la production interne de composants automobiles.
Nous encourageons vivement les opérateurs italiens à investir massivement en Algérie avec leur expérience et leur savoirfaire ».
Paolo Scudieri : «Saisir ces opportunités d’investissement»
Le président la puissante association nationale de la chaîne industrielle italienne (Anfia), Paolo Scudieri, indiquera de son côté que « les opportunités d’investissement qui se présentent aujourd’hui pour nos entreprises, orientées vers une logique de local à local, sont une occasion à saisir dans un territoire qui voit fleurir de nouvelles perspectives de développement industriel, et qui continuera certainement à attirer de nouvelles opérations d’investissement par des acteurs mondiaux dans les années à venir ».
Un point crucial, sachant que l’Algérie a l’ambition de lancer une véritable industrie automobile et cherche à densifier son tissu industriel ; le terrain reste, en quelque sorte, vierge pour les entreprises italiennes qui disposent d’une certaine expertise et d’un savoir-faire reconnu en la matière.
Un point que ne manquera pas de mettre en relief le président de l’Anfia qui dira : « Les entreprises italiennes qui revendiquent l’excellence de fabrication liée au secteur des moteurs pourront continuer à étaler leurs compétences ici, et en même temps continuer à investir dans les nouvelles technologies et les systèmes de carburant. »