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PAR BRAHIM AZIEZ
Après l’élargissement des surfaces agricoles dédiées à la céréaliculture, la formation aux techniques modernes de culture et les différentes aides de l’Etat, le cap est mis sur les capacités de stockage.
Le ministre de l’agriculture et du développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a donné hier, depuis la wilaya de Aïn Defla, le coup d’envoi du programme national de renforcement des capacités de stockage des céréales, dans la perspective d’atteindre les 9 millions tonnes avant fin 2025.
Sur la filière céréales, M. Henni a indiqué que son secteur avait arrêté un programme
à l’horizon 2025, visant à étendre les superficies irriguées dans les wilayas du Sud à un
million d’hectares, de manière à atteindre l’autosuffisance en blé dur et de réduire de
50% la facture d’importation du blé tendre.
Soulignant que le programme de développement des capacités de stockage de céréales est l’ »un des plus importants programmes lancés par l’Etat depuis l’indépendance, en application des instructions du président de la République », le ministre de l’agriculture a affirmé que ce programme permettra d’ »optimaliser l’exploitation des capacités de production des céréales et des légumineuses, et d’en assurer un stockage rapide », rappelant que l’objectif assigné à court terme est d’atteindre l’autosuffisance
en blé dur, sachant que la production nationale en cette céréale oscille entre 90 et 95%,
et de réduire de 50% les importations de blé tendre.
Le ministre de l’agriculture a, ainsi, annoncé que l’extension des terres agricoles dans le Sud pourrait atteindre un million d’hectares, sachant que le président de la République avait souligné, lors d’une récente rencontre avec la presse nationale, que près de 9 millions d’hectares cultivables étaient disponibles entre Adrar et In Salah, révélant le potentiel encore inexploité de l’Algérie dans le domaine agricole.
Des rendements qui ne traduisent pas la consistance des surfaces dédiées à la céréaliculture
L’Algérie, qui dispose de 8,5 millions d’hectares de surface agricole utile (SAU), compte 2,6 millions d’hectares dédiés aux céréales. Mais ce n’est pas pour autant que le pays a atteint son autosuffisance en la matière. Un grand programme de développement de l’agriculture saharienne a été lancé, avec pour objectif d’y développer les grandes cultures, dont celle des céréales.
Plus de 300.000 ha de terres agricoles ont été octroyées par l’Office de développement de l’agriculture saharienne (ODAS) à des investisseurs, dans le sud du pays, entre 2022 et 2023. Le programme de développement de l’agriculture saharienne ne compte pas s’arrêter là, puisque d’autres périmètres seront dégagés au fur et à mesure.
En début d’année, le ministre de l’agriculture indiquait, lors d’une intervention sur un plateau de télévision, que 2,6 millions d’hectares sont consacrés à la culture des céréales, une surface appelée à être élargie aux « zones potentielles ». Abdelhafid Henni précisait, alors, qu’un effort supplémentaire serait concentré sur les régions où le rendement dépasse les 30 quintaux/hectare.
30 à 35 quintaux à l’hectare
En septembre 2022, un groupe de travail intersectoriel associant les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des ressources en eau a été installé dans l’objectif de renforcer la production agricole à travers, notamment, l’élargissement des capacités de stockage et l’augmentation des rendements.
Ce groupe, composé de responsables des trois secteurs et des instances et établissements sous tutelle, a reçu pour mission la nécessaire augmentation du rendement par hectare de blé et d’orge, tout en intensifiant le partenariat étranger dans l’objectif d’atteindre une moyenne de production de 30 à 35 quintaux par hectare. Et à 30 quintaux/hectare sur une superficie qui dépassera les 3 millions d’hectares, c’est carrément l’atteinte des objectifs tracés par le chef de l’Etat et relayés par le premier responsable du secteur de l’agriculture, à savoir produire 9 millions de tonnes de céréales et plus.
Porter les capacités de stockage à 9 millions de tonnes à l’horizon 2025
Et lors de sa visite, hier, dans la wilaya de Ain Defla, Abdelhafid Henni a fait état du
lancement de la réalisation de 350 centres de proximité de stockage de céréales à
l’échelle nationale d’une capacité pouvant aller de 50.000 à 70.000 quintaux, de 36
silos de stockage de céréales d’une capacité de 250.000 quintaux chacun de stockage, en
sus de la relance de 16 silos, gelés depuis 2016, portant la capacité nationale de stockage des céréales à 9 millions de tonnes avant fin 2025.
L’ensemble de ces réalisations toucheront, selon le ministre, pas moins de 44 wilayas.
Pour ce qui est du programme national de stockage des céréales, le ministre a également posé la première pierre du projet de réalisation d’un complexe stratégique de
stockage de céréales d’une capacité de 200.000 quintaux dans la commune d’ElAttaf.
La wilaya de Aïn Defla a bénéficié, dans le cadre de ce programme, de 11 centres de
stockage de céréales.