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PAR BRAHIM AZIEZ
Abdelmadjid Tebboune conduit une importante délégation composée de membres du gouvernement, de hauts responsables de l’Etat et de chefs d’entreprises publiques et privées. Il sera très certainement question, durant les rencontres bilatérales, du niveau d’avancement du second « plan quinquennal de coopération stratégique globale 2022-2026 », signé l’an dernier par les ministres des affaires étrangères des deux pays.
L’industrie, automobile particulièrement, devrait même occuper une place prépondérante, au vu des ambitions chinoises.
On se rappelle qu’en mars dernier, l’ambassadeur de la République de Chine en Algérie publiait un message vidéo dans lequel il est revenu, entre autres sujets abordés, sur la présence de constructeurs et marques chinoises en Algérie.
Il affirmait alors que « certaines entreprises chinoises démarreront bientôt leur coproduction
automobile avec l’Algérie ». Cette annonce intervenait quelques semaines après l’octroi d’agréments à 3 opérateurs pour l’importation de véhicules neufs, dont la marque chinoise JAC (qui ambitionne d’avoir son autorisation pour fabriquer des utilitaires à Aïn Témouchent).
Une trentaine de marques chinoises opéraient dans la distribution automobile en Algérie
L’arrivée des voitures chinoises sur notre marché a commencé au début des années 2000. Plus d’une quinzaine de marques chinoises étaient présentes en Algérie dans la distribution automobile, de véhicules utilitaires, de camions de petit, moyen et gros tonnages, de bus, de motocycles et scooters avant l’arrêt des importations.
A une certaine époque, plus exactement entre 2010 et 2014, les importations de véhicules chinois (tous segments confondus) tournaient autour des 75.000 unités/an, sachant que pas moins de 41.300 véhicules chinois avaient été introduits en Algérie en 2008 (sur les 357.000 importations annoncées par le CNIS), et même qu’il était question de 150.000 unités exportées vers l’Algérie en 2012 (sur les 568.610 véhicules importés).
Avec le temps, on les voit de moins en moins, contrairement aux autres voitures
qui continuent à circuler… Il est clair que les véhicules utilitaires (Mini Van surtout), les bus et les camions de petits et grands tonnages représentaient l’essentiel des importations de marques chinoises.
Il n’y a qu’à voir les camions (Shacman, CAMC, JAC, JAMC Dong Feng) qui continuent à sillonner nos routes et nos chantiers, alors que les bus Yutong continuent à transporter les voyageurs, au moment où les Mini Van (Chana, Chery, Dong Feng, Harbin) qui ont accaparé les petits métiers de la distribution sont encore là.
Les gens étaient séduits par les prix affichés, et la faiblesse du pouvoir d’achat, en l’absence du crédit à la consommation, favorisait largement l’option « chinoise ». Ceci
d’autant que, durant une certaine période, certains concessionnaires de marques chinoises proposaient carrément le crédit fournisseur avec 0% d’intérêts.
Le marché automobile chinois en «marche»
La Chine qui est devenue, en 2009, le premier marché automobile mondial a vendu plus de 23 millions de véhicules sur son marché intérieur en 2022, loin devant les Etats-Unis (13 millions). Ce sont plus de 100 marques qui se partagent cette manne inespérée.
La Chine est surtout le pays où l’électrification des flottes automobiles a pris le plus d’avance, avec 5,67 millions de véhicules électriques et hybrides vendus en 2022. Ces
derniers (véhicules électriques et hybrides) devraient représenter le 1/3 des ventes d’automobiles en Chine, soit 8 à 9 millions d’unités.
Par ailleurs, les exportations automobiles de la Chine ont grimpé de 75,7%, en glissement annuel, au premier semestre de cette année, avec 2,14 millions d’unité.
Parmi ce total, les exportations de véhicules à énergie nouvelle (électrique, hybride) se
sont élevées à 534.000 unités, contre 1,78 million de véhicules de tourisme et 361.000
véhicules utilitaires.
Aux constructeurs étrangers, le gouvernement chinois imposait de s’associer avec un constructeur local. General Motors, Volkswagen, Ford, Fiat et autres PSA Peugeot Citroën dominaient à une certaine époque les constructeurs chinois sur leur propre sol.
Pour « acquérir » plus de notoriété, les constructeurs chinois rachetaient des marques étrangères en difficulté pour profiter de leur label et surtout de leur savoirfaire et du transfert de la technologie, comme cela a été le cas de SAIC avec MG Rover, de Geely avec Volvo, ou encore de BAIC (Beijing Automotive Industry Corporation) avec Saab. Et dire qu’en 2000, le marché chinois pesait à peine 2 millions de véhicules/an…
Les véhicules chinois envahissent le monde
Où vont ces véhicules ?
Traditionnellement, les exportations de voitures chinoises trouvent preneur dans les pays émergents, pour ne pas dire sousdéveloppés ou en voie de développement. L’Afrique, une partie du Moyen-Orient et de l’Asie, et à un degré moindre la Russie et l’Amérique du Sud (Chili et Brésil) restent leurs destinations favorites. Depuis quelques années, les Etats-Unis et l’Europe voient arriver des marques chinoises, particulièrement dans l’électrique où les
constructeurs chinois ont pris une sérieuse avance.
Plus récemment, la Russie est devenue l’eldorado des constructeurs chinois avec les départs de Renault, Toyota et Hyundai. La marque Moskvitch a été ressuscitée grâce à la fabrication de modèles chinois sous licence, le SUV X-Cross 5 qui est, en réalité, une FAW Besturn chinoise.