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À l’heure de l’évolution des marchés énergétiques, renforcée par des prévisions encore plus optimistes sur la hausse de la demande sur ces combustibles gaz et pétrole, l’Algérie demeure la clé de la réussite des programmes de transformation des pays de la Méditerranée en nouveaux hubs énergétiques.
PAR ABDELLAH B.
En effet, après l’Italie qui a fondé sa nouvelle politique énergétique sur un soutien conséquent de l’Algérie, la Turquie affiche également ses ambitions pour concurrencer l’Italie en se transformant en un nouveau hub énergétique dans la région. Elle tourne également ses regards vers l’Algérie, connue pour son statut de fournisseur « fiable » avec un fort potentiel en ressource naturelle.
En fait, cette question a été abordée hier par le président turc Tayyip Recep Ardogan depuis la Russie où il était en visite d’Etat. Selon l’agence russe Sputnik, « plusieurs pays européens, dont la Bulgarie, la BosnieHerzégovine, la Hongrie, la Macédoine du Nord, la Roumanie et la Serbie, ont déjà manifesté leur intérêt pour l’acquisition de gaz naturel via le nouveau centre de distribution », d’après le ministre turc de l’énergie, Fatih Donmez.
Selon ce dernier, « l’Algérie, l’Azerbaïdjan, le Qatar et d’autres pays pourraient également vendre du gaz via le nouveau hub ». Dans ce sens, la Turquie se présente comme une porte d’entrée du gaz algérien à l’Europe de l’Est, même si pour l’instant l’Italie reste la voie traditionnelle pour l’exportation du gaz algérien vers l’Europe, notamment vers la Slovénie et d’autres pays dans la région.
Désormais, les deux pays affichent des ambitions pour la distribution du gaz algérien dans les régions où l’Algérie est déjà présente. En fait, le marché turc est d’une importance capitale pour l’Algérie, notamment pour le GNL dont les exportations sont de l’ordre de 5 milliards m3, suivi de la France avec près de 4,8 milliards de m3 et l’Italie pour l’équivalent de 1,5 milliard de m3.
Pour ce qui est de l’Italie, l’Algérie domine les importations de ce pays européen en gaz
naturel et accroît davantage ses exportations en GNL durant l’année en cours pour
l’alimentation des quatre stations de regazéification après la réduction drastique des
importations du gaz russe.
De ce fait, la demande sur le gaz algérien dans ces deux pays devrait augmenter davantage dans les années à venir pour leur permettre de réaliser leurs ambitions sur le terrain. À cet effet, l’Italie comme la Turquie travaillent davantage pour le renforcement de la coopération énergétique avec l’Algérie, ce qui s’est confirmé lors des dernières visites officielles entre les hauts responsables des pays concernés.
Si la bataille du gaz naturel a été déjà remportée par l’Italie qui envisage de non seulement de renforcer les capacités de transport du gazoduc Transmed mais aussi par l’étude d’un nouveau projet de gazoduc pour le transport à la fois du gaz et de l’hydrogène depuis l’Algérie, celle du gaz liquéfié reste toujours ouverte à toute concurrence entre ces deux pays européens où chacun veut jouer un rôle important dans la nouvelle carte énergétique mondiale qui se dessine.