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Face à l’agression sioniste barbare dont fait l’objet Ghaza, le ministre des affaires étrangères Ahmed Attaf a fait part hier, devant la ligue arabe, de la solidarité « incommensurable » de l’Algérie avec le peuple palestinien « courageux », exprimé sa ferme
condamnation des attentats criminels dont il fait l’objet et réitéré sa demande d’une intervention urgente des organisations internationales pour protéger les civils palestiniens.
PAR AMAR R.
Lors d’une réunion d’urgence des ministres du conseil de la ligue des États arabes sur la Palestine, au Caire, Attaf a souligné que l’initiative du président de la République visant la réunification des rangs palestiniens s’impose comme « une nécessité urgente et un devoir vital, au regard de la conjoncture actuelle », notamment l’agression sioniste barbare.
Pour autant, il a rappelé les trois objectifs fondamentaux de l’initiative du président de la République, à savoir « supprimer le prétexte de la division pour geler le processus de paix et le faire tomber dans l’oubli » et « convaincre la communauté internationale de la volonté palestinienne d’avancer sur le chemin de la paix ». Enfin « renforcer l’influence palestinienne sur le cours du processus de paix et exhorter la communauté internationale à garantir efficacement ses droits internationalement reconnus ». Dans son discours, le chef de la diplomatie algérienne a appelle « la communauté internationale à reconnaître un ensemble de vérités choquantes qu’on ne peut occulter ».
Un peuple à bout de patience
La première réside dans le fait que « le peuple palestinien en a assez de l’état d’indifférence internationale face aux persécutions, à l’injustice et à la tyrannie dont il souffre, et qu’il est à bout de patience après avoir gaspillé plus de soixante-quinze ans d’attente pour pouvoir exercer ses droits nationaux légitimes, inaliénables et imprescriptibles pour établir son Etat indépendant, avec sa capitale, Al-Qods Al-Sharif ».
La deuxième est liée à « la terrible absence de la question palestinienne parmi les priorités de l’agenda diplomatique international, qui a renoncé à ses responsabilités et s’est soustrait à ses devoirs, et qui n’a enregistré aucune initiative sérieuse en faveur de la paix au cours des deux dernières décennies. Il ne fait aucun doute que la communauté internationale n’a pas tiré les bonnes conclusions lorsqu’elle a conclu, à tort, que la paix au Moyen-Orient n’est plus une priorité absolue, une préoccupation majeure ou un besoin urgent ».
La troisième vérité réside dans « le déclin remarqué des perspectives et des opportunités de mise en œuvre de la solution à deux États sur le terrain, à la lumière de l’occupation et de l’annexion continues des terres palestiniennes et de la construction de davantage de colonies sionistes aux dépens des résidents palestiniens d’origine ».
Les mauvais calculs des sionistes
Le quatrième fait est représenté par « les politiques racistes odieuses que l’occupation sioniste continue d’imposer dans la ville occupée de Jérusalem et dans ses efforts pour effacer l’identité de cette ville sainte et changer le statu quo en falsifiant les faits et en changeant les noms : le grand projet de judaïser Al-Qods ».
La cinquième vérité réside dans « les tentatives délirantes et absurdes de séparer les questions de paix au Moyen-Orient et la question palestinienne, d’une manière qui contredit les faits historiques et les principales références pour résoudre le conflit israélo-arabe, y compris les résolutions de légitimité internationale et l’initiative de paix arabe, qui confirment toutes que la réalisation de la paix au Moyen-Orient reste tributaire de la garantie d’une solution juste et durable à la question palestinienne ».
Cela dit, en abordant l’agression barbare dont font l’objet le peuple palestinien et les habitants de Ghaza de la part de l’occupant sioniste, Attaf a estimé que ce dernier « pensait, à tort et de manière illusoire, que le peuple palestinien est un peuple vaincu, qu’il s’est abandonné au statu quo et qu’il est un peuple qui a accepté, forcé et contraint, les horizons bouchés ». Mais « l’occupant a mal calculé et mal jugé », dit-il.
« Nos cœurs se brisent de tristesse, de douleur et de chagrin face aux scènes de crime, de meurtres et d’abus contre des civils palestiniens, et devant certaines positions internationales honteuses qui refusent de rendre justice à ce peuple fier en oubliant ou en négligeant le cœur de tout le conflit et en niant et ignorant la nature de l’occupation sioniste », ajoute-t-il.
Devant ses pairs arabes, Ahmed Attaf a souligné cet impératif, en affirmant : « Nos peuples arabes concentrent leurs regards sur nos délibérations et attendent de notre part une position unifiée, une position qui rétablisse le respect des principes de la nation arabe dans le soutien de sa cause centrale. »
« Une position qui, dit-il encore, dénonce les doubles standards dans les relations de la communauté internationale avec la cause la plus juste de la planète. » S’agissant du siège imposé à Ghaza par l’occupant sioniste, il a souligné le devoir de la ligue arabe de « mobiliser tous les organes internationaux compétents, y compris les organes judiciaires, afin de prévenir et de mettre fin à ces politiques, comportements et pratiques restreints ».
Selon lui, il incombe au groupe arabe d’agir sur deux fronts : l’intensification des efforts pour fournir une protection internationale au peuple palestinien et l’effort collectif pour relancer le processus de paix sur la base de références claires définies par la légitimité internationale.
A. R.