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34 ANS APRÈS de la découverte de cette réserve de 34 millions de tonnes de zinc à Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, par des experts algériens, les pouvoirs publics ont décidé enfin de la mise en exploitation de cette mine. La date de début des travaux de réalisation de la première phase du projet est fixée pour le 1er novembre de l’année en cours.
Pour un investissement global de 471 millions de dollars, l’exploitation de cette mine, découverte en 1989, considérée comme l’une des plus importantes dans le monde, permettra une production de 2 millions de tonnes par an, dont 170.000 t de zinc
et 30.000 t de plomb. Pour la réalisation de ce projet structurant, une société mixte algéro-australienne Western Mediterranean Zinc (WMZ), dont le groupe public Sonarem et ses filiales détiennent 51% des actions de la société et 49% pour l’australien Terramin.
Le gisement est d’une durée de vie de 19 ans, dont les trois premières années seront
consacrées à l’installation de l’infrastructure nécessaire pour le fonctionnement de la mine et l’unité de traitement du minerai et sa transformation en concentré destiné à l’utilisation sur le marché national ou à l’exportation. En fait, après l’entrée en phase d’exploitation et production sur une durée de vie de 17 ans, la mine aura un impact important sur le développement économique du pays, et ce, en raison de la hausse des prix de ces produits sur un marché international qui souffre d’un manque crucial en matière d’offre.
D’après les observateurs, les réserves mondiales du zinc sont de l’ordre de 285 millions de tonnes, avec une extraction annuelle de 13 millions de tonnes de produit indispensable à la transition énergétique et l’industrie numérique.
Hausse des prix sur le marché international
La raréfaction de ce produit s’est traduite sur le marché par une hausse soutenue du prix de la tonne de zinc qui dépasse légèrement la barre des 2500 dollars sur le marché boursier. Pour ce qui est du plomb, le prix avoisine 2000 dollars la tonne. En d’autres termes, l’entrée en exploitation de ce gisement aura un apport important pour l’économie nationale avec une valeur ajoutée appréciable et une participation à renflouer les caisses de l’Etat, au moment où le pays cherche à diversifier ses ressources en devises et ne pas compter uniquement sur la rente pétrolière pour répondre aux besoins du pays en matière de développement.
Evoquant l’importance de ce projet inscrit sur la liste des priorités du gouvernement, aux côtés de l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet et celle de phosphate intégré, le ministre de l’énergie et des mines indique que l’entrée en exploitation de ce projet donnera un nouveau visage à la région, à travers le renforcement de « l’activité économique dans la région, notamment en matière d’industrie de transformation ».
En intervenant sur l’impact des projets miniers sur le développement local et national, Pr Aïssa Mouhoubi de l’université de Béjaïa estime que de nombreuses nations avancées se sont appuyées sur le secteur minier pour le développement de leur économie et le développement local. Pour étayer ses dires, ce dernier affirme que « de nombreuses grandes villes dans le monde ont été construites au tour des mines.
La ville de Røros en Norvège construite autour de mines de cuivre, Kiruna en Suède, autour de mines de fer, Sudbury au Canada, autour des mines de cuivre et de nickel… Cela pour dire que le développement du secteur minier impacte à la fois l’économie des nations et
participe au développement local et l’amélioration du niveau de vie des citoyens ».
Pour les responsables de la société chargée de l’exploitation de la mine, ce projet va créer
720 postes d’emploi directs et 4000 postes d’emploi indirects.