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PAR ABDELLAH B.
Dans une conjoncture de crise d’approvisionnement et de tensions géopolitiques, la sécurisation des approvisionnements reste la seule et l’unique préoccupation des consommateurs. Dans ce sens, l’Algérie et le RoyaumeUni ont signé l’un des plus importants contrats de livraison de GNL pour un volume de 3 millions de tonnes, et ce, à partir de 2029.
Un accord qui offre à Sonatrach un accès assuré au plus grand terminal d’importation de GNL en Europe, ce qui « contribue à renforcer la stratégie de commercialisation à long terme de Sonatrach en termes de diversification de ses marchés », indique le communiqué du groupe public. En fait, la Grande-Bretagne, qui figure actuellement dans la queue des
clients de l’Algérie sur le continent européen, verra son rang propulsé pour devenir l’un des plus importants acheteurs du GNL algérien aux côtés de la Turquie, de la France, de l’Italie et de l’Espagne.
Un accord a été signé avec la société britannique Grain LNG d’une durée de dix années qui prolongera la capacité de stockage et de re-livraison à long terme de Sonatrach au niveau du terminal de Grain LNG, et ce, à partir de janvier 2029, annonce Sonatrach dans son communiqué en ajoutant qu’ »il s’agit du premier accord portant sur une capacité d’importation de 125 GWh/j (équivalent à 3 millions de tonnes par an de GNL), issu du processus d’enchères concurrentielles initié par Grain LNG, lancé en septembre 2023. La fructuosité de ce processus d’enchères garantit l’avenir du plus grand terminal d’importation de GNL en Europe pour la prochaine décennie.
En fait, la demande sur le GNL algérien depuis la crise ukrainienne a été renforcée par le conflit qui prévaut actuellement en mer Rouge et remis sur le tapis la sécurisation des approvisionnements d’une part et la sécurité des méthaniers de l’autre. En s’exprimant sur ce point, Katie Jackson, présidente de National Grid Ventures, qualifie cette étape de
« majeure » dans la garantie de la sécurité énergétique du Royaume-Uni. « Les importations de GNL jouent un rôle essentiel pour garantir que le Royaume-Uni puisse disposer du gaz dont il a besoin, quand il en a besoin, en fournissant un approvisionnement flexible et fiable en gaz. »
L’orientation de la politique énergétique européenne vers le GNL offre donc des perspectives encourageantes pour le développement de cette filière en Algérie. Une manière de renouer avec les performances du passé, où l’Algérie était l’un des plus grands
acteurs sur le marché mondial. Une position que le pays s’efforce de reprendre dans les années à venir, et ce, après avoir détrôné le Nigeria pour devenir l’an dernier le premier exportateur de GNL en Afrique. Selon les dernières données du forum des pays exportateurs de gaz, les exportations algériennes de GNL ont atteint un niveau record durant l’exercice dernier avec une croissance de l’ordre de 26% en 2023, et ce, en comparaison avec l’année 2022 pour atteindre un volume de 13 millions de tonnes.
Par ailleurs, et pour faire face à la nouvelle donne qui caractérise l’évolution du marché gazier international et qui se dirige graduellement vers le GNL comme l’une des plus importantes sources d’énergie, l’Algérie accorde au développement de cette branche un intérêt aussi particulier. Pour le moment, le pays qui utilise actuellement près de 50% de ses capacités de production, de l’ordre de 30 millions de tonnes par an, affiche des ambitions pour passer la vitesse supérieure et s’imposer sur le marché international comme un acteur clé en approvisionnement du GNL, combustible indispensable pour la transition énergétique mondiale.