Par Kamel Mohamed
« Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s’il n’eût jamais existé. ». (Ibn Sina).
La ville Dans l’Histoire !
L’histoire d’une ville n’est guère une mince affaire. Elle est le vécu de plusieurs générations ; elle est sa mémoire ; elle est aussi sa généalogie ethnique et culturelle, elle fixe l’expérience de la vie à travers l’espace et le temps avec tout ce qu’elle peut comporter.
Depuis la haute antiquité, Annaba fût l’une des régions les plus convoitées par des envahisseurs venus de tous les coins de la Méditerranée. Sans cesse, elle fût le théâtre d’évènements dramatiques causés par les conquêtes et les invasions sauvages répétitives dont elle a été témoins depuis des millénaires. Hippone n’a pas connu de répit face aux multiples agressions perpétrées contre elle, du bassin Méditerranéen, attirées par sa riche plaine, où pousse le blé, l’olive et la vigne.
D’aucuns de ses occupants n’a eu un vrai champs d’action de bâtisseur, leur seul but était les richesses de son sol, ô combien généreux et fertile, sans oublier son climat doux et clément, où la nature semble avoir réuni tout ce qu’elle peut donner en bien, à la plaine d’Annaba.
Pour revenir au passé de la région, Annaba, par sa longue et riche histoire, il serait fastidieux de narrer sa tumultueuse épopée à travers les âges, plusieurs fois millénaires, en quelques lignes. D’une importance stratégique, la ville a connue bien des conquêtes, une présence phénicienne, carthaginoise, romaine, vandale, byzantine ainsi que plusieurs dynasties musulmanes…
Donc, survoler l’histoire de la ville et de sa région qui remonte à la nuit des temps, avant même l’apparition des premiers navigateurs de l’antiquité qui traversaient d’un bout à l’autre la Méditerranée. C’est à la fin du tertiaire, et au début du quartenaire que la région d’Annaba a connu la présence de l’homme. C’est à cette époque que la partie Nord de l’Afrique subit une alternance de périodes plus sèches. C’est probablement ce climat doux, favorable à la végétation, qui attira les premiers habitants de l’Algérie en général et de la région d’Annaba en particulier….Fondée en 1295 avant J.C, sous les noms d’Ubon, Hippone, Bouna, Bled El Aneb, Bône avant de prendre le nom sous lequel on la connaît aujourd’hui Annaba. La ville Bouna Al Haditha (Bouna la neuve). La nouvelle ville s’installe sur une hauteur de 40 mètres environ d’altitude, à la différence de l’antique qui se trouve dans le plat (1 à 3 mètres d’altitude) ; et dès 1040 environ la ville s’entoure de remparts pour renforcer sa défense naturelle. Les Sanhadjas, qui la fondent, en font un poste de défense et de surveillance de cette double-frontière terrestre et maritime. Parallèlement à cette fonction, Bouna va être aussi un port d’échanges commerciaux. Cette double fonction, la ville la garde sous les Muwahidines (XIIème siècle), sous les Hafsides (XIIIème au XVème siècle), et sous les Deys (XVIème au XIXème siècle). C’est aussi cette fonction qui l’expose aux agressions, dont la plus importante est celle des espagnols de Charles Quint, qui occupent la citadelle d’Annaba de 1535 à 1540. Dès cette date, la ville et sa région sont incluses dans les limites de l’Algérie moderne. Bouna (Bona) est parée d’un nouveau qualificatif : « Madinat Al Unnab », ou Annaba qui se substitue progressivement à son ancien nom, surtout à la fin du XIXème siècle et aujourd’hui. La fonction de point d’échanges commerciaux, notamment avec l’étranger, fait d’Annaba et sa région une des assiettes de l’établissement de concessions commerciales européennes, prémices de la colonisation. C’est en avril 1832 qu’Annaba est définitivement investie et prise par l’armée d’invasion coloniale. Cette période émaillée par une longue résistance de 1832 à 1850, et puis surtout par le combat nationaliste qui prend fin en juillet 1962.
Les paysages d’Annaba : Seraïdi et ses environs, forêts, côte, montagnes, plages……Enfin des paysages si chers aux Annabis et des destinations de villégiature par excellence.
Situées au Nord du chef-lieu d’Annaba, sur les hauteurs du massif de l’Édough, elles confortent les assises de cette ville, de cité balnéaire. Réputée pour ses sources d’eau, perché à 900 m d’altitude, un cadre paradisiaque, il n’y a qu’a….
















Naturellement dotée de tous les atours d’un paradis touristique, la wilaya de Annaba pourra-t-elle devenir réellement un jour la destination balnéaire d’excellence ?
Malgré les retards accumulés, pour des raisons essentiellement bureaucratiques, depuis la fin des années 80, et au vu de l’engouement affiché par bon nombre d’investisseurs pour le secteur du tourisme, on est en droit d’affirmer que le rêve peut se réaliser, pour peu que chacun y mette du sien, à commencer par les responsables de la direction locale du tourisme et de l’artisanat, qui devront impérativement sortir des sentiers battus en faisant en sorte que le fameux Plan d’expansion touristique (PET), mis sous le coude depuis maintenant une dizaine d’années soit enfin validé.
D’aucuns parmi les professionnels du secteur se demandent pourquoi les zones d’expansion touristique de Chetaïbi et de la corniche de Annaba ne voient pas le jour alors que partout dans le pays des stations balnéaires et thermales sont lancées ? Il reste que, dans cette wilaya, le minimum est assuré par une poignée de promoteurs, qui ont mis la main à la poche pour se lancer dans l’aventure avec plus ou moins de bonheur.
Ainsi, on dénombre pas moins de 45 infrastructures touristiques importantes, dont 13 hôtels classés, concentrés pour la plupart au chef-lieu de la wilaya et offrant au total quelque 4 600 lits. Ceci alors que 18 projets d’hôtels et de chalets et de complexes à même de renforcer le parc hôtelier de la wilaya de plus de 2 500 autres lits sont en cours de réalisation à Seraïdi et Chetaïbi.
S’agissant du standing et de tourisme d’affaires, il y a lieu de signaler que la ville de Annaba dispose d’un hôtel de la chaîne Sheraton, en pleine exploitation depuis maintenant trois années, de l’hôtel Seybouse International, réhabilité et modernisé, travaux entamés en 2017 et l’hôtel Sabri, qui a réussi à se bâtir une réputation.
Ceci dit, la wilaya de Annaba avec sa façade maritime longue de 122,5 km, son plan d’eau ansé de 1 346 km2, ses plages urbaines et son relief montagneux et boisé, auxquels il faut ajouter la corniche du cap de Garde, la baie Ouest de Chetaïbi et la grande plage de Oued Boqrat offre les meilleures opportunités touristiques qui soient. Il est clair que si tous les moyens étaient mis pour promouvoir le tourisme interne, qui allierait qualité de service et prix, en sus de la sécurité ; on pourrait retenir ici les centaines, voire les milliers de familles qui se ruent littéralement chaque été vers les hôtels du pays voisin.























Ville côtière au Nord-Est d’Algérie, elle s’étend sur 80 km de littoral. Elle est traversée par deux rivières importantes : Seybousse et Beijima. Cette irrigation et son terrain plat confèrent à la ville d’Annaba un fort potentiel agricole, forestier, minier et industriel. Elle dispose d’une grande gare de chemin de fer, une gare routière, un port commercial et un aéroport international.
Annaba est connue pour être une ville accueillante, hospitalière, tolérante et touristique très appréciée par les visiteurs qui lui ont donnée le nom affectif de « la coquette » possédant un centre-ville très animé, un front de mer et une corniche qui a gardé toute son authenticité.
Sites à visiter et lieux d’intérêt :
- La Casbah d’Annaba
- La Mosquée de Sidi Bou MerouaMerouane
- Le cours Bertagna, cours de la Révolution
- Le musée d’Hippone
- Plages et corniche
- Parc national d’el Kala (périphérie)








