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PAR AMAR R.
Devant le conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de l’Algérie, Amar Bendjama, a mis dans l’embarras les EtatsUnis en soumettant au vote une résolution exigeant le cessez-le-feu humanitaire « immédiat » à Ghaza, qui l’a poussé à user de son droit de veto pour contrecarrer le projet présenté par l’Algérie. En présentant ce projet, qui a récolté les voix de treize pays membres du conseil de sécurité, dont trois membres permanents, tandis que le Royaume-Uni s’est abstenu, l’Algérie en sort victorieuse auprès de tous les peuples épris de paix dans le monde, car elle a prouvé sa fidélité aux principes de soutien à l’autodétermination des peuples.
Mais pour les Etats-Unis que ce vote a fait sortir du bois, leur responsabilité est on ne peut mieux mise en relief dans la poursuite de la guerre en cours à Ghaza.
La responsabilité du CS mise en évidence
Aussi, l’échec du conseil de sécurité de l’ONU à établir une fois de plus un cessez-le-feu immédiat à Ghaza ne le dispensait pas de ses devoirs envers le peuple palestinien sans défense, a indiqué hier Amar Bendjama, le représentant permanent de l’Algérie auprès des nations unies. Dans un discours qu’il a prononcé après la séance de vote, Bendjama n’y est pas allé de main morte pour appeler les Etats-Unis à revoir leur politique vis-à-vis de la situation à Ghaza, en soulignant que « quiconque fait obstacle au cessez-le-feu immédiat à Ghaza doit revoir sa politique et ses calculs, car les mauvaises décisions d’aujourd’hui entraîneront demain des conséquences pour notre région et le monde, la violence et l’instabilité ».
Le diplomate a souligné que les peuples de la région considéraient et continuent de
considérer le conseil de sécurité comme le symbole de la légitimité internationale et qu’en retour, ils regrettent qu’il leur ait encore une fois fait défaut. Et d’ajouter : « Notre message pour vous aujourd’hui est que la communauté internationale doit répondre aux demandes
visant à mettre fin aux attaques visant les Palestiniens, en exigeant un cessez-le-feu immédiat. »
A la fin de son discours, Bendjama s’est adressé aux membres du conseil de sécurité de l’ONU en affirmant : « Nous enterrons ce soir nos martyrs en Palestine, et l’Algérie reviendra demain au nom de la nation arabe et islamique et du peuple libre du monde, et avec nous se trouvent les vies de milliers de personnes innocentes que l’occupant israélien a enlevées sans rendre de comptes ni punition. »
L’Algérie frappera à nouveau aux portes du conseil de sécurité
Il s’est également engagé à frapper à nouveau aux portes du conseil de sécurité pour mettre fin au bain de sang en Palestine, ajoutant : « Nous ne nous arrêterons pas tant que ce conseil n’aura pas assumé toutes ses responsabilités et appelé à un cessez-le-feu, car nous avons des âmes infatigables et une détermination inébranlable. » En présentant le projet de résolution « fruit de discussions approfondies », Bendjama a anticipé la réponse des Etats-Unis, soulignant que le conseil de sécurité ne peut pas tolérer la passivité face à ce qui se passe à Ghaza, et déclarant son rejet des appels pour donner du temps à une voie parallèle. Un propos qui se veut une réponse adéquate, en usant d’un langage juridique et diplomatique, à l’endroit de l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des nations unies, Linda Thomas-Greenfield, qui a usé de son veto contre le projet de « cessez-le-feu immédiat » à Ghaza et présenté un projet de résolution alternatif portant sur un « cessez-le-feu temporaire ».
Ce qui a donné lieu à un chaud débat qui a émaillé l’avant et après vote de la résolution présentée par l’Algérie appelant à un cessez-le-feu immédiat pour des raisons humanitaires contre lequel les Etats-Unis d’Amérique ont utilisé leur droit de veto. Et ce, contrairement à la Chine et à la Russie. Cette dernière a défendu le projet de l’Algérie affirmant qu’il est « fort et équilibré », alors que le roi de Jordanie a souligné le « soutien de Amman à l’Algérie dans la réussite de ses efforts au conseil de sécurité d’une manière qui sert les questions arabes, au premier rang desquelles la question palestinienne ».
Le roi de Jordanie a salué dans ce sens « les efforts diplomatiques » de l’Algérie pour parvenir à un cessez-le-feu à Ghaza.
A. R.