Six artistes algériens ont été lauréats d’un programme de résidence d’artistes à la Cité des Arts de Paris après une rude sélection auprès de jurys constitués d’experts et de professionnels du monde artistique.
Ce programme de résidences croisées, de création et de recherche, s’adressait aux
artistes visuels, musiciens, et écrivains algériens travaillant et résidant en Algérie.
Les heureux élus du programme bénéficieront pendant quatre mois d’une résidence de recherche
entre la Cité internationale des arts à Paris et la Friche la Belle de Mai à Marseille – en
collaboration avec l’AM.I, Triangle – Astérides, centre d’art contemporain d’intérêt national et
Fraeme – ou la Fondation Camargo à Cassis, d’un accompagnement professionnel et artistique,
d’une bourse de vie, d’une prise en charge des frais de transport durant la résidence et d’une aide à la production.
Arts visuels
Ahmed Merzagui
Né en 1993 à Tlemcen, Ahmed Merzagui est un artiste visuel algérien qui développe une pratique multidisciplinaire, esthétiquement éclatée et hétéroclite basée sur la photographie, la vidéographie et les médias mixtes, souvent portée par une approche réflexive philosophique, psychologique et introspective.
Au fil d’un parcours hybride (médecin, artiste et administrateur de projets de développement) et de diverses pratiques expressives, l’artiste questionne une réalité considérée prima facie comme multiple, diverse et dissonante. La réalité d’un monde apparenté à une scène en perpétuel changement, que nous devons en tant qu’êtres humains, documenter, reporter, décrire ou raconter à nos semblables à des fins existentielles, donnant ainsi notre vision, indubitablement subjective, mais toujours unique et intéressante, de cette peinture aux infinies facettes qu’est la Réalité.
Ahmed Merzagui travaille actuellement sur divers projets autour de réflexions personnelles, sociales, historiques et identitaires. Il tentera lors de sa résidence à la Cité internationale des arts de questionner la vision, la perception et la relation entre l’Algérie et la France à travers les multiples réalités humaines qu’elle implique.
Mouna Sara BENNAMANI AGRAIN
Née en 1989, à Alger, Mouna Bennamani est une artiste plasticienne pluridisciplinaire. Initialement diplômée de l’Ecole Nationale Supérieur du Tourisme et Sauvegarde du Patrimoine d’Alger, elle poursuit ses études en licence en arts visuels à l’Ecole Supérieure des Métiers des Arts et de la Culture d’Aix en Provence. En 2017, elle est sélectionnée par SciencesPo Paris pour le programme « Femmes d’Avenir en Méditerranée » ou elle y développe ses connaissances sur les questions du rapport des arts à la politique et à la société ainsi que la place des femmes dans cette dernière. En février 2022, elle est finaliste de la troisième édition du concours d’art international « Emerging painting invitational prize (EPI) » à Cap Town en Afrique du sud.
Son parcours artistique se traduit par plusieurs expositions en Algérie et dans le monde entier, comme l’Encuentra Internacional del Arte Mediterraneo d’Alicante, à New York, pour l’exposition Waiting for Omar Gattlato à la Wallash Art Gallery, ou encore, en Afrique du Sud, en France et au Japon. Ses préoccupations artistiques tournent autour de l’étude du corps au prisme de la question du genre, de sa représentativité, et de son interaction avec son espace physique et social.
A l’occasion de sa résidence à la Cité internationale des arts, Mouna Bennamani présentera le projet Retour à l’anormal qui se veut reportage plastique, témoignage visuel de sa propre expérience médicale et sociale, interrogeant la question de la norme, mais aussi, tentant de se réapproprier son nouveau corps, une normalité qui lui est encore inconnue.
Au cours de cette résidence, elle développera, dans sa création, un
nouvel espace narratif à travers le champ de l’immersion, une démarche transversale croisant l’image, l’objet et l’espace. Des œuvres frontières, hybrides.
A travers ce projet, l’artiste cherche à explorer la connexion étrange entre ses œuvres antérieures et sa malformation. En transformant cette épreuve en une expérience artistique dans un geste cathartique.
Ecritures
Samira NEGROUCHE
Samira Negrouche est poète et traductrice de poésie arabe. Elle a publié plusieurs livres dont L’opéra cosmique en 2003 et Iridienne en 2005. Elle est également médecin.
Née à Alger , le 13/09/1980, Samira Negrouche est une jeune poète vivant à Alger où elle travaille dans le milieu médical et milite au sein d’associations culturelles et littéraires. Auteure de trois recueils de poésie Faiblesse n’est pas de dire, L’Opéra cosmique et À l’ombre de Grenade, elle a aussi assuré diverses traductions de l’arabe vers le français en poésie, nouvelles et roman. Elle a également réalisé des essais de travaux interdisciplinaires avec le théâtre, la vidéo, la photo et les arts plastiques. Ses textes sont traduits dans une vingtaine de langues et publiés dans plusieurs pays.
Samira Negrouche a publié le 05/04/2019 ” Quai 2|1, Partition à trois axes ” aux éditions Mazette.
Lynda CHOUITEN
En septembre 2009, Lynda Chouiten décroche une bourse du gouvernement irlandais et part à Galway (Irlande) préparer une thèse de doctorat en littérature. Après un séjour de trois ans, elle rentre, diplôme en poche, à Tizi-Ouzou, sa ville natale et reprend son poste d’enseignante à l’université de Boumerdes. Elle est l’auteur de plusieurs articles et de deux livres à caractère académique : une étude de l’oeuvre d’Isabelle Eberhardt et un ouvrage collectif sur l’autorité. Son premier roman, Le Roman des Pôv’Cheveux, paru en 2017, a été finaliste des prix littéraires Mohammed Dib et L’Escale d’Alger.
Elle a été lauréate du grand prix Assia Djebar 2019 avec son roman “Une Valse”.
Musiques
Aboubakr MAATALLAH
Boubakr Maatalla est musicien compositeur arrangeur et directeur musical, avec un parcours assez atypique, mi académique mi autodidacte ce qu’il lui a donné une polyvalence et a forgé sa personnalité artistique, il commence par une formation en guitare Classique en 1999 a l’école FOUNOUN a Blida puis le conservatoire
d’Alger et enfin une année de clarinette à l’IRFM d’Alger, pour continuer après en autodidacte. Convaincu que l’émotion est le moteur du langage musical et c’est ce qui fait son universalité, il la place au cœur de
ses projets et recherches, pour aborder plusieurs thèmes comme la liberté, l’identité et le vivre ensemble. En 2013 il sort avec son groupe TARBA3T l’album « mina el chaab w aila chaab » (par le peuple et pour le peuple), il enchaine après plusieurs projets et collaborations avec des artistes et musiciens de différents horizons, ces rencontres et échanges ont nourri et continuent de nourrir ses propres réflexions et sont souvent l’occasion de découvrir de nouvelles manières d’aborder ses propres projets artistiques.
Il a par ailleurs réalisé le clip pour Mobilis à l’occasion des jeux méditerranéens.
Nazim BAKOUR
Nazim Bakour est un musicien de session, guitariste, compositeur et arrangeur très impliqué et engagé dans la promotion de l’Afro-culture et de la création émanant du continent africain.
Multi instrumentiste autodidacte, Nazim Bakour est devenu musicien professionnel depuis 2010, à la fois dans la vie et en session. Il a collaboré dans divers projets artistiques algériens et internationaux,
ayant tourné plusieurs fois en Algérie et sur le continent Africain (Ouest, Est et Nord Afrique) ainsi que dans d’autres parties du monde.
Musicien ouvert d’esprit et éclectique, Nazim Bakour ne se définit pas par un style de musique spécifique, bien qu’il ait été très tôt sensible aux musiques de son continent, notamment la musique sub- saharienne et ouest-africaine, puis à la musique afro-brésilienne et ensuite au jazz, ainsi qu’à la passion de l’improvisation. Il a toujours suivi la musique qu’il considère comme pure, authentique et sincère.
By OUSSA Nam,
sources:
Babelio, https://www.babelio.com/auteur/Lynda-Chouiten/490058; https://www.babelio.com/auteur/Samira-Negrouche/102467
Cité des Arts de Paris,