À l’occasion du 67e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, le journaliste spécialiste des questions historiques Boukhalfa Amazit a estimé que cette date historique est l’une des dates fondatrices du pays, insistant pour dire que «notre Histoire n’est pas à marchander».
Invité de la rédaction de la Chaîne 3, le journaliste a précisé que le peuple algérien «plante ses racines loin dans le passé et toutes les dates mémorielles sont liées les unes aux autres». Et de poursuivre : «Nous sommes le résultat d’une très longue histoire et non pas d’un séisme ou d’un cataclysme.»
Le 1er Novembre 1954 est une date glorieuse parce que «nous avions prouvé encore une fois que nous pouvions survivre à toutes les adversités», a-t-il soutenu. C’est une histoire du colonisateur et du colonisé comme l’avait déjà décrit Frantz Fanon et «réduire la guerre de Libération nationale et la Révolution à un simple conflit entre la France et l’Algérie, c’est mentir à l’Histoire», selon l’invité de la radio qui a révélé qu’en 1962, l’empire du colonialisme français s’est écrasé en Algérie.
Abordant les crimes, les spoliations et les atrocités qui ont été commis en Algérie, M. Boukhalfa Amazit a expliqué que cela fait partie de la nature même du colonialisme, «car il s’impose par la violence», avant de revenir à 1830, lorsque les Français avaient débarqué en Algérie. «Ils ont progressivement occupé la terre, et c’est à partir de 1840 qu’ils avaient appliqué la politique de la terre brûlée». Et de soutenir : «Ça a commencé par la violence extrême et ça s’est terminé dans la violence.» En donnant des exemples sur les événements d’Octobre 1961 à Paris. La connaissance de l’Histoire et son enseignement ne doivent en aucun cas faire l’objet d’un tri qui privilégie une période au détriment d’une autre. Prenant à témoin les déclarations du Président Abdelmadjid Tebboune qui avait rappelé qu’Alger ne réclame «pas de la repentance» mais une «reconnaissance» des crimes perpétrés en 130 ans de colonisation française, l’invité de la radio a souligné que par ces déclarations, le Président «voulait mettre fin à une conception étrange de l’Histoire qui se négocie». Pour le journaliste, «on devrait ouvrir des tribunaux pour certaines questions très importantes telles que les disparus durant la guerre de Libération», précisant par la même occasion que la question des harkis est «une affaire franco-française qui ne nous concerne pas».
Poursuivant ses explications, M. Boukhalfa n’omettra pas de préciser qu’à chaque élection française, l’Algérie est invitée sur les plateaux et c’est devenu un fonds de commerce.
Ilhem Tir
LSA 02.11.2021
radio chaine 3