lalgerieaujourdhui.dz
Si l’Algérie fait partie du groupe de pays ayant présenté une demande officielle pour intégrer le bloc des Brics, elle détient, à la différence des autres pays, un atout primordial. Elle est l’un des pays les plus importants du continent africain, avec lequel il est désormais nécessaire de coopérer. Cet atout, l’Algérie entend l’exploiter à fond en multipliant les connexions avec les pays du continent pour ensuite s’ériger en plateforme incontournable.
PAR NABIL M.
La position stratégique de l’Algérie en Afrique en fait une porte d’entrée non négligeable pour le continent et un pont qui relie le sud et le nord de la Méditerranée. Elle détient un rôle axial et pionnier en Afrique, pas seulement sur le plan des projets d’infrastructures ou les projets d’intégration régionale, mais également par rapport à l’ensemble des questions qui concernent le continent sur tous les plans.
L’Algérie aujourd’hui est pleinement consciente qu’elle détient une carte majeure et compte la jouer à fond. S’il existe trois ou quatre pays africains qui constituent la locomotive de
l’économie africaine, l’Algérie se positionne en tête, avec un rôle majeur.
Ceci est démontré à travers la décision de l’Algérie d’allouer une enveloppe d’un milliard de
dollars pour amorcer la machine du développement dans les pays africains, à travers la mise en place d’une économie intégrée et complémentaire.
La nouvelle zone de libre-échange africaine (Zlecaf), qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2021, consolide la position forte de l’Algérie qui, à travers cet espace économique et commercial, affirme son rôle pivot dans la région et atteste que l’engagement de l’Algérie en faveur d’un continent fort et solide demeure sans faille.
L’Algérie est incontournable pour les Brics
Avec l’entrée de l’Algérie aux Brics, les cinq puissances économiques majeures (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ouvriront de nouvelles perspectives économiques et pourront profiter d’un pays pivot qui est, à la fois, face à l’Europe et profondément ancré en Afrique. Rejoindre les Brics permettra une gestion efficace des flux de matières premières dans le commerce avec la Russie et la Chine et renforcera globalement la coopération avec ces deux grandes puissances économiques.
L’admission de l’Algérie dans l’organisation deviendra un marqueur d’un haut niveau de relations avec ses membres, tout en renforçant le bloc des Brics par sa composante en matières premières, puisque l’Algérie fournit principalement du gaz et du pétrole à travers le marché mondial.
Ainsi, l’Algérie recèle amplement d’atouts qui la rendent « incontournable », selon l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj Nacer, qui, dans une interview accordée à Berbère Télévision, a souligné que l’Algérie « a son mot à dire » pour rejoindre les Brics, grâce à deux principaux actifs : la transsaharienne (RN1) et l’armée.
En effet, la route transsaharienne ou la route nationale n°1 (RN 1) est un projet qui s’étire d’Alger à Lagos. Son objectif est de desservir toute la sous-région du Maghreb et du Sahel sur une longueur totale de 9400 km. Ce projet qui traverse toute l’Algérie en longueur, du nord eu sud, est financé, jusqu’au poste de contrôle douanier frontalier Algérie-Niger, par le gouvernement algérien.
Le Nigeria a aussi réalisé la totalité des 1100 km qui le concernent, comme la Tunisie où la transsaharienne est totalement bitumée. Cette infrastructure est considérée comme l’un des principaux corridors transafricains défendus par la commission de l’union africaine, en étant « l’épine dorsale du développement du continent ».
L’avantage majeur de ce mégaprojet, auquel vont s’ajouter des projets de chemins de fer, n’est pas négligeable vis-à-vis du bloc des Brics, qui marquera, sans doute, un grand changement dans la croissance et le développement des économies de ses composants.
Une vaste plateforme d’échanges
Avec sa position stratégique, l’Algérie est également une plateforme d’échanges vers le continent européen et les pays arabes. Les investisseurs européens n’ont pas cessé de rappeler, à chaque occasion, que l’Algérie constitue une porte d’entrée vers l’Afrique.
L’Algérie, à travers sa politique de développement économique, déploie des efforts pour attirer les investisseurs et leur permettre de pénétrer le marché africain via l’Algérie, avec de nombreuses opportunités qui concernent plusieurs secteurs.
Si l’Algérie s’oriente de plus en plus vers l’export, notamment avec l’ouverture de nouveaux marchés dans des pays d’Afrique, elle reste ouverte à l’arrivée de nouveaux opérateurs étrangers qui souhaitent pénétrer le marché africain.
Ainsi, l’Algérie dispose de divers avantages qui lui permettent de jouer ce rôle de passerelle entre l’Europe et l’Afrique et de devenir la porte principale pour la coopération avec les pays de l’Afrique et du nord de la Méditerranée.
L’orientation de l’économie algérienne vers le développement des opportunités d’investissement et le renforcement des échanges commerciaux, dans le cadre de la zone de libre-échange continentale (Zlec), démontrent les ambitions des pouvoirs publics visant à diversifier les partenaires économiques pour affermir la souveraineté politique et économique de l’Algérie.