Le potentiel de l’Algérie dans la production d’énergies renouvelables, notamment l’hydrogène vert, continue de susciter les intérêts des pays industrialisés pour assurer leur sécurité énergétique.
Ce grand intérêt pour cette énergie a été exprimé par l’ambassadeur de l’union européenne en Algérie, Thomas Eckert, lors d’un entretien accordé à la chaîne Berbère Télévision, au cours de laquelle il a indiqué que ce qui intéresse l’Europe dans l’avenir en matière d’énergie, c’est bien le renouvelable, soulignant que le grand sujet dans ce secteur «c’est l’hydrogène vert». «Il y a un énorme potentiel en Algérie avec le solaire pour produire de l’hydrogène. C’est vrai qu’on n’a pas encore les infrastructures nécessaires, mais le potentiel est là et ça va se faire très vite», a-t-il affirmé.
A ce propos, le diplomate européen a révélé qu’un grand projet de production d’hydrogène vert en Algérie est en préparation. «Aujourd’hui, entre l’Allemagne et un partenaire algérien, on est en train de préparer une usine de référence pour la fabrication de l’hydrogène vert en Algérie», a-t-il annoncé, précisant qu’il y a plusieurs études qui sont en cours pour voir où placer cette usine et avec quelle taille et quel investissement.
Concernant le financement du projet, M. Eckert a expliqué qu’il s’agit d’un grand projet qui exige un investissement de 200 millions d’euros, mais qui ne peut pas être financé entièrement par l’argent des contribuables en Europe, car c’est du business, soulignant qu’il sera financé en grande partie par des investisseurs. «Le projet verra une mobilisation financière entre l’Allemagne et la commission européenne à hauteur de 50 millions d’euros, et les trois quarts seront peut-être financés par un groupe énergétique privé», a précisé l’ambassadeur.
«C’est un projet important avec un grand engagement financier»
Selon l’ambassadeur de l’UE en Algérie, le projet de production d’hydrogène vert est d’une importance capitale pour l’Europe qui vise à renforcer sa sécurité énergétique. «C’est un projet important qui représente un grand engagement financier», a-t-il assuré, soulignant que le projet «avance bien» et qu’en ce moment, «on est en train de clarifier le financement avec l’Allemagne et la commission européenne, et le reste va suivre après».
Pour M. Eckert, l’industrie allemande se prépare pour une grande demande en cette énergie pour le développement de son économie, assurant dans ce sens que «l’Europe veut passer à l’hydrogène le plus vite possible, au moins pour les applications industrielles».
Il est à noter qu’à l’occasion de la signature d’un important contrat d’approvisionnement en gaz de l’Allemagne sur le moyen terme entre Sonatrach et la société allemande VNG, en février dernier, le PDG de la compagnie nationale d’hydrocarbures, Rachid Hachichi, a fait état d’une volonté d’étendre dans le futur la coopération énergétique algéro-allemande à d’autres domaines de la chaîne de valeur énergétique tels que l’hydrogène.
En cette même occasion, le PDG de la société allemande, Ulf Heitmüller, avait pour sa part déclaré : «Nous envisageons, à long terme, d’établir un partenariat dans le domaine de l’hydrogène avec Sonatrach et d’importer, à l’avenir, de l’hydrogène vert à partir d’Algérie vers l’Allemagne.»
Rappelons que l’Allemagne vise à atteindre une production électrique neutre en carbone d’ici à 2035 en misant sur des centrales dites «Hydrogen Ready» fonctionnant au gaz naturel, mais avec la possibilité de les convertir à l’hydrogène, avec l’ambition de construire des centrales de ce type d’une puissance de 17 à 21 GW entre 2025 et 2031.
Selon le site spécialisé Révolution énergétique, un projet expérimental d’une usine de 50 MW devrait être réalisé au sein des installations de Sonatrach à Arzew (wilaya d’Oran).
Par Nabil M.