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La panenka ratée de Brahim Diaz qui a fissuré le récit national marocain

by Hope Jzr
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50 ans de propagande s’envole en l’air …

Pendant un demi-siècle, un récit a été répété, poli, exporté, monnayé, imposé comme une évidence : celui d’un Maroc “au-dessus du lot”, plus proche de l’Europe que de l’Afrique, modèle de stabilité, vitrine de modernité, machine diplomatique irréversible, et désormais puissance sportive appelée à transformer le football en preuve ultime.

Ce récit n’a jamais été une simple communication de circonstance. Il a fonctionné comme une architecture complète : image internationale, placements médiatiques, grands événements, tourisme, promesses industrielles, et une diplomatie présentée comme une suite de “coups gagnants”. Dans cette mise en scène, la CAN devait être la pièce maîtresse : organisée “à domicile”, maîtrisée de bout en bout, et surtout gagnée.

Le football devait sceller la démonstration. Après la Coupe du monde, avec Walid Regragui, avec Achraf Hakimi élevé au rang d’icône, avec une fédération conduite par Fouzi Lekjaa décrit comme un homme de réseaux et de leviers, la marche annoncée ne tolérait qu’un seul dénouement : “sa CAN”, puis le Mondial 2030, puis l’entrée définitive dans le cercle des puissances fréquentables.

Ce qui a explosé fin janvier 2026, ce n’est pas seulement un match. C’est un mécanisme. Une mécanique de certitudes, d’impunité, d’arrogance institutionnelle, et d’investissement total dans l’image. Quand cette mécanique se grippe en direct, devant des millions de regards, la réalité remonte comme une marée noire : tout ce qui était supposé rester hors-champ devient visible.

Dans les récits que vous fournissez, la CAN 2025 est décrite comme un tournoi où la politique s’invite partout : dans l’accès aux stades, dans les désignations, dans la VAR, dans la gestion des “risques” sportifs, et jusque dans la cérémonie finale. L’idée centrale est simple : l’événement n’aurait pas été seulement organisé, il aurait été verrouillé.

Le premier verrou, selon ces sources, se voit à la billetterie. Les stades apparaissent “pleins”, mais l’accès devient un parcours humiliant pour des supporters, notamment algériens, confrontés à des plateformes inaccessibles, à des quotas incompréhensibles, puis à un marché noir massif. Le billet circule ailleurs que dans les canaux officiels, et il circule cher : jusqu’à dix fois le prix initial, selon la chronique. En finale, le verrou prend une forme brutale : sur 65 000 places, 3 000 pour les Sénégalais. Cette donnée, répétée dans le récit, résume une philosophie : contrôler qui entre, donc contrôler l’ambiance, donc contrôler le match.

Le deuxième verrou, plus grave, touche à l’arbitrage. Les sources construisent une chronologie, avec un point de bascule daté : le 6 octobre 2025, à Kinshasa, lors de la 47ᵉ Assemblée générale de la CAF. Là, elles décrivent un “Pacte de Kinshasa” : Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF, y échange sa survie institutionnelle contre le contrôle du secteur le plus décisif d’une compétition moderne : l’arbitrage et la VAR.

Dans ce récit, Mosengo-Omba se protège d’un audit financier jugé “accablant” en cédant l’arbitrage au Maroc via Fouzi Lekjaa. L’éviction de Désiré Doué Noumandiez en devient le symbole : il est présenté comme chassé brutalement, “sommé par téléphone” de rentrer chez lui, remplacé par Olivier Safari Kabene, décrit comme plus “malléable”. Ce passage est central parce qu’il ne parle pas de football : il parle de prise de contrôle.

Au sommet, les mêmes sources décrivent un triangle de pouvoir, un triumvirat : Gianni Infantino (FIFA), Patrice Motsepe (CAF), Fouzi Lekjaa (FRMF). Le mot n’est pas décoratif. Il désigne, dans la logique de ces textes, une chaîne verticale où les décisions clés ne relèvent plus d’une institution sportive autonome, mais d’un système d’alignements, de protections et de dépendances. Mosengo-Omba est présenté comme un pivot de ce dispositif, “placé” et maintenu malgré les controverses, pendant que l’arbitrage devient une variable politique.

C’est dans ce cadre que le match Algérie–Nigéria prend une dimension explosive. Là aussi, le récit ne s’encombre pas de nuances : il parle d’éviction stratégique. Parce que si l’Algérie se qualifie, elle affronte le Maroc en demi-finale. Et ce scénario, les sources le nomment explicitement : un “scénario cauchemardesque” pour Lekjaa et le système marocain, un risque sportif, mais surtout un risque symbolique et politique pour le pays hôte qui a tout misé sur le sacre.

Toujours selon ces textes, la manœuvre commence la veille : l’arbitre somalien prévu est remplacé sans explication par le Sénégalais Issa Sy. Dès la 13ᵉ minute, un penalty “flagrant” pour l’Algérie est ignoré. À la VAR, le Gabonais Ghislain Atcho ne corrige rien, alors qu’il est déjà présenté comme contesté par l’Algérie lors de précédents litiges. Le match se transforme en étau : les joueurs algériens menottés par une pluie de cartons, plus de sept, qui casse le rythme, interdit la révolte et transforme l’engagement en faute potentielle. Dans cette lecture, le résultat n’est pas le fruit d’un rapport de force sportif : il est l’aboutissement d’un cadrage.

Arrive la finale, et la chronique dit : le système se referme encore. La désignation de Jean-Jacques Ndala, arbitre congolais, s’inscrit dans un axe congolais où Safari Kabene et Mosengo-Omba apparaissent comme des pièces du même verrou. Un détail est présenté comme déterminant et “troublant” : Ndala posséderait une maison au Maroc. Dans un tournoi déjà décrit comme sous influence, ce seul élément suffit, dans l’esprit des sources, à installer un soupçon permanent sur chaque décision.

Le scénario de la finale, tel qu’il est raconté, suit une logique : un but sénégalais refusé, une VAR à sens unique, un penalty accordé au Maroc dans une séquence litigieuse, et Brahim Diaz au centre de l’image, comme s’il devait écrire la fin du film. Le film, justement, se casse. Le geste censé offrir l’éternité se transforme en symbole inverse : la panenka ratée. Ce n’est pas seulement un tir manqué : c’est l’instant où l’édifice perd son contrôle narratif.

Au même moment, l’autre texte que vous fournissez décrit un basculement psychologique et moral : l’hystérie d’une victoire promise se mue en dépit, et le vernis “moderne” craque dans des scènes qui font le tour des écrans. Achraf Hakimi, capitaine supposé guider, est décrit en train de voler la serviette du gardien adverse, persuadé d’y trouver un gris-gris. Des officiels s’en prennent au gardien remplaçant du Sénégal pour s’emparer de l’objet. Dans ce tableau, le football de haut niveau cohabite avec l’archaïsme le plus cru, et l’image internationale, si soigneusement construite, se retourne contre ses auteurs.

Puis vient l’épilogue, celui qui fait sortir l’histoire du sport pour entrer dans le geste d’État. Lors de la remise du trophée, le frère du roi du Maroc refuse de remettre la coupe au capitaine sénégalais. Le geste est présenté comme un mépris froid, une incapacité à accepter la défaite, et une manière de punir l’instant même où le plan a échoué.

Et après le terrain, le silence. Les sources soulignent un fait précis : l’absence de félicitations officielles visibles sur les sites de la CAF et de la FIFA une semaine après le sacre, un mutisme décrit comme inhabituel et révélateur. Dans leur logique, ce silence n’est pas un oubli : c’est une colère administrative, une gêne politique, une incapacité à valider publiquement un dénouement qui a échappé au contrôle.

C’est là que la propagande “s’envole” réellement : quand l’image cesse d’appartenir à ses propriétaires. Parce que ce qui circule alors, ce n’est plus la version officielle, ni les éléments de langage, ni les grandes annonces. Ce sont les vidéos, les séquences, les réactions brutes, et la mémoire collective d’un tournoi perçu comme verrouillé puis déverrouillé par l’imprévu.

Les textes insistent enfin sur un point décisif : la réaction mondiale des réseaux sociaux. Ils décrivent un même sentiment, répété dans plusieurs langues, sur plusieurs continents : ce scénario de finale, avec son basculement au moment exact où tout devait être scellé, ne peut être que la justice de Dieu. L’idée n’est pas seulement religieuse, elle est narrative : le “système” a tout tenté, et c’est précisément là qu’il a perdu.

ET, LE COÛT BEAUCOUP PLUS ÉLEVÉ. Cette Coupe d’Afrique n’a été que l’illustration la plus bruyante, la plus visible et la plus immédiatement captée par les réseaux sociaux, précisément parce que le football est un langage universel et populaire. Mais ce qui s’y est révélé n’est pas une anomalie sportive : c’est un schéma de gouvernance. Le roman national marocain s’est effondré parce qu’il a été conçu comme un dispositif de communication avant d’être un projet politique réel, un soft power fondé sur l’image, l’accès aux réseaux, la séduction médiatique et la mise en scène permanente, mais privé de socle structurel, institutionnel et social solide. Lorsqu’un pays investit prioritairement dans la fabrication de sa réputation plutôt que dans la transformation profonde de sa réalité, il ne construit pas de la puissance, il produit une illusion instable, dépendante du regard extérieur et incapable de survivre au premier choc sérieux. Ce type de soft power, adossé à des logiques d’influence et de corruption plutôt qu’à des institutions crédibles, ne s’exprime pas seulement dans le sport : il irrigue l’ensemble de la gouvernance du royaume, de la diplomatie à l’économie, de la communication d’État à la gestion du réel. Mon opinion est que le Maroc n’a pas échoué faute de capacité à produire un récit national fort, mais parce qu’il a confondu narration et transformation, prestige et puissance, image internationale et réalité intérieure — et qu’aucun pays ne peut durablement exister sur la scène mondiale en vivant essentiellement de sa propre mise en scène.

Hope&ChaDia

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