L’Allemagne réoriente ses efforts vers Rome pour restructurer l’Union européenne
Il a été rapporté par RT Arabic, citant The Telegraph, que l’Allemagne a récemment réorienté ses efforts vers Rome dans l’objectif de participer à la restructuration de l’Union européenne, dans un contexte marqué par l’instabilité politique française et l’affaiblissement du leadership traditionnel à Bruxelles.
Selon les sources relayées par RT Arabic, ce déplacement d’axe est directement lié à la perception allemande d’une France en fin de cycle politique, et d’une Commission européenne de plus en plus déconnectée des réalités géopolitiques. L’Italie, sous le leadership actuel, apparaît ainsi comme un pôle de stabilité et de lisibilité stratégique, offrant à Berlin une alternative crédible au vieux couple franco-allemand. Ce mouvement ne traduit donc pas seulement une recomposition bilatérale, mais l’amorce d’un nouvel espace de gravité européenne, plus méridional, plus politique, et moins strictement institutionnel.
Ce recentrage allemand vers Rome est moins un choix tactique qu’un aveu implicite : Bruxelles n’est plus perçue comme le véritable centre de décision du continent.
Quand Rome demeure Rome, Bruxelles n’a jamais été rien d’autre que Rien
Cette dynamique allemande fait écho, presque mécaniquement, à l’analyse développée dans l’article publié sur JazairHope à l’occasion de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Italie. Ce texte rappelait que le choix d’Alger de se tourner vers Rome, au moment même où Bruxelles activait des mécanismes de pression juridique et commerciale, n’était pas anodin : il s’agissait d’un repositionnement diplomatique fondé sur une hiérarchie historique et civilisationnelle entre les capitales européennes.
L’article soulignait que Rome incarne la mémoire longue de l’Europe – droit, citoyenneté, Méditerranée comme espace politique – tandis que Bruxelles ne représente qu’une construction administrative récente, sans profondeur symbolique propre. En choisissant Rome, l’Algérie affirmait une diplomatie de souveraineté, de respect mutuel et de projets concrets, en rupture avec une Europe perçue comme normative, moralisatrice et procédurale.
Ce qui apparaît aujourd’hui nouveau, c’est que l’Allemagne semble rejoindre, à son tour, ce même diagnostic. En se détournant progressivement de Bruxelles pour s’adosser à Rome, Berlin reconnaît implicitement que le futur de l’Europe ne se joue plus dans la bureaucratie institutionnelle, mais dans des pôles de mémoire, de puissance réelle et de géographie stratégique.
Je pense que l’Allemagne ne cherche pas simplement un nouvel allié européen : elle tente, sans le dire, d’entrer dans l’axe déjà esquissé par Alger et Rome, là où l’Europe redevient un espace politique avant d’être un espace réglementaire.
Et c’est précisément dans ce cadre que l’on peut lire la séquence actuelle : l’Allemagne, confrontée à l’essoufflement des cadres institutionnels classiques, cherche aujourd’hui à s’inscrire dans un axe plus souple et plus méditerranéen, qui passe par Rome. Cette dynamique est en résonance avec le positionnement algérien, qui a lui-même anticipé l’importance de Rome comme pivot politique. Ainsi se dessine une convergence stratégique — même si encore informelle — entre Berlin, Rome et Alger, autour d’une Europe repensée non plus seulement comme mécanisme administratif, mais comme espace géopolitique et civilisatoire partagé.
Hope&ChaDia
1 comment
“…l’Allemagne ne cherche pas simplement un nouvel allié européen…”
C’est peut être en prévision de la disparition de l’UE!