CONSTANTINE – Le négociateur algérien des accords d’Évian qui a su déjouer toutes les tentatives françaises visant l’atteinte à l’intégrité territoriale et l’affaiblissement de la cause nationale, était issu de l’école du Mouvement national et conscient du phénomène du colonialisme français et ses ravages, a relevé à Constantine un universitaire, à la veille de la commémoration du 60e anniversaire de la fête de la Victoire (19 mars 1962).
“L’école du Mouvement national a su construire, au début du 20e siècle, depuis l’émergence de l’Organisation spéciale (OS), en 1947 conduite par Mohamed Belouizdad, toute une génération d’Algériens qui saisissaient le phénomène colonial et étaient conscients que le colonialisme français a spolié la terre de nos ancêtres et a œuvré à anéantir les attributs et contours de l’identité algérienne”, a précisé à l’APS, Dr Toufik Ben Zerda, spécialiste en histoire contemporaine à l’université Larbi Ben M’hidi d’Oum El Bouaghi.
Et d’ajouter : “Krim Belkacem, Saâd Dahleb, Réda Malek, Mohamed- Seddik Benyahia, Lakhdar Bentobal, Taïeb Boulahrouf, M’hamed Yazid et les autres négociateurs des accords d’Évian, imprégnés des principes de ce Mouvement, comprenaient la signification de l’indépendance et de la souveraineté nationale, la cohésion entre le peuple algérien et l’édification d’un État algérien dans le cadre des principes islamiques”.
Pour cet universitaire, “l’intransigeance du négociateur algérien s’agissant de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, lors des accords d’Évian était le cheminement naturel des hommes pétris par l’amour du pays”.
La solidité de l’ALN sur le terrain, l’autre facteur du discernement du négociateur
Dr Ben Zerda relève également que la solidité de l’Armée de libération nationale (ALN) était un “facteur déterminant” dans l’aboutissement des négociations entre la délégation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et le gouvernement français.
“Depuis le déclenchement de la Guerre de libération le 1er novembre 1954, la France coloniale a tenté de présenter la Révolution algérienne comme une question interne, une affaire de revendications sociales mais la solidité de l’ALN et les échecs qu’elle a fait essuyer aux forces coloniales sur le terrain ont conforté le travail des négociateurs algériens”, a-t-il soutenu.
Et de poursuivre : “la France coloniale qui a lutté de toute sa puissance pour garder l’Algérie ne s’était résignée à s’asseoir autour de la table des négociations qu’après épuisement de toutes les manœuvres pour déstabiliser la partie algérienne”.
Dr Ben Zerda affirme que “la signature des accords d’Évian, fruit d’âpres négociations et qui a mis fin à 132 ans de colonialisme français, a consacré l’unité du peuple et du sol et l’indépendance totale de l’Algérie, se conformant ainsi aux principes de la Déclaration du 1er novembre 1954″.
Source : APS
FC-DZ