Le holding espagnol Criteria renonce à une OPA conjointe sur Naturgy avec TAQA d’Abu Dhabi
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Le holding espagnol Criteria a annoncé lundi qu’il n’avait pas trouvé d’accord avec TAQA (TAQA.AD) d’Abu Dhabi concernant une éventuelle offre publique d’achat conjointe sur l’entreprise gazière espagnole Naturgy (NTGY.MC).
Le journal El Mundo avait rapporté plus tôt, en citant des sources proches des négociations, que TAQA avait décidé de se retirer de l’offre conjointe avec Criteria, qui détient une participation de 26,7 % dans l’entreprise gazière.
« Concernant les discussions entre CriteriaCaixa et TAQA en vue d’un possible accord de coopération concernant Naturgy… ces négociations ont été terminées sans aboutir à un accord », a déclaré Criteria dans un dossier soumis au superviseur du marché, la CNMV.
Criteria a ajouté qu’il « explorait de nouvelles options » pour soutenir le plan de transformation de Naturgy et a réaffirmé son engagement en tant qu’investisseur à long terme dans le projet industriel de l’entreprise.
TAQA a confirmé dans un dossier réglementaire mardi que les discussions sur un éventuel accord de coopération avec Criteria Caixa et l’éventuelle acquisition de parts dans Naturgy avaient pris fin sans qu’aucune transaction n’ait lieu.
Naturgy a refusé de commenter.
TAQA était en pourparlers avec les trois plus grands actionnaires de Naturgy – Criteria et les fonds de capital-investissement CVC et GIP, qui possèdent chacun plus de 20 % – en vue d’une possible offre publique d’achat, selon une déclaration faite en avril. TAQA avait alors précisé qu’il n’y avait aucune garantie qu’un accord serait conclu ni dans quelles conditions. TAQA n’avait pas directement approché Naturgy.
CVC et GIP ont refusé de commenter. Le fonds australien IFM, qui détient une participation de 15 % dans Naturgy, a également refusé de commenter.
TAQA, une entreprise de services publics dans les secteurs de l’énergie et de l’eau fondée en 2005, était prête à acquérir la plus grande société gazière d’Espagne, avec des contrats en Algérie ainsi qu’un contrat à long terme pour importer environ 3 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel liquéfié (GNL) russe chaque année.
Avec une valeur boursière de Naturgy s’élevant à 24,3 milliards d’euros (26,14 milliards de dollars) lundi, cette opération aurait été l’une des plus importantes acquisitions réalisées par un fonds souverain.
Cet échec de l’OPA conjointe marque une défaite politique significative pour les Émirats Arabes Unis (UAE) et révèle les complexités et les défis des grandes manœuvres financières dans le secteur énergétique, où les intérêts économiques et géopolitiques s’entremêlent souvent de manière indissociable. Derrière cette OPA, se profilait l’objectif de compliquer davantage les livraisons de gaz à l’Espagne en imposant à l’Algérie une vision intégrant les livraisons au Maroc, exacerbant ainsi les tensions dans une région déjà fragile.