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PAR DJILALI B.
Les nouvelles autorités nigériennes viennent de prendre une décision importante concernant la transition. Cette décision intervient à la suite de l’annonce par le président français du retrait de ses troupes du pays, après deux mois de bras de fer avec les officiers auteurs du coup d’Etat qui a déchu le président Mohamad Bazoum.
La décision est en lien avec l’initiative algérienne pour une sortie de crise au Niger et qui, plus globalement, concerne la sous-région du Sahel. En effet, les autorités nigériennes par le biais du ministère des affaires étrangères a transmis une notification au gouvernement algérien dans laquelle elles informent de leur acceptation de la médiation algérienne visant à promouvoir une solution politique à la crise au Niger dans le cadre du plan de règlement présenté par Abdelmadjid Tebboune, a indiqué hier un communiqué du ministère des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger.
« Cette acceptation de l’initiative algérienne conforte l’option de la solution politique à cette crise et ouvre la voie à la réunion des conditions devant permettre de la surmonter pacifiquement dans l’intérêt du Niger et de l’ensemble de la région », lit-on dans le communiqué. Cette initiative est soutenue également par les Etats-Unis qui ont adhéré à la démarche algérienne, alors que les pays de la Cédéao sont restés rivés à l’option des sanctions dont les effets commencent à toucher des pays membres comme le Bénin, première voie d’approvisionnement du Niger, mais aussi d’autres pays de la région que le blocus a rompu.
Les limites des sanctions économiques
Il en est de même pour l’approvisionnement en combustible pour des centrales nucléaires qui dépendent des mines d’uranium du Niger, entre autres, et dont les prix ont flambé sur le marché international. Les sanctions économiques ont déjà atteint leurs limites alors que l’annonce du retrait des forces françaises et du rappel de l’ambassadeur de France à Niamey est en soi un camouflet pour la Cédéao, qui, par ailleurs, prend un coup dans le cœur de sa crédibilité.
Prenant acte de cette notification, M. Tebboune a instruit le ministre des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, de se rendre à Niamey « dans les plus brefs délais, en vue d’y entamer des discussions préparatoires sur la mise en œuvre de l’initiative algérienne avec toutes les parties prenantes », est-il précisé de même source. Selon certaines informations, le chef de la diplomatie algérienne se rendrait dès aujourd’hui à Niamey pour entamer sa mission.
Juste après le coup d’Etat du 26 juillet, qui a écarté le président Bazoum du pouvoir au Niger, l’Algérie a entrepris des consultations et des rencontres afin de pouvoir rétablir l’ordre constitutionnel à travers une solution politique tout en rejetant une intervention militaire, notamment celle préconisée par la Cédéao et appuyée par la France.
Presque un mois après, Attaf déclinait, devant la presse au CIC du Club des Pins, la solution politique élaborée par l’Algérie ; une initiative du président de la République en six points. L’initiative est le fruit, avait précisé Attaf, de consultations avec les putschistes, les politiques ainsi que des pays de la Cédéao et d’autres partenaires internationaux.
Garantir la pérennité de la solution politique
D’emblée, l’Algérie réaffirme son opposition de principe aux changements hors du cadre constitutionnel, tout en appelant à des arrangements politiques à même de garantir la pérennité de la solution politique négociée. Elle a proposé également un délai de six mois
pour revenir à un pouvoir civil. Le plus court délai jamais proposé dans ce genre de crise.
Si la junte militaire n’a pas réagi immédiatement, le président déchu a réagi par le biais
de son ministre des affaires étrangères réfugié à Paris, qui a rejeté l’offre d’Alger, saluée
par plusieurs capitales africaines et les EtatsUnis.
L’initiative insiste aussi sur les garanties à offrir à toutes les parties afin d’assurer la durabilité de la solution politique. Elle offre aussi un gage d’assurance à travers la transparence qu’elle revêt, étant soumise à l’appréciation des partenaires étrangers ainsi qu’à l’enrichissement des propositions.
Les parties concernées sont appelées à élaborer une plateforme politique à l’issue d’un dialogue inclusif pour la sortie de crise. L’initiative propose également une personnalité consensuelle, acceptée par toutes les parties concernées, pour superviser les négociations et la période de transition de six mois.
L’initiative est assortie d’une option qui concerne toute la région à travers une conférence internationale qu’organise l’Algérie autour du thème du développement du Sahel pour répondre aux besoins en infrastructures sociales et économiques du Sahel. Plus de trois mois après le coup de force, Niamey, qui a réussi à infléchir la position de la France, a finalement opté pour l’initiative algérienne, qui fondamentalement rejette l’option militaire, favorise le dialogue pour une solution politique qui préserve, par ailleurs, les intérêts de toutes les parties concernées.
D. B.