Home Économie Mohamed Achir, économiste, enseignant universitaire : «Les banques doivent avoir le maximum d’informations pour mieux gérer les risques de commerce extérieur»

Mohamed Achir, économiste, enseignant universitaire : «Les banques doivent avoir le maximum d’informations pour mieux gérer les risques de commerce extérieur»

by Hope Jzr
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Reporters : Une note de la Banque d’Algérie invitant les banques à évaluer les risques pour la domiciliation des opérations de commerce extérieur est qualifiée de «floue» par ces dernières concernant les mesures devant être prises, notamment celles en relation avec la qualité des fournisseurs partenaires des importateurs algériens. Qu’en pensez-vous ?
Mohamed Achir : 
Le rôle des banques est d’évaluer aussi les risques de commerce extérieur, par rapport aux risques de changes, de solvabilité, des défauts de paiement, etc. Dans une opération de commerce extérieur, il y a la banque de l’importateur et celle de l’exportateur, et elles échangent des données même sur la qualité du fournisseur. Donc à partir de là, nos banques peuvent constituer une banque de données. C’est un peu comme les opérations de scoring, de notation des entreprises en termes de risques. Ce qui fait que la banque doit avoir un maximum d’informations sur les entreprises domiciliées mais aussi sur leurs partenaires fournisseurs quand elle s’engage à financer le commerce extérieur. En somme, elle doit élargir sa banque de données, l’évaluation de ses partenaires et, pourquoi pas, même les partenaires de ses partenaires. Il s’agit donc pour les banques d’avoir le maximum d’informations pour mieux gérer les risques liés au commerce extérieur.
Après la 3e note de l’Association des banques et établissements financiers (Abef) à ses adhérents, cette dernière a été désavouée via une dépêche APS, indiquant que le commerce extérieur ne relève pas de ses prérogatives. Quel est votre commentaire ?
Je dirai que c’est ambigu.

La possibilité de l’adhésion de l’Algérie au bloc des Brics a été évoquée récemment par le Chef de l’Etat. Quels seraient les avantages d’une telle adhésion ?
Tout pays a un avantage à s’inscrire dans des ensembles économiques ou des ensembles de pays qui coordonnent leur politique économique et même leur politique étrangère sur un certain nombre d’éléments. Cela procure au pays de tirer avantage des externalités positives de cet ensemble, comme, par exemple, l’accès aux marchés, aux financements, au transfert de technologie, à l’échange d’expérience, ainsi que des opérations de développement économique et de mouvement des investissements directs étrangers. C’est cela l’intérêt d’être dans un groupe de pays, comme celui des BRICS qui est un ensemble qui ne cesse de s’agrandir et de prendre une part très importante à l’échelle mondiale et dans les échanges économiques. Le bloc des pays des BRICS est en train de prendre du poids sur les plans de l’économie mondiale, de PIB (Produit intérieur brut) et des échanges commerciaux internationaux. Et même sur le plan géopolitique, c’est un bloc qui est très important aussi. Donc un pays ne peut pas se développer seul, il doit s’insérer toujours dans des ensembles économiques qu’ils soient régionaux ou bien internationaux pour pouvoir tirer profit des externalités positives qu’ils dégagent. Si on prend les pays du BRICS maintenant (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), ils ont leur propre banque de développement. Ils ont également une institution régionale et internationale qui s’occupe des questions de stabilité monétaire… Ces institutions supranationales constituent une opportunité pour un pays afin d’en tirer profit.

Une augmentation des salaires et de l’allocation chômage est annoncée par le Président pour l’année prochaine et la réflexion est engagée pour que son application n’entraîne pas un effet d’inflation. A votre avis, quel serait le mode opératoire le plus indiqué afin que la hausse salariale soit palpable ?
La règle est claire. Pour que l’augmentation des salaires n’entraîne pas une inflation, il faut que la croissance économique aille avec le rythme de cette augmentation. Il y a la hausse de la production, de la productivité, soit de l’offre de la production et des services globalement. Donc si la hausse de la croissance est importante, elle ne va pas entrainer un coût de travail plus important, car ce qui pèse vraiment sur les entreprises, ce n’est pas la hausse des salaires mais le coût du travail en général composé des salaires, des charges sociales, de l’IRG (impôt sur le revenu global)… L’Etat, pour ne pas créer un fardeau supplémentaire qui va peser sur la compétitivité des entreprises, doit éventuellement aussi revoir les charges sociales. Autrement, la hausse des salaires va être, en quelque sorte, amortie à moyen terme par cette croissance économique pour éviter une inflation importante. Donc, si on veut améliorer les salaires en général, ceux de la Fonction publique, du secteur public et privé en même temps, il faut agir sur le coût du travail, c’est-à-dire diminuer les charges inhérentes aux salaires.

Les recettes d’exportations de l’Algérie se sont chiffrées à 25,9 milliards de dollars au premier semestre de l’année 2022 et ses importations à 20,223 milliards. Comment appréciez-vous ce bilan ?
Je pense que c’est un bilan très positif. A cette allure, on pourrait même enregistrer un solde positif de la balance des paiements à la fin de l’année, et donc dégager un solde en devises qui va renforcer les réserves de change. Si les prix du pétrole se maintiennent à ce niveau et si les exportations hors hydrocarbures atteignent l’objectif de 7 milliards de dollars, on aurait une cinquantaine de milliards de recette globale et cela nous donnerait à la fin de l’année un solde positif non seulement de la balance commerciale mais aussi de la balance des paiements, c’est-à-dire y compris les services et les opérations en capital.

A votre avis, les importations ne sont-elles pas assez élevées ?
Par rapport à l’inflation mondiale, je dirai que les importations sont relativement maîtrisées. Il ne faut pas oublier que le coût de la logistique internationale a augmenté pour tout ce qui est transport, conteneurs, assurances, etc. A cela s’ajoute l’augmentation de pratiquement tous les produits importés, comme les céréales, les produits semi-finis et bien d’autres. L’inflation mondiale a donc un impact très important sur l’augmentation des dépenses liées aux importations.

 

Source : https://www.reporters.dz/mohamed-achir-economiste-enseignant-universitaire-les-banques-doivent-avoir-le-maximum-dinformations-pour-mieux-gerer-les-risques-de-commerce-exterieur/

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