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L’instauration d’une industrie automobile en Algérie est conditionnée par l’obligation d’atteindre un taux maximum d’intégration dans les opérations de montage. Pour répondre à cette exigence, le secteur de l’automobile a besoin d’un tissu industriel de sous-traitance qui réponde aux conditions de performance et de fiabilité.
PAR NABIL MANSOURI
Avec le lancement de l’usine automobile de la marque Fiat, dont la production est prévue en fin 2023, conformément aux délais fixés, les opérateurs du secteur de la sous-traitance seront dans l’obligation de s’adapter à cette nouvelle relance dans le secteur automobile.
Le ministre de l’industrie, Ali Aoun, avait déclaré, lors de sa visite à l’usine Fiat d’Oran,
que le taux d’intégration doit atteindre 40% et même 50%, en ajoutant qu’avant cela, « il
importe de développer et de densifier le tissu industriel local pour satisfaire les besoins ».
À ce titre, Aoun a donné des instructions pour soutenir les startups et accélérer l’aménagement de l’espace dédié aux jeunes sous-traitants dans la zone industrielle de
Tafraoui (Oran), dans laquelle est implantée l’usine Fiat, notamment pour les opérateurs
qui produiront les pièces détachées entrant dans le montage des véhicules.
Ainsi, le ministère de l’industrie ouvre la voie à un secteur qui a beaucoup souffert de
l’absence d’une véritable relance industrielle, notamment pour un secteur qui est resté longtemps gelé, après l’arrêt des anciennes usines de montage automobile.
Un tissu industriel déjà existant
Force est d’admettre que le secteur de la sous-traitance a toujours existé en Algérie. Depuis le développement de la filière mécanique dans les 1970, plusieurs acteurs du domaine de la sous-traitance locaux fournissaient les entreprises étatiques, notamment la SNVI, l’ENTP, le complexe de moteurs et tracteurs de Constantine, etc.
Selon les chiffres du ministère de l’industrie, aujourd’hui ils sont au nombre de 300 à 350 sous-traitants activant au niveau national dans le secteur de la pièce automobile. Ils sont accompagnés par le ministère du secteur dans leurs discussions avec les constructeurs internationaux devant s’installer en Algérie dans le but d’obtenir les homologations nécessaires.
Pour ce faire, un arsenal juridique a été mis en place, selon le ministère de l’industrie, impliquant aussi l’obligation pour le constructeur étranger de s’approvisionner au niveau des sous-traitants homologués pour l’activité de ses autres sites de production à l’étranger.
À présent, plusieurs sous-traitants sont d’ores et déjà homologués, activant dans la
câblerie, la pneumatique, les composants plastiques et sièges automobile notamment. À partir de 2025, les estimations du ministère du secteur prévoient une panoplie de sous-traitants très diversifiée qui permettra d’économiser les devises destinées à l’importation de pièces de rechange.
Un secteur d’avenir
Les perspectives du développement de la sous-traitance en Algérie sont intéressantes et pourraient pousser l’intégration d’un certain nombre de PME dans le secteur de l’automobile pour les spécialiser dans ce segment. Si les constructeurs locaux doivent être homologués par les usines qui vont s’installer, encore faut-il que cela réponde à un certain volume et que cela soit intégré à une échelle régionale.
Selon le président du conseil consultatif pour la promotion des PME, la création d’un système de management qui réponde aux standards des constructeurs internationaux est nécessaire avant de passer au stade d’homologation.
Il affirme, dans ce sens, que cet écosystème doit être promu par la bourse de sous-traitance qui joue un rôle pivot, qui elle-même doit être appuyée par le ministère de l’industrie.
Par ailleurs, la formation spécialisée des employés est un chapitre à ne pas négliger dans le développement du tissu de l’industrie de la sous-traitance en Algérie. « La formation professionnelle est la cheville ouvrière de toute industrie naissante ou en développement », estime le même responsable.