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Chadia Khalfallah Haddad est directrice du musée public national de Sétif. Lors d’une rencontre sur les lieux, elle rappelle que le rôle premier des musées est de «valoriser les collections patrimoniales, de les conserver selon une approche scientifique et des critères muséographiques appliqués à l’échelle internationale».
Les publications du musée, ses catalogues et prospectus sont, poursuit la directrice, «un outil indispensable dans le processus de diffusion des informations».
«L’actualisation permanente des données archéologiques et historiques est primordial pour valoriser leurs contenus, identifier et diffuser le patrimoine culturel. Surtout après les résultats des fouilles entreprises au niveau de sites archéologiques dans la région de Sétif (Aïn Hanech) et à travers le territoire national», ajoute Haddad.
Le musée abrite deux mosaïques uniques au monde. La mosaïque de la toilette de Vénus, découverte en 1960 dans les thermes romains de Sétif et datée du4e siècle de notre ère. Ce grand panneau représente Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté, assise sur une large coquille portée par deux monstres marins.
Parée de bijoux, la déesse ajuste sa coiffure et l’agrémente d’une épingle, tout en se regardant dans le miroir que lui présente un de ses amours au-dessus d’elle. Le second l’abrite des rayons du soleil. Sur le registre inferieur, deux génies ailés, l’un conduisait un char tiré par des dauphins, l’autre naviguant à la voile sur une amphore, encadrent leurs compagnons qui présentent un diadème à la déesse. La mosaïque du triomphe de Bacchus est sans doute la pièce maîtresse du musée.
«Il s’agit d’une pièce extrêmement rare, voire unique». Elle se distingue par la représentation de la girafe qui ne se trouve pas dans les autres mosaïques. Le triomphe de Bacchus trône au centre de la pièce. Bacchus, dieu du vin, assis sur un char à deux roues, redresse le buste dans une attitude triomphante. Il a la tête ceinte d’un diadème, entouré de pampres de feuillées de vigne.
Légèrement au centre, deux tigresses bengalaises tirent le char sur lequel un satyre (Pan, dieu des bergers et de la musique)tire de la main gauche les rênes des deux tigresses, de la main droite tient deux prisonniers noirs avec une longue chaîne. En avant-plan, à droite est représenté un vieux, Silène son père adoptif, tenant à sa main gauche un long bâton, et à côté de lui, on trouve un lion. Une série d’animaux africains tels que l’éléphant, la girafe et deux chameaux sont représentés», explique la directrice, qui nous a servi de guide.
Sur la bordure, quatre vieux barbus, placés à chaque angle de la mosaïque, laissent s’échapper de leurs oreilles des sarments chargés de feuilles et de fleurs, qui emprisonnent dans leur enroulement des panthères et centaures, personnages mythologiques, avec des chevaux à torse et des têtes d’homme. Ils symbolisent le triomphe de la civilisation sur la barbarie. Ces centaures mènent une bataille contre le tigre et nous remarquons le changement de couleur de l’expression du visage du vieux dessiné dans l’angle de la mosaïque. «Elle a été découverte en 1965 dans le quartier du temple sur la proximité de la route de l’hôpital actuellement», précise Haddad.
Selon la responsable, l’institution regorge de collections liées à l’histoire antique, mais aussi musulmane passionnantes par leurs histoires et d’une valeur patrimoniale.
Walid Souahi