A l’horizon 2030, plus aucun véhicule thermique ne sera autorisé dans les pays occidentaux. Suivant une directive de l’UE, tout le parc automobile sera donc électrique à compter de cette date.
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Quelle devra être alors la stratégie énergétique de l’Algérie à la lumière de ce tournant, de cette révolution mondiale ?
Même si l’hydrogène vert semble l’option principale retenue par l’UE, l’Algérie devrait en outre s’orienter vers l’exportation de l’électricité, qui constitue en réalité le véritable besoin de l’économie européenne. L’idée est de proposer une offre que les membres de l’UE ne peuvent pas refuser, consistant en des prix compétitifs et défiant toute concurrence, quelle qu’elle soit.
Nous avons en effet des avantages comparatifs et des atouts non négligeables que nous procure notre immense territoire avec ses considérables ressources.
La combinaison du solaire et de l’hydrogène vert pourrait ainsi :
– d’une part de pallier le problème d’intermittence du premier, l’hydrogène prenant le relais pour la production de l’électricité,
– d’autre part de développer une industrie et tout un écosystème de l’energie verte, générateurs d’emplois, de revenus importants, etc. Par exemple les turbines à gaz fonctionnant à l’hydrogène (dispositifs de haute technologie et haute valeur ajoutée) pourraient être produites à 100% en Algérie, idem pour l’industrie du photovoltaïque où nous disposons d’importants gisements de silice, etc.
Il existe en outre d’autres pistes à explorer : fission nucléaire , fusion nucléaire, géothermie, etc. A cet effet, un pôle énergie doit voir le jour assez rapidement, au sein duquel une section “énergie du futur” est à développer. Une veille technologique doit être assurée pour être au diapason des innovations des divers pays à l’avant-garde de la recherche dans ces divers domaines, comme le préconise le professeur Chitour :
L’Algérie ne doit plus se cantonner au rôle qu’on essaie de lui assigner, à savoir celui de fournisseur de matières brutes (gaz naturel, etc, parmi lesquelles nous considérons l’hydrogène en faisant, en quelque sorte, partie). Nous devons être à l’avant-garde de la recherche et de l’innovation dans ce domaine d’une cruciale importance stratégique.
L’un des objectifs prioritaires serait d’opérer le plus rapidement possible cette transition énergétique à l’intérieur du pays en substituant non seulement les énergies renouvelables au gaz naturel pour le (p)réserver à l’industrie chimique (de haute valeur ajoutée) mais aussi en privilégiant l’exportation de l’électricité vers l’Europe et l’Afrique toujours au profit de la préservation du gaz naturel.
Nous ne devons absolument pas laisser passer cette opportunité en nous limitant à la solution de facilité qui consiste à ne compter que sur nos réserves de gaz et leur exportation. Celle-ci nous ferait prendre un retard qui nous ferait, à très moyen terme, disparaître de la carte énergétique internationale et même régionale au profit d’autres acteurs régionaux dépourvus de réserves d’hydrocarbures, comme cela avait été le cas pour la France qui, disposant de vastes étendues de forêts, n’avait pas jugé bon de basculer vers le charbon et plus tard la coke. En revanche, l’Angleterre, qui accusait une pénurie de bois, avait opéré cette transition énergétique, qui lui a permis d’être à l’origine de la 1ère révolution industrielle et de constituer “un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais”.
Ainsi, allons-nous commettre la même erreur et être les artisans de notre propre déclin et disparition au profit d’autres prétendants qui sont en embuscade, dont notre ami, qui nous a toujours voulu du bien ?