Le 13 juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est rendu en Russie pour un voyage de trois jours au cours duquel il a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine. Cette visite était très remarquable pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, elle a eu lieu à un moment où la Russie faisait face à des difficultés et à un isolement international imposé après son invasion de l’Ukraine à la fin de février 2022. De plus, l’Algérie est un partenaire économique très important pour l’Occident qui s’oppose actuellement à la Russie.
En effet, malgré ses bonnes relations et intérêts avec les pays européens, les Algériens ont joué et continuent de jouer un rôle crucial pour certains pays européens tels que la France, l’Italie et l’Espagne en tant qu’alternative aux approvisionnements en pétrole et en gaz en provenance de Russie.
En résumé, la visite du président algérien en Russie revêt une importance particulière car les Algériens attachent une grande importance à maintenir un équilibre et une indépendance dans leurs relations avec toutes les parties impliquées dans le conflit russo-ukrainien depuis le début, afin de ne pas s’impliquer dans le conflit d’une part et de ne pas compromettre leurs intérêts d’autre part.
Par ailleurs, la manière dont l’Algérie a géré cette crise lui a permis de tirer un grand avantage indirect en réalisant d’importants gains économiques dans le contexte des turbulences géopolitiques des dernières années et demie. Aujourd’hui, l’Algérie est considérée comme l’une des principales parties ayant bénéficié des répercussions de la guerre russo-ukrainienne.
Hier, elle a satisfait la soif des Européens en énergie, notamment en gaz naturel, et aujourd’hui, suite à l’échec des Américains dans leur production, ceux-ci se dirigent vers la même porte.
En ce moment, ExxonMobil et Chevron, les deux plus grandes sociétés pétrolières et gazières américaines, se préparent à entrer sur le marché algérien pour la première fois dans l’espoir que leurs projets résoudront partiellement les problèmes qu’ils ont rencontrés dans leurs efforts pour augmenter leur production. Ces deux sociétés disposent de quantités considérables de liquidités gagnées l’année dernière pour investir.