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Sofiane Djilali : L’inertie entrave la volonté politique

by Mohamed Redha Chettibi
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Dans une rétrospective des derniers événements politiques et économiques, qui ont marqué le pays ces dernières semaines, Soufiane Djilali nous livre, dans cet entretien, sa vision de la situation actuelle et sa lecture des actions accomplies et leurs répercussions sur la société.

L’Expression: Comment voyez-vous l’impact de la dernière opération électorale, en l’occurrence les élections sénatoriales sur la société, notamment sur l’émergence d’un changement notable?
Soufiane Djilali: sur le plan opérationnel, nous pouvons dire que depuis le changement de la Constitution, les législatives, les élections locales et sénatoriales, le processus de renouvellement institutionnel tire à sa fin, puisqu’il ne reste que la désignation de la moitié du tiers présidentiel. Donc, d’un point de vue formel, le processus à été mené à terme. Maintenant, est-ce qu’il y a un impact dans le changement? Je suis dubitatif. J’ai le sentiment, pas très heureux, que le processus n’a fait que, de nouveau reconduire un peu le même système, la même composante humaine et les mêmes pratiques. C’est à ce niveau que le bât blesse. On voit bien que les élections, en tant qu’outil démocratique, ne sont pas encore au point. Il y a malheureusement beaucoup d’interférences et d’erreurs de gestion. Les Algériens attendaient un souffle beaucoup plus puissant, un nouveau souffle, pour qu’il y ait un changement significatif, perceptible. Malheureusement, on s’est arrêté aux changements formels, mais pas dans le fond.

En plus d’une certaine résistance au changement, quelles sont, pour vous, les raisons profondes qui ont engendré cette situation?
L’inertie du terrain a été plus grande que la volonté politique de changement. Les Algériens n’ont pas perçu le changement qu’ils attendaient, ils n’y croient pas. Et ajoutez à cela, le fait que les institutions sont des coquilles vides. Elles sont formellement présentes, mais elles n’ont aucun rôle politique. Il n’y a pas un travail de relais avec le terrain. Les partis politiques n’interviennent plus, la scène médiatique est complètement aphone, et ce, en plus des problèmes accumulés depuis une vingtaine d’années et qui ne trouvent pas de solution. On a l’impression que le gouvernement subit tout cela, en essayant de rafistoler ce qui a lieu de l’être, mais en faisant des gestes malheureux. Il y a des décisions qui ne passent pas. On sent bien que dans l’acte de libéraliser l’économie, d’encourager les gens, de leur donner envie, l’effet qu’on obtient est juste le contraire. La mesure qui oblige les agriculteurs à récolter la pomme de terre au risque d’aller en prison, d’empêcher les jeunes de faire l’e.commerce, alors que c’est un domaine à investir, sont autant de signaux qui empêchent les gens de consommer. On laisse filer l’inflation et après on rejette la responsabilité sur les producteurs, pour ne citer que ces exemples. Il y a une incohérence et on a l’impression que ce sont les événements qui dirigent, malgré une volonté politique incontestable.

Comment expliquer l’absence des partis politiques sur le terrain, en dehors des rendez-vous électoraux, alors que c’est une partie complémentaire de leur mission?
C’était celle-là, la partie la plus importante. Un parti politique est une courroie de transmission entre son propre électorat, qui est une frange de population, et l’Àtat. Un parti fait remonter les doléances vers les sphères de décision et descend sur le terrain pour récupérer ces informations. Mais quand vous êtes en dehors des institutions, dans notre cas, on embraye dans le vide. À quoi cela servirait-il de rencontrer les citoyens et de recueillir leurs préoccupations, si je ne peux rien faire? Je ne suis plus en mesure d’être un acteur politique. C’est à ceux qui le sont de mener ces actions, mais où sont-ils? En réalité ce qui s’est passé, c’est que ces derniers sont investis d’une légitimité, mais n’ont rien fait. Donc il y a eu une distribution de sièges à des partis qui ne sont pas aptes à agir, au final. Le processus électoral et de renouvellement des institutions a totalement étouffé la dimension politique. Résultat des courses: il y a un discrédit de la classe politique. Le champ médiatique est laissé à ceux qui veulent détruire l’État. Il n’y a qu’eux qui existent sur le terrain.

Sur un autre plan, que pensez-vous de la gestion de l’État en matière de préparation pour les périodes d’épreuves tel que le mois de Ramadhan?
En dehors de la volonté du pouvoir que je ne remets pas en cause, le problème est que le pays, actuellement n’est pas géré par la bonne volonté du gouvernement qui est toujours en train de courir derrière des événements qu’il ne maîtrise pas. Il est impératif qu’il y ait une convergence synergique d’une réflexion de fond. Il y a un problème de communication qui se pose gravement, de la part du gouvernement en particulier et du pouvoir en général. Ils n’expliquent rien aux citoyens. Il n’y a pas d’argument. Ils n’essaient pas de les mobiliser à travers les actions qu’ils mènent. Sur le plan économique, il y a ce réflexe systématique de report toujours sur les plus faibles qui deviennent des boucs émissaires. Ceux-ci sont le détaillant, le petit commerçant et le paysan qui paient. Ce sont toujours ceux qui sont à la base, en fait, du peu de création de richesse qu’on va systématiquement sanctionner parce que le système ne fonctionne pas, alors qu’il faut libérer les initiatives économiques, avoir une vision claire de l’avenir. Or, les Algériens sont dans une situation de démoralisation pour des effets autant objectifs que subjectifs. On est dans un besoin intense de débat, de dialogue national, où les gens s’impliquent, se parlent et s’expliquent pour trouver les solutions réelles et conjointes.

Ali AMZAL

www.lexpressiondz.com

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