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Le 7e Sommet des pays exportateurs de gaz naturel, regroupés au sein du GECF (Gas Exporting Countries Forum), prévu du 29 février au 3 mars prochains à Alger, promet d’être un événement majeur sur la scène énergétique. Il revêt une importance majeure aussi bien pour les pays membres que les pays consommateurs, et encore plus pour le pays hôte.
Pour l’Algérie qui abrite pour la deuxième fois les travaux de ce forum, dans un contexte géopolitique particulier, voire même critique, cet événement, qui est au centre de l’actualité énergétique mondiale, ne fait que confirmer le rôle indéniable de cette organisation dans la stabilisation du marché gazier. Mais aussi d’affirmer encore plus sa position de leader sur l’échiquier gazier mondial. A rappeler que l’Algérie accueille pour la deuxième fois les travaux de ce forum (2002), depuis la création de cette organisation internationale à Téhéran (Iran) en 2001. La position de l’Algérie dans cette industrie a été formellement avérée, notamment suite au conflit ukrainien, une période durant laquelle notre pays, considéré comme fournisseur fiable de gaz, a été fortement sollicité par de nombreux pays, notamment européens. Il est tout aussi clair que l’Algérie peut tirer plusieurs avantages de l’organisation du sommet sur son territoire, que se soit sur le plan diplomatique ou économique, et même énergétique. Des opportunités d’investissement et de renforcement des relations régionales pourraient se présenter lors de ce forum qui s’inscrit dans l’optique d’aller vers une coopération accrue entre les pays exportateurs de gaz. Des experts en énergie soutiennent que le Sommet d’Alger pourrait sortir avec des résolutions qui auront des retombées notables sur le marché gazier. La finalité étant de mettre en place un mécanisme de dialogue entre producteurs et consommateurs de gaz, à même de stabiliser et de sécuriser l’offre et la demande sur les marchés mondiaux de gaz naturel.
Plus d’un s’accordent à dire que le Sommet d’Alger verra la création d’une «Opep de gaz». Toute la question est là, a souligné l’expert en énergie, Mourad Preure, lors de son passage, il y a quelque jours, sur les ondes de la Radio nationale. Les pays producteurs de gaz ont intérêt à se regrouper et à coordonner leurs actions, a-t-il dit. L’expert soutient qu’il s’agit d’un impératif, du fait que «l’industrie gazière est une industrie capitalistique à long terme qui implique de forts investissements», et aussi eu égard à la situation du marché gazier qui, d’après lui, est en plein bouleversement. «Il est donc dans l’intérêt des pays producteurs de trouver des règles de façon à ce qu’elles se développent harmonieusement», a-t-il dit, faisant observer que l’Europe «avait réglementé son industrie gazière avec l’introduction d’un marché à court terme. Ce qui signifie que tous les risques qu’il y a sur l’investissement sont assumés par les producteurs. Il n’est donc pas possible que ces derniers prennent le risque de ces investissements alors qu’ils ne sont pas assurés sur leur rentabilisation». Pour les pays consommateurs, le risque est de se retrouver sans gaz. D’où la nécessité de cette concertation entre les pays producteurs. «Le Forum aura comme résultat un équilibre de l’industrie gazière. Ceci va dans l’intérêt aussi bien des producteurs que des consommateurs», a-t-il dit.
Une ressource stratégique
De son côté, Abdelmadjid Attar, vice-président de l’Association algérienne de l’industrie du gaz, a souligné, lors de son passage à l’émission «Le monde de l’éco», que cette organisation «est extrêmement importante, non seulement du fait qu’elle est constituée de 12 pays membres, mais aussi du fait que le gaz est devenu une ressource stratégique notamment pour la sécurité et l’indépendance énergétique. Aujourd’hui, les enjeux ne sont pas seulement énergétiques, mais beaucoup plus géopolitiques». Il a fait observer que le GECF représente 70% des réserves gazières mondiales avec un niveau de production de l’ordre de 1.650 milliards m3 /an dont 45 à 50% sont exportés principalement sous forme de GNL. «Le GNL est en train de prendre de l’importance vu qu’il assure de la flexibilité en matière d’approvisionnement», a-t-il expliqué, ajoutant que «sans gaz naturel, la transition énergétique ne peut réussir. Le gaz naturel compte, pratiquement, a-t-il dit, 25% dans le mix énergétique mondial et devrait continuer à progresser de 1 à 2%/an. Et il restera comme une ressource énergétique primordiale bien au-delà de 2050 qui va accompagner la transition énergétique». Par ailleurs, il est attendu que ce sommet lance un dialogue sur moult questions dont le financement, la sécurité de l’approvisionnement, la transition énergétique et l’environnement.
Wassila Ould Hamouda