{"id":25406,"date":"2021-07-29T00:46:58","date_gmt":"2021-07-29T00:46:58","guid":{"rendered":"https:\/\/jazairhope.org\/?p=25406"},"modified":"2021-07-29T00:46:58","modified_gmt":"2021-07-29T00:46:58","slug":"poetesses-dexpression-arabe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jazairhope.org\/fr\/poetesses-dexpression-arabe\/","title":{"rendered":"Po\u00e9tesses d\u2019expression arabe"},"content":{"rendered":"<div id=\"docHeader\">\n<div id=\"docSubParent\" class=\"compat-08\"><\/div>\n<div id=\"docContributors\">\n<div id=\"docAuthor\"><strong>Zineb\u00a0<span class=\"familyName\">LAOUEDJ<\/span><\/strong><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"doi\"><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/clio.288\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/clio.288<\/a><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"docBody\">\n<div id=\"shortcuts\"><a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#text\">Texte<\/a>\u00a0|\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#notes\">Notes<\/a>\u00a0|\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#quotation\">Citation<\/a>\u00a0|\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#authors\">Auteur<\/a><\/div>\n<div id=\"text\" class=\"section ltr\">\n<div id=\"widgets\" class=\"withTextSize\"><\/div>\n<div id=\"docAccess\"><\/div>\n<div class=\"text wResizable medium\">\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">1-<\/span>En arabe la po\u00e9sie reste le genre adopt\u00e9 par le plus grand nombre d\u2019\u00e9crivains, avec de nombreuses publications (recueils de po\u00e9sie et surtout dans les journaux et revues, cr\u00e9neaux d\u2019expression plus accessibles que les maisons d\u2019\u00e9dition). Il est vraiment difficile de citer tous les noms, surtout pour la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">2-<\/span>Une des novatrices fut la po\u00e9tesse Ahlam Mostaghanemi qui a fray\u00e9 la voie pour cette forme d\u2019expression qui \u00e9tait presque tabou jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre vingt. Mais son \u0153uvre po\u00e9tique est rest\u00e9e inachev\u00e9e car elle a d\u00e9plac\u00e9 la beaut\u00e9 de ses mots et de ses images de la po\u00e9sie vers le roman.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">3-<\/span><strong>Ahlam Mostaghanemi<\/strong>. C\u2019est l\u2019une des \u00e9crivains d\u2019expression arabe les plus courageuses et les plus audacieuses. N\u00e9e en 1953 \u00e0 Tunis, elle fait ses \u00e9tudes universitaires \u00e0 la Facult\u00e9 d\u2019Alger puis choisit Paris pour la pr\u00e9paration d\u2019une th\u00e8se de troisi\u00e8me cycle sur la femme dans la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne sous la direction de Jacques Berque. Elle fait para\u00eetre son premier recueil de po\u00e9sie,\u00a0<em>Au havre des jours<\/em>\u00a0en 1972 et le second,\u00a0<em>\u00c9criture nue\u00a0<\/em>en 1976 \u00e0 Beyrut, Liban. Elle \u00e9voque dans ses deux recueils le probl\u00e8me de la d\u00e9mocratie, de la libert\u00e9 d\u2019expression, de la r\u00e9pression, de la femme, de l\u2019amour. Elle r\u00e9clame la libert\u00e9 pour faire \u0153uvre constructive dans son pays comme le signale clairement Jean D\u00e9jeux dans son livre\u00a0<em>La litt\u00e9rature alg\u00e9rienne contemporaine<\/em>. Elle revendique l\u2019\u00e9mancipation bien comprise de la femme, elle exprime aussi, comme les po\u00e8tes de langue fran\u00e7aise, une angoisse, un malaise d\u2019\u00eatre, et une avidit\u00e9 de se dire en toute spontan\u00e9it\u00e9, avec beaucoup de sinc\u00e9rit\u00e9. Ahlam, loin des discours hypocrites dit ce qu\u2019elle vit sans biaiser sur les mots ni jouer sur leur sens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Je meurs avant ma mort<br \/>\nau pays des grands cimeti\u00e8res<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">4<\/span>L\u2019amour pour elle est une passion qu\u2019il faut r\u00e9v\u00e9ler, qu\u2019il faut dire, \u00e9crire et crier face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 oppressante qui veut \u00e9touffer m\u00eame les sentiments les plus naturels et les spontan\u00e9s. Pour elle \u00e9crire c\u2019est d\u00e9fier, transgresser, choquer, faire vibrer toute une langue, la faire sortir de son conservatisme et de son archa\u00efsme, la d\u00e9sacraliser d\u2019une fa\u00e7on brusque et brutale. Il faut rendre \u00e0 la langue sa chaleur humaine son \u00e9lan po\u00e9tique, en un mot, sa po\u00e9sie\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Le jour o\u00f9 j\u2019ai \u00e9crit je t\u2019aime&#8230;<br \/>\nils ont dit po\u00e9tesse<br \/>\nJe me suis mise nue pour t\u2019aimer&#8230;<br \/>\nils m\u2019ont trait\u00e9e de prostitu\u00e9e<br \/>\nJe t\u2019ai quitt\u00e9 pour les convaincre&#8230;<br \/>\nils m\u2019ont trait\u00e9e d\u2019hypocrite<br \/>\nJe suis revenue vers toi&#8230;<br \/>\nils m\u2019ont trait\u00e9e de l\u00e2che<br \/>\nJ\u2019ai commenc\u00e9 a \u00eatre hant\u00e9e par mes vers<br \/>\net a offrir mon corps nu \u00e0 la glace<a id=\"bodyftn1\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn1\">1<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">5-<\/span>Angoisse et amertume insupportables face \u00e0 des situations inhumaines se transforment en mots, en po\u00e9sie. Ahlam fait partie d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui n\u2019\u00e9crit que sur un pr\u00e9sent, m\u00eame si ce pr\u00e9sent est li\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre \u00e0 un pass\u00e9 dramatique, dont la d\u00e9sesp\u00e9rance est devenue un fardeau qui g\u00e8ne son \u00e9panouissement et son ouverture sur d\u2019autres mondes plus merveilleux et plus po\u00e9tiques.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">6-<\/span><strong>Mabrouka Bousaha<\/strong>. Contrairement \u00e0 Ahlam, Mabrouka Bousaha ne produit presque plus depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, et pourtant lorsqu\u2019elle a publi\u00e9 en 1969 son recueil\u00a0<em>Bourgeons<\/em>, sa po\u00e9sie faisait appara\u00eetre, malgr\u00e9 sa simplicit\u00e9, une nouvelle donn\u00e9e dans l\u2019\u00e9criture f\u00e9minine. Vers pleins d\u2019amour et de d\u00e9sespoir qui d\u00e9fiaient une soci\u00e9t\u00e9 en pleine mutation, la po\u00e9sie limpide et lyrique de Mabrouka allait au del\u00e0 de toute la rh\u00e9torique classique de la p\u00e9riode ant\u00e9-islamique consid\u00e9r\u00e9e par le mouvement r\u00e9formiste comme \u00e9tant le fondement de la po\u00e9sie arabe, un passage obligatoire pour toute exp\u00e9rience nouvelle.<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Oh\u00a0! mon amour<br \/>\nd\u00e9couvre moi..<br \/>\nDis moi qui je suis\u00a0?\u00a0?<br \/>\nJe ne suis rien<br \/>\nJe suis faite de silence<br \/>\nJe suis faite de solitude<br \/>\nJe suis le silence et la solitude m\u00eame<a id=\"bodyftn2\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">7-<\/span>Durant les ann\u00e9es 70 beaucoup d\u2019entre nous ont perdu le souffle malgr\u00e9 un contexte social assez favorable \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement d\u2019exp\u00e9riences f\u00e9minines dans le domaine de l\u2019\u00e9criture. Il faut signaler peut-\u00eatre que nombre d\u2019\u00e9crivains de cette p\u00e9riode, dont les femmes, se sont consacr\u00e9s \u00e0 des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Il a donc fallu attendre la fin des ann\u00e9es 80 et les d\u00e9buts des ann\u00e9es 90 pour voir \u00e9merger toute une pl\u00e9iade de po\u00e8tes. Ces femmes, sensibles aux maux qui rongeaient la soci\u00e9t\u00e9, \u00e9taient \u00e0 la recherche d\u2019un nouvel espace d\u2019expression loin d\u2019un contexte ennemi de la modernit\u00e9 et d\u2019un discours politico-religieux hostile aux acquis de la femme et au combat de tous les progressistes.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">8-<\/span>Cette jeune g\u00e9n\u00e9ration repr\u00e9sente la nouvelle po\u00e9sie au niveau du style, des formes, et du contenu. Ces po\u00e9tesses ont une relation extraordinaire avec un quotidien en proie au d\u00e9chirement social m\u00eame dans ses d\u00e9tails les plus infimes et essayent de mettre en valeur tout ce qui est cach\u00e9, enferm\u00e9, camoufl\u00e9 comme le corps f\u00e9minin que la soci\u00e9t\u00e9 tente par tous les moyens d\u2019\u00e9touffer en instaurant l\u2019image du harem et de la femme soumise, poss\u00e9d\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">9-<\/span>La po\u00e9sie des ann\u00e9es 90 exprime un d\u00e9sespoir qui, dans les cas extr\u00eames, aboutit au suicide\u00a0: apr\u00e8s la regrett\u00e9e Safia Kettou, Abdallah Boukalfa, \u00e2g\u00e9 de 21 ans, se suicide quelques jours apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements d\u2019octobre 1988 et Farouk Smira en \u00e9t\u00e9 1994. L\u2019\u00e9criture des jeunes po\u00e9tesses dans l\u2019Alg\u00e9rie d\u2019aujourd\u2019hui est la qu\u00eate d\u2019un espace qui est devenu interdit, un espace m\u00eame dans le sens symbolique. Essayer de faire avec la beaut\u00e9 des mots et leur amertume un espace social o\u00f9 la femme puisse acqu\u00e9rir sa place et s\u2019affirmer en tant que citoyenne. Mais ce qui est paradoxal et en relation m\u00eame avec l\u2019\u00e9criture c\u2019est qu\u2019en Alg\u00e9rie, malgr\u00e9 le drame, la soci\u00e9t\u00e9 bouge d\u2019une fa\u00e7on extraordinaire et cr\u00e9e un dynamisme qui r\u00e9duit le poids de la mort d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e. Le mouvement vivant et r\u00e9el de la soci\u00e9t\u00e9 fait fi des lois et m\u00eame des assassins int\u00e9gristes. Malgr\u00e9 un code de la famille r\u00e9trograde et archa\u00efque, un code qui nie \u00e0 la femme la qualit\u00e9 d\u2019\u00eatre humain, un code qui se joint \u00e0 ceux qui aiguisent leurs couteaux pour nous \u00e9gorger et qui choisissent les pierres pour nous lapider, la femme bouge, travaille, \u00e9crit, crie sa douleur, pleure ses absents toujours pr\u00e9sents et m\u00eame dans sa peine s\u2019\u00e9panouit d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre. Tout cela est repr\u00e9sent\u00e9 comme une symbolique et une esth\u00e9tique au niveau de l\u2019\u00e9criture f\u00e9minine.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">10-<\/span>L\u2019une des plus pr\u00e9sentes dans la sph\u00e8re po\u00e9tique est la po\u00e9tesse\u00a0<strong>Rachida Khawazem<\/strong>\u00a0qui chante avec douleur les lieux, les souvenirs et les odeurs. Habit\u00e9e par la ville elle essaie de toucher au plus pr\u00e8s les traces et les nuances qui l\u2019\u00e9touffent. C\u2019est la pr\u00e9sence accablante de la ville avec toute sa symbolique, la ville des r\u00eaves et de la mort, la ville de toutes les contradictions qui cache en elle les petites choses intimes, la ville du quotidien br\u00fblant qui s\u2019\u00e9chappe comme la fum\u00e9e d\u2019une cigarette grill\u00e9e en cachette. Comme tout po\u00e8te Rachida est une po\u00e9tesse d\u2019imagination qui se pr\u00e9sente en toute simplicit\u00e9 comme une interpr\u00e8te de signes emport\u00e9e par une richesse lexicale, \u00ab\u00a0elle se meut parmi les images qu\u2019elle cr\u00e9e et qui l\u2019investissent de toutes parts.\u00a0\u00bb. Puisqu\u2019en po\u00e9sie s\u2019ajoute \u00e0 cette repr\u00e9sentation du monde l\u2019imagination verbale, qui per\u00e7oit les richesses s\u00e9mantiques des mots et en fait jaillir de nouvelles qui joue sur les associations in\u00e9dites, Rachida se livre \u00e0 des d\u00e9formations et \u00e0 des cr\u00e9ations nouvelles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Entre les cit\u00e9s qui se sauvent<br \/>\net mes l\u00e8vres<br \/>\nla mort est l\u00e0 avec ses yeux ronds<br \/>\net vides<br \/>\ncomme le temps et le tabac<br \/>\nelle \u00e9gorge mon sang<br \/>\nJe d\u00e9teste que s\u2019\u00e9chappent de moi<br \/>\nles r\u00eaves que je souffle en fumant<br \/>\nmon tabac couleur de miel<br \/>\nJ\u2019enferme en mon c\u0153ur<br \/>\nl\u2019odeur des mots h\u00e9sitants<br \/>\nJe dicte les versets pour le r\u00eave<br \/>\nlorsqu\u2019ils se d\u00e9voilent<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">11-<\/span>Si la po\u00e9sie tend, dans un sens, \u00ab\u00a0\u00e0 se constituer une langue \u00e0 part, distincte de la langue courante, et \u00e0 revendiquer pour elle-m\u00eame un id\u00e9al de puret\u00e9 par exclusion des sens trop usuels\u00a0\u00bb Rachida essaie, elle, de faire du langage du quotidien des petites choses capt\u00e9es consciemment ou inconsciemment un langage de po\u00e9sie, comme par exemple dire la ville, crier la cit\u00e9, revendiquer l\u2019espace, d\u00e9voiler la femme \u00e9nigmatique ou la femme tout court en qu\u00eate d\u2019un espace, de la chaleur des mots, la femme qui exige d\u2019\u00eatre comprise, accept\u00e9e comme telle, reconnue simplement comme citoyenne \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Qui me lit\u00a0?<br \/>\nQui accepte de suivre des yeux<br \/>\nla silhouette d\u2019un cadavre\u00a0?<br \/>\nQui me d\u00e9chiffre<br \/>\npour comprendre<br \/>\nque la trace de la graphie \u00ab\u00a0koufique\u00a0\u00bb<br \/>\na les traits de mon orphelinat\u00a0?<br \/>\nQui peut me ch\u00e9rir<br \/>\nmoi la femme qui na\u00eet<br \/>\ncomme la mer<br \/>\nsur les corps br\u00fbl\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">12-<\/span>\u00ab\u00a0Orphelinat\u00a0\u00bb, c\u2019est la d\u00e9tresse, le rejet, l\u2019exclusion, la marginalisation. Un d\u00e9chirement entre une cit\u00e9 qui s\u2019estompe, une soci\u00e9t\u00e9 qui se d\u00e9grade et des lois qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 en faveur de la femme (le code la famille comme exemple le plus concret, ce code qui fait de la femme une mineure \u00e0 vie). La graphie koufique pr\u00e9sente en m\u00eame temps une beaut\u00e9, une esth\u00e9tique, une Histoire, une r\u00e9f\u00e9rence, une civilisation, une culture, mais repr\u00e9sente aussi la stagnation, l\u2019\u00e9tat stationnaire des choses, l\u2019archa\u00efsme, l\u2019enfermement, le sacr\u00e9, le tabou, le non dit&#8230;<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">\u00ab\u00a0Gitane\u00a0\u00bb<br \/>\ncette cigarette me reconduit<br \/>\naux chambres envo\u00fbt\u00e9es<br \/>\nje m\u2019extrais avec effort<br \/>\nde ses yeux contagieux<br \/>\ncouleur de libert\u00e9.<br \/>\nPourquoi, sur ses seins, cette mer grav\u00e9e<br \/>\nme volant mes pri\u00e8res pa\u00efennes\u00a0?<br \/>\n\u2013 \u00ab\u00a0Regarde<br \/>\net tais-toi\u00a0!<br \/>\npour que dorme notre cit\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<br \/>\nElle \u00e9tait nue<br \/>\nen accueillant la pri\u00e8re de l\u2019aube.<br \/>\nElle \u00e9tait Homme<br \/>\ndans cet \u00e9tourdissement nocturne\u00a0!<br \/>\nElle \u00e9tait Homme<br \/>\nBelle comme la puret\u00e9\u00a0!<br \/>\n\u2013 \u00ab\u00a0Tais-toi\u00a0!<br \/>\npour que dorme notre cit\u00e9\u00a0!<br \/>\net que nous retournions une autre fois vers la mer\u00a0\u00bb<a id=\"bodyftn3\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn3\">3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">13-<\/span>\u00c0 la recherche d\u2019une paix int\u00e9rieure, d\u2019un calme cr\u00e9ateur qui aide \u00e0 plus de libert\u00e9, plus de beaut\u00e9, plus d\u2019expression, cette po\u00e9sie g\u00eane \u00e0 plusieurs niveaux \u2013 dont le niveau social et linguistique \u2013 car elle exprime le refus du conformisme, du traditionnel et des id\u00e9es d\u2019exclusion. Dans ce sens la po\u00e9sie des ann\u00e9es 80 et 90 \u00e9crites par des jeunes po\u00e8tes, femmes ou hommes acquis \u00e0 la modernit\u00e9, a pu faire un lien entre le v\u00e9cu, le quotidien et le r\u00eave au niveau du langage, le r\u00eave d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle o\u00f9 la femme est citoyenne \u00e0 part enti\u00e8re, o\u00f9 elle peut s\u2019exprimer librement avec ses mots, ses vrais mots, ses gestes, avec son imaginaire qui ne peut \u00eatre gel\u00e9 m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas ext\u00e9rioris\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle domin\u00e9e par le religieux dans sa signification la plus restrictive et o\u00f9 le masculin \u2013 dans le sens du m\u00e2le et non dans le sens de l\u2019homme \u2013 domine pour effacer tout ce qui est beaut\u00e9, tout ce qui est f\u00e9minin ou masculin. Tout simplement effacer l\u2019humain dans le sens le plus large et la d\u00e9finition la plus noble.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">14-<\/span><strong>Fatima Ben Chaalal<\/strong>\u00a0parle de ce malaise de la fa\u00e7on la plus directe et la simple\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Il se peut que les gens de la ville<br \/>\nd\u00e9couvrent les traces de ta semelle sur mon sang<br \/>\nIl se peut qu\u2019ils remarquent les restes de mes l\u00e8vres fines<br \/>\nentre tes dents<br \/>\nIls entendent l\u2019\u00e9cho de mon cri douloureux vibrer aux labyrinthes<br \/>\nde ma patience conserv\u00e9e dans les bo\u00eetes rouill\u00e9es<br \/>\nIl se peut..<br \/>\nEt il se peut..<br \/>\nMais parce que tu es le m\u00e2le<br \/>\ntous les p\u00e9ch\u00e9s sont puret\u00e9<br \/>\ncomme la pluie&#8230;<a id=\"bodyftn4\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn4\">4<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">15-<\/span><strong>Kheira Bellaksir<\/strong>\u00a0\u00e9voque le sort de la femme trac\u00e9 avant m\u00eame sa naissance par la soci\u00e9t\u00e9 et les mentalit\u00e9s archa\u00efques\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Le destin a fait, qu\u2019on court derri\u00e8re la discr\u00e9tion<br \/>\nOn lui donne une forme et une couleur<br \/>\nOn fignole pour la belle mort lente<br \/>\nune chanson sublime<br \/>\net quand le vent se moque de nous<br \/>\non crie notre douleur au ciel<br \/>\nLa grisaille des rues nous emporte<br \/>\net le vide aussi<br \/>\nEt moi pour chaque ann\u00e9e j\u2019allume une bougie<br \/>\net mille autres s\u2019estompent<br \/>\nchaque ann\u00e9e l\u2019ombre<br \/>\nengloutit mon espoir<br \/>\net moi je suis encore l\u00e0&#8230;<a id=\"bodyftn5\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn5\">5<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">16-<\/span>La femme se cache, s\u2019estompe, cache toute expression de f\u00e9minit\u00e9 d\u2019\u00e9panouissement, \u00e9touffe l\u2019amour, l\u2019espoir, le r\u00eave et le droit de r\u00eaver, tout son corps est tabou et p\u00e9ch\u00e9, elle est toute pleine d\u2019interdits&#8230; L\u2019espace de la po\u00e9sie devient un espace r\u00e9el pour cette f\u00e9minit\u00e9 interdite et confisqu\u00e9e. Avec cette po\u00e9sie on se retrouve face \u00e0 face avec le corps, ce p\u00e9ch\u00e9 \u00e9ternel, ce corps satan, ce corps mal\u00e9diction, cette cr\u00e9ature damn\u00e9e qu\u2019est la femme, ce corps qui se pr\u00e9sente comme espace d\u2019expression, ce corps qui se cr\u00e9e de nouveau, un corps qui \u00e0 travers la po\u00e9sie et la beaut\u00e9 des mots, br\u00fble l\u2019interdit, transgresse la langue, \u00e9miette les constantes. C\u2019est ce que crie\u00a0<strong>Soula\u00efma Rahhal<\/strong>\u00a0avec toute la rage possible\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Que les prostitu\u00e9es se purifient<br \/>\navec les braises de la douleur<br \/>\ncette \u00e9poque m\u00eame est obsc\u00e8ne<br \/>\nQue les prostitu\u00e9es<br \/>\ns\u2019\u00e9tendent sur la d\u00e9pouille de l\u2019honneur enseveli<br \/>\nsur l\u2019\u00e9tendue de l\u2019horreur et de la mort<br \/>\nqu\u2019elles le d\u00e9plorent avec larme s\u00e9duisante<br \/>\net g\u00e9missement du d\u00e9sir<br \/>\nQu\u2019elles s\u2019adossent sur la poitrine d\u2019un Dieu<br \/>\net qu\u2019elles deviennent pieuses en sa pr\u00e9sence<br \/>\net puis qu\u2019elles offrent leurs corps \u00e0 ce Dieu glacial<br \/>\npour l\u2019habiter de d\u00e9sir<br \/>\nqu\u2019elles couchent avec lui<br \/>\nl\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre<br \/>\npour qu\u2019il accouche un autre honneur<br \/>\npour cette ville noy\u00e9e de contes tranchants<br \/>\net de talismans drap\u00e9s de larmes&#8230;<a id=\"bodyftn6\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn6\">6<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">17-<\/span>Ici le po\u00e8me est un espace de libert\u00e9 et en m\u00eame temps un espace de violence, de d\u00e9nonciation. Le po\u00e8me se trouve face \u00e0 face avec un corps confisqu\u00e9, momifi\u00e9. Ce corps est aussi le corps de Dieu qui n\u2019est autre que le masculin, qui domine, qui fait les lois. Ce masculin qui interdit la lumi\u00e8re, la beaut\u00e9 et qui se veut toujours pr\u00e9sent pour la tenir sous sa tutelle et sous sa d\u00e9pendance. Il est toujours l\u2019interm\u00e9diaire pour atteindre le Paradis perdu par faute de Hawa, Eve.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">18-<\/span>Tout ce marasme a fait que cette po\u00e9sie intense est une po\u00e9sie de refus qui s\u2019est ressourc\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s am\u00e8res, une po\u00e9sie li\u00e9e consciemment \u00e0 la violence f\u00e9roce contre les femmes et contre toute une soci\u00e9t\u00e9 (violence verbale dans les journaux, les pr\u00eaches des vendredis dans les mosqu\u00e9es, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et \u00e0 la radio). Cette violence agresse la femme comme pr\u00e9sence physique et comme imaginaire et aboutit aux assassinats monstrueux v\u00e9cus au quotidien. La ville, qui a perdu toute sa beaut\u00e9, sa splendeur, est devenue l\u2019incarnation de l\u2019horreur, de tout ce qui est monstrueux et f\u00e9roce.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">19-<\/span>C\u2019est parce que les jours ont chang\u00e9 de couleur et de go\u00fbt que\u00a0<strong>Nac\u00e9ra Mohamdi<\/strong>\u00a0crie les douleurs des vendredis qui rongent la ville et les gens. Elle d\u00e9voile cette odeur de l\u2019obscurantisme qui commence \u00e0 \u00e9trangler les voix et les regards, \u00e0 r\u00e9tr\u00e9cir les corps, tout en faisant du langage une mati\u00e8re de protestation contre ceux qui veulent \u00e9liminer tout ce qui repr\u00e9sente la vie, la diversit\u00e9 et la diff\u00e9rence, contre ceux qui veulent nous ensevelir dans l\u2019obscurit\u00e9 et les t\u00e9n\u00e8bres. Nac\u00e9ra refuse que sa ville se transforme en un grand cimeti\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Les caravanes de l\u2019obscurit\u00e9<br \/>\naccompagnent tous les vendredis<br \/>\nLe visage du d\u00e9sastre vient vers nous<br \/>\nil accule le soleil<br \/>\nil se pr\u00e9cipite vers nous<br \/>\nentre les mains son cercueil de l\u2019enfer<br \/>\nqui efface ma lueur<br \/>\ncombien ces chauves-souris d\u00e9sirent notre sang<br \/>\ncombien de fois ont jet\u00e9 la lumi\u00e8re de nos yeux \u00e0 la folie du feu<br \/>\net chaque fois on se r\u00e9concilie avec la vie<br \/>\nsur la lisi\u00e8re de l\u2019exil<br \/>\nvibrent les pas d\u2019un p\u00e8re mythique<br \/>\nqui \u00e0 une naissance annon\u00e7a<br \/>\nque cette gitane<br \/>\nest crucifi\u00e9e au c\u0153ur de la tribu<br \/>\nest assassin\u00e9e dans ce pays<a id=\"bodyftn7\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn7\">7<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">20-<\/span>\u00c0 partir de ces po\u00e8mes \u00e9crits en langue arabe je peux dire que cette g\u00e9n\u00e9ration des ann\u00e9es 80-90, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s et les contraintes n\u2019a pas de complexes vis \u00e0 vis de la langue, elle peut \u00e9crire en arabe comme elle peut traduire en fran\u00e7ais\u00a0; elle peut \u00e9crire en arabe litt\u00e9raire comme en arabe dialectal \u2013 ce qui correspond \u00e0 ma propre exp\u00e9rience. Cette g\u00e9n\u00e9ration n\u2019a de complexe ni au niveau de l\u2019histoire, ni au niveau de sa m\u00e9moire, ni au niveau des langues, ni au niveau de son patrimoine culturel pluriel, ni au niveau des religions.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">21-<\/span>Pour ces jeunes \u00e9crire la po\u00e9sie et la dire \u00e0 voix tr\u00e8s haute, c\u2019est dire la beaut\u00e9 et r\u00e9v\u00e9ler l\u2019amour. Crier le merveilleux dans un monde qui n\u2019est pas forcement merveilleux. Ecrire un po\u00e8me est une sorte d\u2019exorcisme pour \u00e9chapper \u00e0 la mort.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">22-<\/span>\u00c9crire, tout simplement c\u2019est \u00eatre soi m\u00eame, dans un instant de complicit\u00e9 avec le mot, la syllabe, la ponctuation, avec l\u2019image po\u00e9tique, se noyer dans le sens sans vraiment donner aux mots leurs vrais sens, laisser le po\u00e8me ouvert \u00e0 toutes les interpr\u00e9tations possibles.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">23-<\/span>\u00c9crire de la po\u00e9sie c\u2019est donner au langage la possibilit\u00e9 de se ronger de l\u2019int\u00e9rieur. Donner \u00e0 la langue la possibilit\u00e9 de se dire autrement, de montrer qu\u2019il n\u2019y a pas de sens constant, mais des sens qui bougent, r\u00e9novent et se r\u00e9novent.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">24-<\/span>Cette po\u00e9sie g\u00eane dans le vrai sens du mot. Elle g\u00eane au niveau social parce qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le le non dit, elle g\u00eane au niveau linguistique parce qu\u2019elle a transgress\u00e9 la langue et os\u00e9 briser les tabous et le sacr\u00e9. Elle a secou\u00e9 la langue arabe du sacr\u00e9 en montrant \u00e0 partir de l\u2019\u00e9criture elle m\u00eame et de l\u2019esth\u00e9tique que la langue arabe avant d\u2019\u00eatre la langue du Coran, est avant tout la langue de la po\u00e9sie ant\u00e9-islamique. Tout simplement cette po\u00e9sie est une po\u00e9sie de rupture avec les formes traditionnelles classiques et le sacr\u00e9 tout court.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">25-<\/span>Les \u00e9crivaines maghr\u00e9bines qui ont \u00e9merg\u00e9 dans le combat pour la lib\u00e9ration de leur pays et qui ont men\u00e9 le combat et le m\u00e8nent toujours pour le droit \u00e0 une citoyennet\u00e9 \u00e0 part enti\u00e8re, pour la libert\u00e9 d\u2019expression et pour pouvoir exprimer leur f\u00e9minit\u00e9 confisqu\u00e9e ont pr\u00e9par\u00e9 le terrain \u00e0 cette jeune g\u00e9n\u00e9ration (du moins \u00e0 celles qui sont bilingues parce que celles qui \u00e9crivent en arabe ont trouv\u00e9 le chemin plein d\u2019interdit, de tabou et de\u00a0<em>haram<\/em>) qui veut arracher le droit \u00e0 l\u2019expression, le droit \u00e0 la parole et dire que passer de l\u2019oralit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9crit c\u2019est aussi arracher un pouvoir qui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019homme seul. Donc \u00e9crire c\u2019est \u00eatre soi-m\u00eame, un \u00eatre \u00e0 part enti\u00e8re qui d\u00e9fie, qui s\u2019exprime, qui crie, qui essaie d\u2019occuper l\u2019espace interdit comme l\u2019exprime\u00a0<strong>Habiba Mohammedi<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Ils ont apprivois\u00e9 mon c\u0153ur sur leurs \u00e9pines<br \/>\nIl est devenu pierre<br \/>\nIls ont suspendu leurs cordes au ciel de mon bonheur<br \/>\nles cordes se sont transform\u00e9es en larmes chaudes<br \/>\ntransper\u00e7ant les restes des pierres&#8230;<a id=\"bodyftn8\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn8\">8<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">26-<\/span>La m\u00eame image po\u00e9tique et la m\u00eame sensation d\u2019impuissance impr\u00e9gn\u00e9e de d\u00e9fi et de volont\u00e9 de transgression se trouvent chez les po\u00e9tesses tunisiennes et marocaines avec une puissance extraordinaire pour manier la langue, en puisant dans toutes ses zones interdites et sa beaut\u00e9 cach\u00e9e par des si\u00e8cles de non dit.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">27-<\/span>On peut citer parmi tant d\u2019autres Naima Asseid, Fadila Chabbi, Nadjat Al-Oudwani, Fawzia Al-Ouloui de Tunisie et Malika al-Assimi et Wafa al-Amrani du Maroc.<\/p>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Parce que tu es seul<br \/>\nqui a s\u00e9duit les \u00e9toiles<br \/>\net a fait vibrer les univers&#8230;<a id=\"bodyftn9\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn9\">9<\/a><br \/>\nIls d\u00e9vorent ma puret\u00e9<br \/>\nj\u2019oublie ma douleur<br \/>\nje ferme mes portes<br \/>\nje me recroqueville \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur<br \/>\nje me pelotonne&#8230;<a id=\"bodyftn10\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn10\">10<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">malgr\u00e9 ma fatigue<br \/>\noh\u00a0! mon \u00e2me<br \/>\nje pratique toujours le changement<br \/>\nmon corps est toujours un refuge<br \/>\npour mes amours<br \/>\net un lit de soie.<a id=\"bodyftn11\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn11\">11<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Le monde est un caf\u00e9<br \/>\nLe serveur efface les traces<br \/>\nde celui qui \u00e9tait l\u00e0 avant moi<br \/>\nmoi le papillon blessant<br \/>\nje brise les lanternes fragiles<br \/>\net je ne br\u00fble pas<a id=\"bodyftn12\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn12\">12<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<div class=\"textandnotes\">\n<ul class=\"sidenotes\">\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Sur les plus hauts sommets de l\u2019Atlas<br \/>\nj\u2019ai suspendu<br \/>\nmon c\u0153ur tendre et libre<br \/>\nparce que les hy\u00e8nes puantes<br \/>\nvivent dans le d\u00e9clin<br \/>\nLes hauteurs leur causent<br \/>\nles naus\u00e9es<br \/>\net le vertige<br \/>\nMon c\u0153ur est une fleur d\u00e9bordante de parfum<br \/>\nLe cueilleur est un rhume chronique.<a id=\"bodyftn13\" class=\"footnotecall\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/288#ftn13\">13<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">28-<\/span>Ce petit aper\u00e7u sur notre r\u00e9alit\u00e9 arabe complexe et contradictoire en ce qui concerne les droits des femmes r\u00e9v\u00e8le de fa\u00e7on tr\u00e8s claire que la mentalit\u00e9 du \u00ab\u00a0harem\u00a0\u00bb r\u00e8gne toujours et d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s pesante. Cette id\u00e9e du \u00ab\u00a0harem\u00a0\u00bb a consacr\u00e9 et consacre toujours la non reconnaissance de la femme comme citoyenne \u00e0 part enti\u00e8re. C\u2019est dans le bouillonnement br\u00fblant de cette situation partag\u00e9e par toutes les femmes arabes et musulmanes que les \u00e9crivaines arabes ou d\u2019expression arabe ont \u00e9merg\u00e9 en transgressant et les traditions et le sacr\u00e9 tout en essayant de mettre en valeur une expression litt\u00e9raire ancestrale qui est la po\u00e9sie.<\/p>\n<p class=\"texte\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\"><span class=\"paranumber\">29-<\/span><strong>Zineb Laouedj &#8211; Traduction de l\u2019arabe dialectal par l\u2019auteur<br \/>\nNouara la folle<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Elle lance son cri affol\u00e9<br \/>\nElle d\u00e9fait ses cheveux<br \/>\nElle les r\u00e9partit entre les filles de la tribu<br \/>\nElle s\u2019assoit sur le seuil<br \/>\nSon giron offert au vent<br \/>\net attend qu\u2019y tombent<br \/>\nles \u00e9toiles<br \/>\net la blancheur de la lune<br \/>\nElle attend de devenir<br \/>\ntronc d\u2019olivier<br \/>\nou branche de palmier<br \/>\nOn lui a dit<br \/>\nque la lune<br \/>\nest une femme<br \/>\naccroch\u00e9e<br \/>\npar tra\u00eetrise<br \/>\npar les yeux<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Elle lance son cri, \u00a0la folle<br \/>\nfille de la folle,<br \/>\nElle d\u00e9fait ses cheveux<br \/>\nElle les r\u00e9partit entre les filles de la tribu<br \/>\nElle pleure et se lamente<br \/>\nElle g\u00e9mit<br \/>\nElle pousse son cri affol\u00e9<br \/>\nLe fr\u00e8re est le fr\u00e8re de sa femme<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Elle a offert<br \/>\nsa poitrine<br \/>\nau corbeau<br \/>\npour qu\u2019il en traie<br \/>\ntout le lait.<br \/>\nElle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9, en ces temps maudits,<br \/>\nque le fr\u00e8re<br \/>\nn\u2019est plus fr\u00e8re<br \/>\nde sa femme<br \/>\nni<br \/>\nfr\u00e8re de sa s\u0153ur<br \/>\nFillette ils \u00a0m\u2019ont r\u00e9pudi\u00e9e<br \/>\nComment vais &#8211; je devenir \u00a0femme\u00a0?<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Elle a cri\u00e9<br \/>\nMoi la folle<br \/>\nfille de la folle<br \/>\nElle a jet\u00e9 son visage au feu,<br \/>\nle feu de son feu s\u2019est br\u00fbl\u00e9<br \/>\nelle, sublime, est rest\u00e9e<br \/>\nau milieu des braises<br \/>\nAvec la mousse de la cendre elle a fait ses ablutions<br \/>\net elle a pri\u00e9 sur une tombe oubli\u00e9e<br \/>\ndes femmes hant\u00e9es par la tristesse depuis la nuit des temps<br \/>\nune st\u00e8le pour s\u2019adosser<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Debout, tel un saule<br \/>\ndroit dans le ciel<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Elle a offert<br \/>\nsa poitrine<br \/>\nau corbeau<br \/>\npour qu\u2019il en traie<br \/>\ntout le lait<br \/>\nElle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9, en ces temps maudits<br \/>\nque le lait de la m\u00e8re<br \/>\na le go\u00fbt de l\u2019eau<br \/>\nmais aussi celui du laurier-rose<br \/>\net de tout ce qui est amer<br \/>\nElle a cri\u00e9, cri\u00e9<br \/>\nde son cri affol\u00e9<br \/>\njusqu&#8217;\u00e0 ce que le hululement<br \/>\ndu hibou<br \/>\nretentisse dans le d\u00e9sert<br \/>\nFillette ils m\u2019ont r\u00e9pudi\u00e9e<br \/>\nComment vais-je devenir femme\u00a0?<br \/>\nMoi la \u00a0folle<br \/>\nfille de la folle<br \/>\nen ces temps maudits<br \/>\nle fr\u00e8re ne jure plus<br \/>\nau nom de la saveur du sein<br \/>\net du lait.<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" dir=\"ltr\" lang=\"fr-fr\" xml:lang=\"fr-fr\">Alger &#8211; Hiver 1993.<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Zineb\u00a0LAOUEDJ https:\/\/doi.org\/10.4000\/clio.288 Texte\u00a0|\u00a0Notes\u00a0|\u00a0Citation\u00a0|\u00a0Auteur 1-En arabe la po\u00e9sie reste le genre adopt\u00e9 par le plus grand nombre d\u2019\u00e9crivains, avec de nombreuses publications (recueils&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":25408,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[32,34],"tags":[],"class_list":["post-25406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-algerie","category-art-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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