Yacef Saâdi, né à la Casbah d’Alger, d’une famille originaire d’un petit village sur les hauteurs d’Azeffoun a cessé sa scolarité, après le certificat d’études, suite au débarquement des alliés en novembre 1942.
L’école Sarrouy où il venait d’entrer avait été réquisitionnée. Dans ce climat de grande misère et d’affirmation du sentiment nationaliste, tout en aidant son père dans son magasin de fruits et légumes, il prend conscience de sa condition de colonisé. C’est tout naturellement qu’il adhère au PPA alors qu’il venait d’avoir 17 ans en 1944.
Dans son livre «La bataille d’Alger», paru en 1984, il relate cette période de sa jeunesse et le cheminement qui le mènera d’abord dans les rangs de l’OS puis, pour deux années, à Paris. Ses économies permettront à son père, écrit-il, de se reconvertir à partir de 1952 en boulanger.
C’est Zoubir Bouadjadj qui le sollicite, dès les premiers jours de novembre, pour rejoindre le FLN.
Sa première action aura été d’héberger chez lui à la rue des Abderames, Rabah Bitat qui ne tardera pas à être arrêté, mais il s’occupera davantage de recruter et d’assurer le gite pour les responsables du FLN de passage à Alger. C’est lui qui accueille Abane, Ben M’hidi, Krim, Ouamrane….
Le premier le charge d’une mission en mai 1955. Yacef se rend à Zurich où il rencontre Boudiaf qui donne son accord sur le principe de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur qui sera consacré au Congrès de la Soummam.
Mais arrêté en Suisse puis en France, il sera envoyé à la prison de Serkadji où après sa courte détention, il rejoint la Casbah en procédant d’abord à «l’assainissement» du milieu dont beaucoup de membres rejoindront les groupes armés.
Jusqu’ à septembre 1957, date de son arrestation en compagnie de Zohra Drif, il tiendra tête aux paras de Massu et Bigeard dans ce qui est appelé «la bataille d’Alger».
C’est Djaffar , son nom de guerre qui produira le film de Gillo Pontecorvo où il joue son propre rôle. Colonel de l’ALN il relate dans son livre beaucoup d’événements (attentat contre le bachagha Ait Ali, grève des huit jours de janvier- février 1957, mort d’Arezki Louni , l’attentat contre Amedéé Froger qu’il impute aux services spéciaux de l’armée française ). Il était au cœur de la bataille d’Alger en sa qualité de chef de la Zone autonome qui comptait selon lui «environ 500 hommes structurés et cloisonnés». Condamné à mort, il sera gracié par de Gaulle, mais doit la vie sauve à l’ethnologue Germaine Tillion qu’il avait reçue à la Casbah pour essayer de mettre fin au cycle attentat –répression.
Après l’indépendance, celui qui fut le compagnon d’Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali se retrouve du côté de l’état-major de l’ALN et entre en confrontation avec des éléments de la wilaya 4. C’est dans ce contexte qu’apparait en août 1962 le fameux slogan «sbaasninbarakat».
S’occupant de sa boite «Casbah films» qui a produit peu de films, l’homme qui fut au début des années 70 président de l’USMA s’éclipsera de la vie politique. Il réapparaitra avec le retour de Bouteflika aux affaires.
Ce dernier va le nommer, en janvier 2001, dans le tiers présidentiel au Conseil de la nation.
Cela n’empêchera pas qu’il soit traîné dans la boue au début 2016 dans des écrits de presse auxquels il a répondu.
H. Rachid
https://www.horizons.dz/
2 comments
MRC Salem
Merci pour cet hommage pour cette grande légende à double casquettes Acteur dans une partie de l’histoire algérienne et acteur dans la Bataille d’Alger qui reste une grande référence des batailles urbaines.
Je vais envoyer cet article à sa fille Zaphyra
Merci et namaste ✋
Ouiiiii c’est un grand révolutionnaire et les algériens ont tendance à oublier que notre grand Yacef saadi n’avait pas entreprit une carrière politique ni s’était intéressé par un quelconque pouvoir et malgré cela nos pseudo intellos ne l’ont pas épargné en 2016 en s’attaquant directe à sa personne …
Hormis ses mémoires, il n’a pas soufflé mot concernant les différends entres les chefs révolutionnaires…Un grand homme quoi !!!