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Concert inédit au milieu des dunes à Taghit ce samedi 5 mars

by Toufan
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Les préparatifs vont bon train pour le grand concert de clôture de la première session de la résidence artistique OneBeat Sahara à Taghit. Reportage
A Zaouia Tahtania, à une quinzaine de kilomètres de Taghit, à 90 km au sud de Béchar, la scène est déjà installée avec ses lumières, ses enceintes et ses micros. L’équipe technique de l’Office Riad El Feth d’Alger (OREF) a tout prévu pour assurer la continuité d’un concert devant se dérouler pendant plus de sept heures à l’air libre.

Du jamais vu dans la région de la Saoura. Des tentes ont été dressées pour accueillir les visiteurs et les artistes. Des vendeurs de thé et de mets de la cuisine locale ont pris place aux côtés de ceux qui proposent des chèches de toutes les couleurs, des produits d’artisanat et des petites promenades à dos de chameau.

Le silence de cette région du sud-ouest algérien est rompu par le va-et-vient des véhicules qui transportent les 24 artistes participants à la résidence OneBeat Sahara, organisée par l’ambassade des Etats Unis à Alger et le ministère de la Culture et des Arts depuis le 24 février 2022. La scène est installée au pied de la montagne rocheuse où se trouvent les célèbres gravures rupestres de Zaouia Tahtania dans la vallée de Zousfana.

Des œuvres  originales à présenter sur scène

Les artistes se relaient pour le sound check (balance). Les organisateurs de la résidence veillent à ce que le son soit parfait pour le concert prévu ce samedi 5 mars 2022 à partir de 14 h.
Les artistes doivent présenter sur scène dans une forme professionnelle les œuvres écrites et composées à Taghit. Des chansons et des instrumentaux originaux.

Le violoniste tunisien Hassen Ben Ahmed  Mchaikhi se dit prêt pour le concert. « Pour moi, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, la Libye, le Mali et le Niger puisent à la même source musicale. Elle vient du Sahara. Il y a des variations, des styles, des genres mais la source est la même. Il y a des ressemblances dans les mélodies et les rythmes avec quelques différences », dit-il.

La résidence OneBeat Sahara permet, selon lui, de mieux découvrir les héritages culturels et musicaux de chaque pays. « On apprend beaucoup de choses et on est en contact avec des artistes qui viennent d’horizons et de cultures différents », souligne-t-il en souhaitant plus de collaborations artistiques entre artistes maghrébins.

« Les mêmes paysages que chez moi à Tombouctou »

Hassen Ben Ahmed  Mchaikhi, qui étudie à l’Institut supérieur de musique de Tunis, défend le patrimoine du Gougay, un vièle qui ressemble à un violon, présent dans le Stambali tunisien (le gnawi).
Le guitariste malien Oumar Tourè Garba n’est pas dépaysé à Taghit. « C’est les mêmes paysages que chez moi à Tombouctou avec les dunes de sable et la montagne. Taghit est plus proche de chez moi que Bamako. A Bamako, les paysages sont différents de ceux de Tombouctou. Le nord Mali et le sud de l’Algérie partagent la même nature sublime », confie-t-il.

Membre du groupe rock malien Songhoy Blues, Oumar Tourè Garba revendique une musique contemporaine où les sonorités africaines se mélangent avec les notes occidentales du blues, du jazz et du rock. « C’est une manière de donner une autre dimension à notre musique. Ce que nous faisons est typiquement africain à l’image de ce qu’ont fait les Tinariwen ou Ali Farka Touré », précise-t-il.
Ali Farka Touré a, entre autres, permis de faire connaître ce qui deviendra plus tard « le blues du désert » ou l’assouf.

De la microbiologie à la musique

Oumar Tourè Garba joue de la guitare acoustique et électrique depuis l’âge de 12 ans.
« Au début, je n’ai pas fait carrière. A l’université, j’ai étudié la microbiologie. Mes parents voulaient que je me concentre sur mes études. Avec le début de la crise au nord Mali, j’ai créé un groupe musical avec des amis. Nous avons fait des tournées en Europe et aux Etats Unis, en Australie, en Thaïlande, à Singapour, à Hong Kong… Nous n’avons pas fait beaucoup de concerts en Afrique, mis à part l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Maroc et la Tunisie « , souligne le musicien.  Songhoy Blues souhaite, selon lui, animer des concerts en Algérie.

Compositeur et musicien, Labib Benslama, qui est natif de Constantine, est à l’aise autant dans la flûte traversière que dans le n’goni ou l’oud. Lui aussi prépare le concert.
Avec son groupe « El foukr R’assambly », il a participé par le passé à des résidences artistiques à Djanet, Ghana et Etats Unis. « Ce que nous faisons avec OneBeat Sahara ressemble à ce que nous faisions auparavant. Le plus que nous apporte la résidence de Taghit est la présence de compositeurs de musique électronique. Je ne connaissais pas bien la musique de Libye, là, j’ai rencontré, l’artiste Ibrahim OmarMokhtar. Se rencontrer est un grand avantage. Les rythmes africains se ressemblent. En Afrique du nord, nous partageons les rythmes et les paroles », note Labib Benslama.

Des sons au marché et au ksar de Taghit

Il dit être peu influencé par le malouf constantinois mais le joue parfois dans ses musiques.
« Pour le concert, nous allons présenter un projet basé sur l’enregistrement de sons dans le marché, le ksar et les dunes ici à Taghit. A partir de là, nous faisons des loops (boucles) que nous arrangeons. Nous ajoutons ensuite notre composition musicale avec texte et vidéo. Ce travail de sampling se fait en groupe avec notamment Warda Esraa (artiste algérienne installée aux Etats Unis),  Ibrahim OmarMokhtar et Sarra Douik (Tunisie) », explique-t-il.

Et d’ajouter : « les américains ont appris beaucoup de choses sur les rythmes et les mélodies de l’Afrique du nord. De notre côté, nous avons appris une nouvelle harmonie ».
Le chanteur et violoniste marocain Aziz Azzi Ozouss est, lui, ravi de rencontrer à Taghit des artistes venant d’horizons musicaux différents. » « Cette résidence est pour moi un grand pas dans ma carrière musicale. Je sais que je vais apprendre et profiter de l’expérience des autres artistes. Il y a aussi un partage de nos cultures. OneBeat Sahara cherche à valoriser les points communs entre la musique américaine et les musiques africaines comme la gamme pentatonique », souligne-t-il.

En Mauritanie, on écoute le Chengy Pop

Il existe, d’après lui, des ressemblances entre le rbab et d’autres instruments africains, notamment dans la manière de jouer. « Je suis multi-instrumentiste, je joue du rbab, de loutar,  du violon et d’autres instruments présents dans la musique amazighe marocaine », précise Aziz Azzi Ozouss  qui est également producteur de musique.

Le mauritanien Dj Dhaker (Dhaker Morabet), qui est  producteur,  beatmaker,  compositeur autodidacte et pianiste, qualifie de « belle expérience » la résidence OneBeat Sahara. « En Mauritanie, il y a un nouvau courant qui s’appelle Chengy Pop. Il est joué par des instruments traditionnels mauritaniens mélangés avec des rythmes contemporains. Ce courant est très en vogue parmi les jeunes », précise-t-il.
Les vidéos de Dj Dhaker sur Youtube enregistrent des millions de vues comme pour « Saken Bali »(avec Mouna Dendenni), « Waylou », « Bilad wa buhur », « Enta Ly Hwit », etc.
« Au Maghreb, les instruments traditionnels  se ressemblent. En Mauritanie, nous avons par exemple la tidinit et l’ardin (une harpe à plusieurs cordes utilisée par les femmes). Le tidinit ressemble au gumbri. Mais, le gumbri en tant que tel n’est pas utilisé en Mauritanie », note-t-il.

Le concert, qui sera entièrement enregistré, est marqué par la présence de la nouvelle ambassadrice des Etats Unis à Alger Elizabeth Moore Aubin et du secrétaire général du ministère de la Culture et des Arts.
La deuxième session de la résidence OneBeat Sahara se déroulera à Villa Abdellatif à Alger, à partir du 7 mars, avec un deuxième concert à l’Opéra d’Alger, le vendredi 11 mars.

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