Il faut dire, avant toutes choses, qu’à travers cette campagne pernicieuse de dénigrement des accords d’Alger, c’est l’axe Alger-Bamako qui est attaqué. En effet, l’alliance algéro-malienne représente, pour la France (mais pas seulement), le principal obstacle et le plus grand danger pour l’hégémonie impérialiste occidentale. Du reste, cette alliance ne sera sans doute pas la seule à faire les frais de cette propagande mensongère et il y a fort à parier que l’on jettera le discrédit et la suspicion sur le partenariat russe.
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Pourquoi les Accords d’Alger sont attaqués
Ensuite, l’on doit se rendre à cette évidence, qui semble échapper à un grand nombre de détracteurs : les Accords d’Alger ont été et demeurent la condition sine qua non des parties belligérantes pour déposer les armes et venir à la table des négociations.
Or annuler ou ne serait-ce que revenir sur ces accords (qui constituent en réalité un véritable exploit de la diplomatie algérienne) donnerait un mauvais signal aux différents factions, qui ne tarderaient par à reprendre de plus belle les hostilités. La partition du territoire malien (qui est, bien loin des discours officiels, l’objectif final du régime français) serait alors inéluctable. C’est pourquoi les autorités maliennes (et également russes), conscientes des enjeux, soutiennent ce processus, qui constitue une base pour l’édification d’un État et des institutions maliennes fortes, garantes de sa stabilité, de son intégrité territoriale et de sa souveraineté.
Alger-Bamako, un axe stratégique vital
Bien plus que purement stratégique, l’axe Alger-Bamako est vital pour les deux capitales. Pour le Mali, Alger permet de se désenclaver et d’avoir un accès sur la Méditerranée, où s’effectue l’essentiel des échanges commerciaux de la planète. Pour l’Algérie, Bamako est la principale voie de pénétration dans le marché ouest-africain. Si le Mali est le coeur du Sahel, l’Algérie en est les poumons.
Ainsi en isolant ces deux capitales, ces dernières, dont les économies sont complémentaires, ne peuvent être en mesure d’élaborer des projets de développement commun et seront-elles cantonnées au rôle qu’on leur a assigné : fournisseurs de matières premières brutes bon marché.
Mais au-delà du partenariat économique bénéficiant aux deux peuples, la sécurité militaire est cruciale pour les deux pays et tributaire de leur alliance ou à tout le moins de leur neutralité. L’Algérie a besoin d’un voisin stable à son flanc sud, et une simple neutralité de celui-ci lui suffit. Or, dans le contexte actuel, il n’en va pas de même pour le Mali. Et fort heureusement pour nos frères et soeurs maliens, l’Algérie, bien qu’officiellement neutre, est active dans la sécurisation du Mali.
Sans la collaboration et la participation de l’Algérie, il faut reconnaître qu’il serait tout simplement impossible au Mali de recevoir une quelconque aide de quelque allié que ce soit (Russes ou autres). En effet, seule l’Algérie offre une voie d’approvisionnement en matériel militaire aux autorités maliennes.
Car outre les sanctions de la CEDEAO imposées au Mali, tous les autres pays limitrophes abritent des bases militaires occidentales, notamment françaises et donc tout passage, à plus forte raison russe, serait impossible. Quant à l’Algérie, son ciel est totalement verrouillé et a été interdit aux avions militaires français et marocains, car cet État, allié et cheval de Troie des occidentaux, n’est pas totalement étranger aux déstabilisations de la région.
Ainsi par où pense-t-on que ces matériels militaires parviennent-elles au armées maliennes, si ce n’est par l’Algérie. C’est du reste seulement après la fermeture du ciel algérien que les militaires français se sont resignés à se retirer. L’on a souvent tendance à oublier ou à négliger ce coup de semonce de la diplomatie algérienne, car cela ne peut être compris et interprété que comme un acte inamical, voire une déclaration de guerre par la partie française.
D’ailleurs les officiels algériens savent pertinemment que le déstabilisation du Mali est en réalité dirigée contre les intérêts de l’Algérie, l’objectif étant d’atteindre et d’asphyxier ce pays tant exécré par son flanc sud, qui constitue son ventre mou. S’il y a une réalité et une vérité inébranlables dans les relations entre la France et l’Algérie, c’est qu’il ne peut y avoir d’entente ou d’alliance entre ces deux éternels ennemis, car leurs intérêts sont tous simplement opposés.
Un axe économique central
Les autorités des deux pays doivent ériger leur coopération économique au niveau de leurs relations stratégiques sécuritaires, pour faire de leur partenariat le noyau d’une union économique régionale, à l’exemple du couple franco-allemand fans l’édification de la CEE. Les domaines de coopération sont innombrables : énergie (contruction de complexes gaziers, électrification des régions du nord, formation pour l’entretien des centrales électriques qui devront être construites, stations d’essence, etc ), alimentation en eau potable, etc, etc. C’est pourquoi il s’agit de mettre en place) dans les meilleurs délais, un forum économique devant se réunir périodiquement pour élaborer une feuille de route d’un partenariat stratégique visant dans un premier temps les axes prioritaires.
Ainsi, les deux alliés oeuvreront au développement de leur pays ainsi qu’à la prospérité de leurs peuples et par effet d’entraînement ceux de toute la région. Ils seraient la locomotive du renouveau africain et de la puissance économique du continent.