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(Traduit de l’espagnol)
La tension monte en Afrique. L’Algérie a décidé d’emmener avec elle au sommet des BRICS (qui se tient en Afrique du Sud) l’un des principaux ennemis du Maroc : Brahim Ghali, le secrétaire général du Front Polisario. Il convient de rappeler que le Maroc et le Front Polisario sont historiquement en désaccord, puisque tous deux revendiquent la souveraineté sur le Sahara occidental.
Aux Nations Unies, ils considèrent que le Front Polisario est le représentant légitime des Sahraouis et soutiennent que les Sahraouis ont le droit à l’autodétermination. Cependant, le Front Polisario est interdit dans les régions du Sahara occidental sous contrôle marocain et il est illégal de faire flotter son drapeau.
Au milieu de ce contexte tendu, le secrétaire général du Front Polisario a atterri à Johannesburg (Afrique du Sud) à bord d’un avion appartenant au président algérien, Abdelmajid Tebboune.
Brahim Ghali s’est déplacé accompagné d’une délégation qui comprend, entre autres hauts responsables, le chef des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Sidati, selon l’agence de presse officielle Sahara Press Service.
Mauvaises relations entre le Maroc et l’Afrique du Sud
Quelques jours avant cet épisode, le gouvernement du Royaume du Maroc avait nié avoir l’intention d’assister au forum qui réunit également la Russie, l’Inde, la Chine et le Brésil. De même, l’exécutif marocain a reconnu ses mauvaises relations politiques avec l’Afrique du Sud, pays qui n’accepte pas non plus la déclaration de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Concrètement, le ministère marocain des Affaires étrangères a publié un communiqué soulignant que l’Afrique du Sud “a toujours fait preuve d’une hostilité de principe à l’égard du Maroc et a systématiquement adopté une position négative et dogmatique sur la question du Sahara marocain”, outre “multiplier les niveaux national et intérieur”. l’Union africaine, des actes notoirement malveillants contre les meilleurs intérêts du Maroc ».
Le gouvernement marocain, qui craint des intentions cachées sur ce dossier, a nié avoir postulé pour rejoindre les BRICS, tout en défendant ses liens avec les quatre autres membres.
Après ce message critique du Maroc, le pays sud-africain a décidé d’inviter Brahim Ghali à participer aux activités du sommet des BRICS, qui, comme déjà mentionné, a fini par arriver en Afrique du Sud à bord d’un avion appartenant au président algérien.
Le représentant du Front Polisario en Espagne : « Le Maroc occupe illégalement une partie du territoire du Sahara occidental depuis 1975 »
Le Front Polisario a contacté le HuffPost pour lui transmettre une lettre écrite par Abdulah Arabi, représentant du Front Polisario en Espagne. Rappelons que « le Front Polisario est le seul et légitime représentant du peuple sahraoui, reconnu depuis l’ONU jusqu’à la jurisprudence de l’Union européenne, en passant par l’Union africaine, entre autres. Et Brahim Ghali en est le secrétaire général et invité à la sommet des BRICS tenu les 23 et 24 août à Johannesburg”.
Arabi souligne également “la pratique déjà connue du Maroc de considérer comme ennemi toute personne, institution ou entité nationale et internationale qui prône le respect scrupuleux du droit international, du droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple du Sahara occidental”. .
En outre, il souligne que “le Maroc occupe illégalement une partie du territoire du Sahara occidental depuis 1975 et que ses “déclarations de souveraineté” n’ont aucune validité juridique, puisque le Sahara occidental continue d’être un territoire non autonome en attente de décolonisation, dont la puissance administrante ça continue d’être l’Espagne” . Et que “ce à quoi le Maroc consacre ses efforts, c’est de violer systématiquement et en toute impunité les droits de l’homme de la population civile résidant dans les territoires occupés et de piller les ressources naturelles existantes”.
En revanche, le responsable du Polisario en Espagne rappelle que « la RASD est membre fondateur de l’Union africaine, membre à part entière. C’est donc dans cette circonstance que Brahim Ghali est invité à participer, ainsi que d’autres dirigeants venant de tous les continents. Il estime également que “ce n’est pas un fait notable que M. le Président ait voyagé à bord d’un avion algérien, puisqu’il ne s’agit que d’une pratique habituelle de la population sahraouie résidant ou voyageant vers ou depuis les camps situés à proximité de la ville”. de Tindouf, compte tenu de la situation particulière à laquelle le peuple sahraoui est soumis depuis un demi-siècle”.
Dans ce sens, Abdulah Arabi estime que « le Maroc a été (mal)habitué à céder à ses attitudes de chantage et de manipulation. C’est pour cette raison que lorsqu’il se trouve face à la fermeté et à la détermination de pays comme l’Afrique du Sud de Nelson Mandela. ou bien l’Algérie est sortie de sa longue lutte pour l’indépendance ; elle recourt à toutes sortes de politiques myopes, très éloignées des exigences les plus fondamentales du domaine diplomatique”.
Et il anticipe qu’ils continueront à lutter pour cette cause, quelles que soient les mouvements de Rabat : « Quelle que soit la décision du Maroc concernant les BRICS ainsi que par rapport au reste de ses différends, la réalité est que le peuple sahraoui, à travers son unique et légitime représentant, le Front POLISARIO, continuera de plaider par tous les moyens disponibles pour réaliser efficacement son droit légitime à l’autodétermination et à l’indépendance du Sahara Occidental”.