Bit Bait, une entreprise dans l’hygiène : Des recettes de grand-mère

L’entreprise Bit Bait, spécialisée dans les produits insecticides et raticides, s’est inspirée des recettes de grand-mère pour lutter contre les cafards et autres insectes ainsi que contre les rats et les souris. C’est la seule au monde qui a mis sur le marché des produits bios, efficaces et sans danger pour la santé humaine et pour l’environnement.

 
L’entreprise Bit Bait détient à son actif plusieurs brevets innovants dans le domaine de l’hygiène. Certains de ces brevets sont même reconnus au niveau international. Ils consistent en l’utilisation de matières premières naturelles, non biologiques et non chimiques dans les produits insecticides et raticides. «Il s’agit de produits bios qui n’affectent ni la santé humaine ni l’environnement. On utilise le gypse (sulfate hydraté naturel de calcium monoclinique) qui bloque le système digestif chez les sujets, causant une momification instantanée. Ainsi, les rats où les souris ne se décomposent pas et ne dégagent donc pas de mauvaises odeurs», explique la gérante de cette entreprise, RafaatZeinou. Avant d’aller vers l’entreprenariat en 2001, elle a travaillé durant de longues années dans une entreprise de nettoyage. C’est ce qui  a permis à cette diplômée en finances et en comptabilité d’acquérir une grande expérience dans le domaine de l’hygiène. «C’est mon expérience dans ce domaine qui m’a encouragé à entreprendre dans ce secteur. Le déclic, en fait, s’est déclenché quand j’ai constaté que les produits insecticides vaporisant qu’on utilisait impactent la santé humaine et l’environnement. Ça m’a interpellé et m’a fait réfléchir sur d’autres solutions que les produits vaporisant», confie-t-elle. Étant habituée à travailler dans la recherche, elle n’a pas tardé à trouver un substitut au vaporisant, sous forme d’un gel et grâce auquel elle a créé son entreprise. Elle a fait enregistrer, ainsi, son premier brevet en 2001 sur ce gel à base de matière dites secondaires. «L’innovation ne consiste pas seulement dans l’utilisation de gel au lieu de vaporisant mais aussi dans la matière exploitée. Contrairement aux autres produits insecticides où les matières premières sont utilisées, comme la pomme de terre et les œufs, nous, on utilise des matières secondaires comme le chocolat afin de ne pas pénaliser le marché de produits de large consommation», souligne-t-elle. Une fois le brevet validé et enregistré, elle sollicite l’ancien dispositif l’ANSEJ pour bénéficier d’un financement triangulaire.
Un bienfait pour l’agriculture
Ce dernier est composé d’un financement de l’ANSEJ, bancaire et d’un apport personnel. «A l’époque, la création des entreprises était plus difficile. Déjà, pour fournir un apport personnel, j’ai été obligée de m’endetter. Heureusement, on a pu avoir un coup de pouce pour obtenir le financement dont on avait besoin et encore ! C’était juste suffisant pour louer un local et pour l’acquisition du matériel. Comme on n’avait pas une trésorerie conséquente, on avait du mal à prendre en charge les besoins quotidiens de l’entreprise», se rappelle-t-elle. Au bout de six mois, à force de persévérance et d’ambition, l’entreprise est née. Son premier local, se souvient-elle, ne dépassait pas les 20 M2. Cela ne l’a pas empêché de produire. Son équipe, composée de deux personnes, une employée et elle-même, a commencé à produire ce gel insecticide à base d’acide borique (un corps minéral) pour éradiquer les cafards et les fourmis. «C’est un produit chimique mais  pas dangereux pour la santé. Pendant 7 ans, on ne fabriquait que ces gels. En 2007, on a commencé à réfléchir sur d’autres formules et c’est ainsi qu’on a mis au point une innovation nationale et mondiale, à savoir des produits insecticides raticides à base de Gypse. Une matière utilisée par nos aïeux pour se débarrasser des rongeurs», indique-t-elle. Ainsi, toute la gamme de l’entreprise est à 100% naturelle, bio et sans produits chimiques. «Même si nos produits sont consommés par des humains, des enfants notamment, ça ne représente aucun danger pour eux. On a enregistré notre brevet au WIPO à Genève afin de nous faire connaître et nous ouvrir à l’international. Un brevet qui a été reconnu comme étant une innovation algérienne 18 mois plus tard. C’est une certification qui nous permet de mener des opérations à l’export sur le vieux continent», rapporte la gérante qui gère une équipe jeune de 08 personnes, répartis entre la production, l’administration et la recherche. Pour l’instant, l’entreprise cible les sociétés de nettoyages, agroalimentaires, les crèches, les écoles, et même les  fermes agricoles. «Le gypse, au contact de la terre, devient fertilisant quand il se décompose. Ce produit aide l’agriculteur à combattre les rongeurs tout en contribuant à fertiliser la terre. Cela m’a valu le premier prix du meilleur projet dans l’agriculture en Afrique», conclut-elle.
Farida Belkhiri

horizons.dz

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