Dysfonctionnements des services publics : Sécurité nationale et problématiques majeures des pouvoirs publics.

Par Mr Hassen Kacimi

Le retour de l’orthodoxie de la bonne gouvernance.

Sur le plan international, la gestion du service public aux normes internationales ISO, est l’expression d’une bonne gouvernance.
Nous devons absolument préparer le pays à s’installer dans le futur des nations fortes et influentes.
C’est dans ce cadre que nous devons intégrer, dans notre gouvernance, les impératifs de planification et d’aménagement du territoire, pour garantir un développement spatial plus équilibré .
Les dysfonctionnements du service public sont souvent enregistrés dans les collectivités territoriales, les établissements publics, économiques et commerciaux.
Nous les avons enregistrés, récemment, au niveau de services publics sensibles et stratégiques, dans les ports et les aéroports, qui impliquent directement notre sécurité nationale.
Ces ronds de cuir, insolents et méprisants, continuent à produire des nuisances, que les administrés ne supportent plus.
Il faut reconnaître que la bureaucratie est un mal et que les
dysfonctionnements résultent souvent d’une inorganisation du service public, ou son incapacité à se moderniser.
Dans tous les cas de figure, cela implique la responsabilité du premier chef de l’administration sectorielle ou territoriale, qui a fait des choix non concluants.
Il est établi que le président de la république Abdelmadjid Tebboune ne fait pas de concessions sur toutes les formes d’atteinte aux intérêts, au prestige, à l’intégrité et à la sécurité de la population, et à ce sujet, nous l’avons vu, sa réaction est ferme et immédiate.
La force légaliste des autorités publiques se manifeste aussi bien à l’intérieur du pays, que sur le plan régional et international.
Le gouvernement s’est doté d’un plan de modernisation et de numérisation sectoriel, qui doit mettre notre gestion aux normes internationales, mais cela semble être contrarié par des écueils bureaucratiques, qui nous empêchent d’aller plus vite.
Le président de la république est revenu, plusieurs fois, sur ce sujet, en impliquant la responsabilité directe d’une bureaucratie qui nous menace et qui est en mesure de contrecarrer la modernité et la transparence.

L’Algerie un grand pays, confronté à des menaces plus grandes.

Les territoires de l’Algerie sont très convoités par des nations nanties et beaucoup se demandent pourquoi l’Algérie organise des manœuvres d’une guerre réelle ?
Nous ne devons pas oublier dans notre gouvernance, des indicateurs fondamentaux. L’Algerie est un grand pays, dont la superficie du territoire est supérieure à 15 pays de l’Union Européenne, disposant de grandes potentialités minières.
Ce qui rend les défis encore plus importants,plus complexes et plus coûteux.
Les services secrets des nations nanties ont parfaitement décodés les messages de ces manœuvres, à grande échelle, de l’Armée Nationale Populaire.
Les exigences de bonne gouvernance du territoire, sont une norme de sécurité nationale, devant dissuader tout ennemi potentiel et mettre notre pays à l’abri des menaces actuelles et futures.
La bonne gouvernance reste une de nos priorités fondamentales, devant garantir une gestion efficace, au moindre coût, des affaires de la nation.
La modernisation doit s’inscrire dans le temps, de manière durable, dans le respect de notre doctrine et de notre identité.

Préservation de la souveraineté nationale.

Préserver la souveraineté nationale n’est pas chose facile, puisque cela ne peut être garanti si l’Etat ne contrôle pas totalement les attributs de la souveraineté nationale.
Les éléments fondamentaux de la souveraineté nationale se résument, principalement, à des indicateurs qui sont en relation avec la force économique de l’Etat et par sa capacité militaire à défendre son intégrité territoriale.
La modernisation est un atout fondamental de la bonne gouvernance.
Ces indicateurs de référence suscités doivent être conjugués à d’autres paramètres, notamment la capacité de l’industrie a permettre à un pays de maîtriser les processus technologiques modernes et d’être en mesure de produire tous les équipements nécessaires au bon fonctionnement d’un pays, sans l’exposer à des ruptures de stock, résultant d’un péril grave, ou d’une guerre d’usure, à forte intensité.

Notre sécurité nationale est collective et globale, et elle est incontestablement intersectorielle.

Ce sont les indicateurs de gouvernance moderne qui sont les seules normes en mesure de permettre à l’Etat de réduire les marges des dysfonctionnements et sa fragilisation.
C’est la bonne gouvernance qui doit faire barrage à l’arrivée des incompétents, au sommet des institutions publiques, des établissements publics,des entreprises nationales, et autres services sensibles et stratégiques.
Ce sont les critères de bonne gouvernance qui peuvent nous mettre à l’abri de ces aléas et infortunes qui pénalisent collectivement les administrés.
Nous avons pu relever ces insuffisances dans plusieurs secteurs.
Dans une conjoncture hautement instable, minée par des volontés de nuisances et de sabotage, la mobilisation et la vieille doivent être en alerte optimale, pour protéger notre sécurité nationale, contre tout imprévu environnant, émanant de parties hostiles à notre pays.
Le dossier de la sécurisation des établissements publics, a vocation nationale et stratégiques, doit faire l’objet d’une attention particulière, en mettant en place des audits annuels, pour évaluer nos systèmes de sécurité.
Les dysfonctionnements relevés, dernièrement, au niveau des aéroports de constantine et d’Alger, sont préoccupants, pose la problématique urgente de la sécurisation des infrastructures sensibles et stratégiques.
Dans ce cadre, la commission nationale de facilitation aérienne et aéroportuaires, placée sous l’autorité du ministre chargé des transports , doit être redynamisée, en sortant sur le terrain, avec le concours des commissions de wilaya, pour inspecter les dispositifs des infrastructures portuaires et aéroportuaires.
La Syrie et l’Iraq ont été dernièrement bombardées par l’entité sioniste qui menace aussi le Liban et l’Iran.
La même entité subversive est coupable de l’élimination physique de plusieurs hautes personnalités scientifiques et politiques, de ces pays.
Avec l’installation de l’entité sioniste au Maroc, toutes les hypothèses subversives sont ouvertes et rien ne doit être écarté.

La communication, un instrument de protection de la nation et de mobilisation des masses.

Dans un environnement international complexe où les populations sont inondées d’informations souvent fausses, nous devons apprendre à communiquer, avec responsabilité, pondération, de manière quotidienne et continue.
En l’absence d’une communication active et interactive, les préjudices sont importants, et il est difficile de rattraper les préjudices causés à l’opinion publique.
Le fait du prince n’est pas sœur de la transparence et nous devons éviter d’alimenter la rumeur, en ne motivant pas nos décisions.
Quand une décision n’est pas motivée, le citoyen doit chercher ailleurs, pour satisfaire sa curiosité.
C’est sur les réseaux sociaux que se développent les requins, les sous traitants et les services spéciaux étrangers, de la désinformation et de la subversion.
La nature a horreur du vide, et notre présence, en matière de communication, sur les réseaux sociaux, doit éviter que la rumeur fasse autorité et s’amplifie, pour prendre les commandes de l’opinion publique.
L’absence de communication est contre-productive, et cela constitue le meilleur moyen renforçant le rôle de ces charlatans notoires, installés à l’étranger, qui excellent dans la promotion de la rumeur et de la désinformation, dont certains tentent même de s’ériger en porte parole des pouvoirs publics.
Ces constats ont été faits par la plus haute autorité du pays, et là le président de la république est passé à la phase de la tolérance zéro, en sanctionnant sévèrement les résidus d’une gouvernance passée, qui produit encore de fortes nuisances.

En l’absence d’une communication institutionnelle forte, la rumeur prend le contrôle des réseaux sociaux.

Dans le créneau de la modernisation sectorielle, nous devons absolument améliorer notre communication, pour pouvoir faire des estimations et des évaluations, en associant notamment tous les partenaires non étatiques.
Ce principe est valable dans tous les secteurs. Les ministres sont interpellés pour communiquer plus et exposer, de manière transparente et  régulière, la mise en œuvre du programme d’actions du gouvernement, à l’instar du président de la république, lors de ses rencontres cyclique avec la presse nationale.
Une telle posture offensive doit ouvrir le champ des débats qui est le meilleur moyen pour combattre la rumeur, en exposant, dans un cadre organisé, les préoccupations des citoyens et des experts, pour corriger, à temps, les dysfonctionnements devant nous permettre de rattraper les retards dûment relevés.
La communication institutionnelle est aussi concernée par une telle mue qui est loin des objectifs du président de la république, en matière d’excellence et de performance.
Toutes ces insuffisances doivent être rapidement corrigées si on veut renforcer notre résilience et la crédibilité des institutions, pour faciliter la prise en charge nos défis stratégique.

Le danger des réseaux informels des oligarques.

Dans ce magma de gouvernance opaque, se tisse des intérêts occultes qui menacent le programme d’actions du président de la république, qui est parfois surpris par des dossiers qui traînent et où qui remontent au sommet de la hiérarchie, attestant de l’échec patent de gouvernances sectorielles, médiocres.
Nous devons absolument être vigilants et mettre à l’abri les processus de nomination des cadres, des interférences claniques, qui ont pour objectif « la privatisation des institutions de l’Etat ».
Le règne des barons intouchables,n’ayant de comptes à rendre qu’à leur promoteur et leur protecteur, ayant imposé leurs méfaits aux administrés, pendant des décennies, est révolu.

Le choix des compétences, pour une gouvernance d’excellence.

Nous devons absolument adapter le choix des compétences au fonctionnement du service public, et là nous devons relever la survivance d’un état d’esprit, cherchant à désigner des profanes, ne disposant d’aucune expertise, à des postes techniques sensibles et importants.
Ces dysfonctionnements répétitifs, nous indiquent que les normes modernes de gestion, en matière de l’évaluation permanente de la qualité du service public et de leur sécurisation, ne sont pas encore totalement rétablis, dénotant une résistance au changement et à la modernisation.

Un secteur de la numérisation à. redynamiser .

Le secteur de la modernisation et de la numérisation, censé communiquer le plus, n’arrive pas aussi à se moderniser rapidement, et  mettre en place des passerelles permanentes avec les citoyens, en vue de les informer de ce qui va changer et améliorer leur  quotidien, pour éviter que celui ci aille chercher l’information auprès de sources occultes et subversives.
C’est le management de la communication qui doit nous éviter d’être pris au dépourvu et de nous transformer en partenaire affaibli, taillable et corvéable à merci.

Constitution d’un front intérieur fort, pour faire face aux défis régionaux et internationaux.

Dans les moments difficiles que là nations traverse, nous devons continuer a affirmer notre existence et notre développement, en construisant un front intérieur puissant.
Le front intérieur doit être représenté par l’élite politique, intellectuelle et scientifique, dont la mission est de communiquer, à temps, avec la population, pour la mobiliser et l’encadrer.
Le front intérieur doit s’organiser en forum de débats et de communication, sur des thématiques d’actualité, devant sensibiliser la population et éclairer les décideurs sur les défis futurs, notamment les voies et moyens pour les prendre en charge.
Cela est le meilleur moyen pour mobiliser la population et l’impliquer sur les questions de sécurité publique et collective.
Le chef d’Etat Major de l’Armée Nationale Populaire est engagé, depuis deux ans, dans un marathon d’inspection et d’évaluation des capacités militaires opérationnelles, transmettant, à chaque fois, le message récurent, portant sur la nécessité de construire un État fort et résiliant.
En décodant de tels messages, ceux ci invitent les pouvoirs publics à réduire nos fragilités et à renforcer notre sécurité collective, et notre autonomie, dans la satisfaction de nos besoins stratégiques.

Dans la gestion des affaires de la nation, la prise de la décision ne doit pas être reportée à plus tard.

Si l’erreur est humaine, cela ne doit pas se transformer en facteur inhibiteur de la prise de décision, qui ne doit pas être reportées, à chaque fois, à plus tard .
Dans tous les cas de figure, la décision doit être prise à temps, en privilégiant les voies de la concertation, en associant les experts et les techniciens, les plus chevronnés, pour éviter les mauvaises évaluations, qui induisent de mauvaises décisions et de mauvaises politiques publiques, qui impactent négativement la sécurité de la population.

Modernisation de la gestion de la sécurité et de l’ordre publics, à l’échelon territorial.

L’Algerie est un grand pays et nous devons impérativement sécuriser nos territoires.
La modernisation de la gestion de l’ordre et de la sécurité publics passe par la réforme des dispositifs de gestion actuels, pour les adapter aux évolutions que nous subissons de plein fouet.
Le renforcement de la coordination et de la concertation relatives à la gestion de l’ordre et de la sécurité publics, sous le format d’un dispositif organisationnel numérisé, semble être la meilleure option pour prendre en charge les évolutions enregistrées et le facteur temps , dans la gestion des imprévus et des urgences.

Numérisation et modernisation, un secteur à placer sous l’autorité du président de la république.

La bonne gouvernance est soutenue par la numérisation et la modernisation. Un secteur stratégique et sensible, compte tenu des défis actuels et futurs, auxquels notre pays est appelé à faire face, et à ce titre, il est recommandé, pour lui donner plus de poids, de le placer sous l’autorité directe du président de la république.
Le secteur de la numérisation doit s’impliquer, encore plus, dans les dysfonctionnements relevés dans dans nos services publics, pour lancer des audits et des évaluations, devant nous permettre de corriger rapidement les insuffisances relevées.
Nous devons absolument identifier ces dysfonctionnements qui ont été à l’origine de graves dérapages,
dans le fonctionnement des services publics .
La chasse aux dysfonctionnements est un leitmotiv du président de la république, qui a instruit ses ministres, pour sortir sur le terrain, en vue d’écouter les doléances des citoyens, et s’enquérir in situ des conditions de gestion du service public.

 

Biographie M. Hassen Kacimi :

  • Chargé de mission wilaya Tamanrasset, 1980 – 1984 .
  • 1984 – 1998 – directeur administration territoriale
  • Sous directeur de la circulation des personnes, ministere de l’intérieur , 1998- 2008.
  • Directeur ministère de l’intérieur, 2008 – premier trimestre 2020.
  • Président du comité interministériel , chargé de l’étude et du suivi des problématiques migratoires ( 2015 – premier trimestre 2020)
  • Gestion des crises au sein du centre opérationnel ( 2015 – premier trimestre 2020)
  • Représentation de l’Algérie , à l’étranger , en tant qu’expert.
  • Expert international des flux migratoires, reconnu par des organisations onusiennes. Expert du Sahel et de la gestion des crises .
  • Plusieurs communications, à l’université de sciences politiques et l’école des sciences politiques, ainsi qu’à  l’école de guerre de Tamentfoust et l’institut des études stratégiques globales ( INESG )
  • Distinction de l’institut fédéral allemand des hautes études de sécurité .

 

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