Il y a deux ans disparaissait Idir, icône de la chanson algérienne

ALGER – Il y a deux ans disparaissait l’icône de la chanson kabyle en Algérie Hamid Cheriet dit « Idir » après un long voyage artistique s’étendant sur un demi siècle d’apport, de créativité et de service pour le patrimoine musical algérien qui, par sa richesse et sa diversité, l’a propulsé au devant de la scène internationale.

A la faveur de ses productions artistiques, le défunt artiste Idir a contribué à la préservation du patrimoine culturel algérien à travers une série de chansons dont l’essence est inspiré de la profondeur du patrimoine amazigh et des mythes, notamment la chanson « Avava Inouva », un chef-d’œuvre ayant permis au chanteur d’atteindre l’universalité qui lui a ouvert de nouveaux horizons sur la scène artistique mondiale.

Né en 1949 dans le village d’Ait Lahcene dans la wilaya de Tizi Ouzou, Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet a témoigné de l’intérêt dès son jeune âge à l’art et à la chanson en s’initiant notamment à la guitare.

Après des études universitaires en géologie, le défunt artiste, qui nourrissait une grande passion pour la musique, a commencé son périple artistique en 1973 et a atteint l’universalité en 1976 avec la chanson « Avava Inouva » diffusée dans 77 pays et traduite dans une vingtaine de langues.

Comptant près de 10 albums à son actif, Idir a également contribué à la préservation du patrimoine oral amazigh de la femme en lui rendant hommage dans plusieurs de ses chansons. Et même s’il était discret, « l’artiste aimait partager avec d’autres chanteurs son espace d’expression « Zweet Rewit » avec Khaled, en lui donnant le titre « El Harba Wine » chanté par le roi du Rai, et « Azouwaw », une de ses meilleures chansons qu’il a chantée avec Cheb Mami et « Lafhama » ou « Thaghri Bougadhud » (Appel du peuple).

Avec une carrière de près de 50 ans, le défunt Idir a réussi son pari sur la scène artistique au service du patrimoine culturel algérien, tout en donnant une renaissance à sa langue maternelle dans sa dernière chanson « Ici et Ailleurs », interprétée en 2017 avec de grands noms de la chanson française tels Charles Aznavour, Francis Cabrel et Bernard Lavilliers.

L’interprète de la chanson éternelle, « A Vava Inouva », avait retrouvé son public en 2018, en animant deux concerts à la Coupole du complexe olympique, Mohamed Boudiaf, à l’occasion de Yennayer, le nouvel an amazigh avec plus de 5000 spectateurs, après une absence de près de 40 ans, de la scène artistique algérienne.

L’artiste Idir est décédé le 2 mai 2020 à Paris, à l’âge de 70 ans.

APS

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